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globoLa crise qui frappe actuellement le monde entier n'est pas qu'économique, la crise est globale. Elle est présente à tous les niveaux de l'être et de la société. Les crises émaillent la vie de l'homme spirituel, ponctuant ses évolutions intérieures, signalant un passage de cap. Les textes des grandes religions regorgent de ces nuits obscures vécues par les grands mystiques. Spirituellement, l'individu évolue en se débarrassant progressivement de ses idées préconçues, de ses préjugés, de ses peaux mortes spirituelles, des liens qui l'entravent. Peu à peu, il apprend à penser par lui-même, à habiter une foi vécue et non à répéter un dogme appris. Les grands penseurs, les grands poètes, les grands artistes ont dû se purifier avant de se laisser porter par le courant de la Vie et d'être réceptif à la Parole qui vit en eux. Cet apurement ne se fait jamais sans heurts intérieurs, l'acclimatation progressive à la Lumière d'en-haut, la nouvelle naissance demande une mort à nous-même.

Il en va de même pour la société, il faut qu'elle évolue en abandonnant les réflexes conditionnés et les crispations entropiques. Il faut qu'elle apprenne à vivre non pas uniquement de pain mais de l'écoute et de la parole du Dieu d'amour. Or que voyons-nous en ce moment ? Une fracture sociétale sans précédent, un monde en pleine révolution intérieure qui peine à se débarrasser des vieilles manières de penser mais qui a tout autant de mal à fonder de nouvelles bases. La crise spirituelle est sans précédent parce que mondialisée, présente d'une manière généralisée à des degrés divers sur tous les continents. De la façon dont l'humanité parviendra à gérer cette crise dépendra l'orientation que prendra le monde dans le siècle à venir.

 

D'un côté un matérialisme laïque et militant, un athéisme sauvage surtout présent en Occident. Reniant son histoire et son passé chrétien, cet athéisme idéologique fait pression pour la sécularisation totale de la société, pour la neutralisation de toute forme de pensée transcendante. Un temps porté par le scientisme, puis par le communisme, l'athéisme militant s'est depuis fondu dans le néo-capitalisme ambiant transformant les hommes en machine à produire et à consommer, érigeant la superficialité et la vulgarité en mode de vie. Avec pour seul horizon la finitude de son existence, l'Homme n'a plus que la consommation pour se distraire de ses angoisses existentielles, de son travail harassant ou d'un manque de travail endémique. Une vie dénuée de sens que l'on comble par les émissions de télé réalité, de variété, par la consommation de drogues et d'alcool, par des addictions diverses. Un monde régi par un athéisme triomphant serait un monde habité par des gens hallucinés, errant sans but autre que la course au profit, un monde cynique où les laissés-pour-compte seraient légion. Un monde où chacun se ferait exploiter par ceux placés en haut de la chaine, un monde vulgaire, consumériste et prédateur se nourrissant de l'abrutissement des masses, où la recherche du rentable serait la règle, sans plus d'élévation de l'âme, sans plus de quête de la beauté, sans plus de hautes valeurs éthiques. La société matérialiste néo-capitaliste plonge le monde et l'individu dans les brumes du non-sens et de l'angoisse.

 

En face de ce matérialisme débridé se dresse le conservatisme religieux. Présent dans toutes les Églises, minant toutes les religions, cet esprit réactionnaire est un véritable poison pour l'esprit. Se réfugiant souvent derrière une « tradition » censée être vénérable et immuable, s'appuyant toujours sur un argument d'autorité, le traditionalisme est l'esprit pharisien de notre époque. Quiconque transforme Dieu en tyran sanguinaire, en dictateur prompt à juger, en fonctionnaire kafkaïen chargé du respect d'une « Loi », transforme l'élan vital en règles coutumières et en superstitions. Un monde régi par le fondamentalisme religieux serait un monde habité par des gens brimés, cassés, enchainés. Un monde où la peur de soi, peur des autres, peur de Dieu serait savamment entretenu car de la peur nait la soumission. Un monde où les femmes seraient enfermées chez elle, cachées par les tissus et les murs, rabaissées au rang d'objet sexuel et conditionnées dans leur rôle de mères reproductrices. Un monde atroce où les individus seraient tenus à l'obéissance à un Dieu imaginaire et dictatorial et à sa caste de représentants sur Terre. Un monde obscurantiste où l'imaginaireserait anathématisé, où la recherche de connaissance serait illicite, où la libre expression serait condamnée, où le progrès serait damné, où la liberté serait vue comme pêché. En s'enfermant dans un formalisme clos, le schéma de pensée fondamentaliste ne peut que s'appuyer sur la discrimination, la culpabilité et la destruction des âmes. Certains pays arabes sont proches de sombrer complètement dans ce triste schéma. Mais l'esprit conservadali christteur menace également en Russie avec l’Église Orthodoxe et le machisme éhonté de ses dirigeants, en Amérique au sein de certains courants protestants, en France au sein de certains mouvements catholiques prêt à faire la révolution afin de mieux discriminer la minorité homosexuelle. L'hystérie fait indéniablement partie des névroses pullulant chez ceux qui se sont coupés de la Source d'Amour pour ne vivre que dans l'illusion de satisfaire les caprices autocratique d'un Dieu vengeur et légaliste. La société fondamentaliste religieuse plonge le monde et l'individu dans les brumes de la haine de soi et des autres. (à suivre...)

 

PHOTO : Cruxifixion de Salvatore Dali

Tag(s) : #Lifestyle - Société & Ecologie

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