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Issu d'une prospère famille marchande russe, Séraphim de
Sarov entend très vite l'appel de l'Eternel et entre au monastère vers l'âge de vingt ans. Bientôt l'Amour du Christ l'attire encore un peu plus et il se décide à se retirer comme ermite au fond
de la forêt. Là, coupé de toute civilisation, il se lie d'amitié avec un ours et vit en parfaite intelligence avec les bêtes sauvages qui peuplent la région. Ce Saint François oriental passera
trois ans de sa vie, assis sur un rocher en invoquant sans cesse en son cœur le Nom sacré du Christ. Cette vie ascétique lui permettra d'ouvrir complétement son cœur au Saint Esprit et de
recevoir l'illumination. Vers la fin de sa vie, le peuple viendra voir ce saint afin de recevoir ses précieux conseils. Séraphim ayant en effet reçu le don de discernement, il pouvait guider les
âmes dans leur vie quotidienne. Nicolas Motovilov viendra le voir et consignera son entretien dans ce petit ouvrage. Comme il presse l'ermite de lui expliquer ce qu'est l'Esprit Saint, Séraphim
décille le regard de Motovilov afin que celui-ci puisse Le contempler dans toute sa splendeur. La description que Motovilov fait de cette expérience illuminatrice mérite à elle seule la lecture
de ce petit ouvrage par ailleurs riche des réflexions profondes de ce grand saint.
Seraphim de Sarov, L'Entretien avec
Motovilov, Arfuyen,
2002
Pour vous procurer l'ouvrage, c'est ICI
Avec plaisir Phène ! ;-)
Rien ne peut faire mieux saisir la substance même de l'orthodoxie, qui est par excellence "pneumatique", c'est-à-dire centrée sur l'Esprit-Saint, le "Pneuma", alors que le catholicisme romain est presque exclusivement centré sur le "Logos".
C'est dans cet entretien que se trouve cette déclaration fameuse de saint Séraphin de Sarov : "Le bus de la vie chrétienne est l'acquisition du Saint-Esprit".
La relation par Motovilov de cet entretien a eu une destinée perovidentielle. Elle est restée ignorée du vivant de son auteur, elle a même été totalement oubliée. Elle n'a été miraculeusement retrouvée que longtemps après sa mort, laquelle est survenue bien après celle de saint Séraphin.
Pourquoi ? Parce qu'il fallait qu'il en fût ainsi. En 1822, elle n'aurait produit aucun effet. A la fin du XIXe siècle, alors que s'annonçaient les prodromes de l'écroulement du vieux monde, avec la Grande Guerre, le révolution soviétique et tout ce qui s'en est suivi durant ce terrifiant XXe siècle, ce message-là était celui que les hommes du torrent avaient besoin d'entendre. Car la religion morale et normatrice avait fait son temps. Seule devait subsister, face aux horreurs déferlantes de la haine, la religion d'amour, et l'amour vrai, qui est l'amour divin, c'est le Saint-Esprit qui le communique.
Merci pour ce commentaire. "l'orthodoxie, qui est par excellence "pneumatique", c'est-à-dire centrée sur l'Esprit-Saint, le "Pneuma", alors que le catholicisme romain est presque exclusivement centré sur le "Logos"." Voilà une réflexion vraie qui explique beaucoup de choses !
Il y a des livres dont le sort relève effectivement de la Providence et celui là en fait certes partie. Comme vous, je pense que la religion morale et normatrice a fait son temps quelque soit parfois les tentatives désespérées de quelques fondamentalistes pour la réanimer. En fait, nous passons tout doucement (enfin !) d'une conception de la religion (et de l'Eglise) juridique à une conception d'amour inspirée par l'esprit. Nous passons de la loi à l'amour ce qui aurait dû être le christianisme dès le départ... En fait, contrairement aux apparences le monde n'a jamais été chrétien, il s'apprête maintenant, tout doucement, à le devenir...
Le père Alexandre Men a aussi une réflexion analogue.
Oui, il nous faut aider le monde à devenir chrétien. Et il y en a un à qui cela ne plaît pas tout...
Tout à fait d'accord. Ce qui me rend optimiste, c'est que même traversé par une vague d'athéisme sans précédent, notre société marche tant bien que mal, guidé par l'Esprit, vers sa véritable christianisation, c'est à dire vers la Liberté, l'Amour et la Vérité. Finalement, cette période athée qui finira par passer d'elle même, était sans doute l'agent "anticoagulant" nécéssaire pour se libérer des liens étouffant de la loi, du moralisme rigide, et de la vision fausse du dieu épouvantail !