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evdokimov_m.jpgNotes prises par Jacques Lefur, non revues par le P. Evdokimov et publiées sur le site Garrigues et Sentiers :

 

Trois remarques en introduction :

 

- venir dans votre ville me rappelle des souvenirs : j’ai fait mes études de Première-Terminale au Lycée Mignet en 46-48. Je suis heureux de me retrouver ici !

 

- quand on parle d’œcuménisme, il ne faut pas oublier que les schismes commencent à l’intérieur de chacun de nous.

 

- on peut rappeler ces trois distinctions, qui viennent de Serge Boulgakov :

            - catholiques : sens de l’organisation, sens juridique, hérité de l’Empire Romain

            - protestants : conscience morale

            - orthodoxes : contemplation de la beauté spirituelle du monde.

 

Les Latins voient sur la Croix une victime (spécialement en Espagne)

Les Grecs voient sur la Croix le Christ vainqueur, signe de rédemption. Ils parlent de déification.

 

La situation actuelle. Que pouvons-nous faire ?

 

La division entre les chrétiens est un mal absolu, mais le Christ est venu pour lutter contre le mal absolu.

Pour les orthodoxes, au début du Carême, il y a le jour de la lamentation d’Adam : Adam entend une voix qui vient du Paradis et qui l’appelle. Le P. Beaupère, spécialiste de l’œcuménisme, aimait citer Philémon 3 : Nous avons cheminé ensemble, alors « oubliant le chemin parcouru, je vais droit de l’avant ». Trouver Dieu, c’est le chercher sans cesse, disait Grégoire de Nysse. Et Ste Thérèse de Lisieux : « si tu fais un pas vers Dieu, Dieu est tellement content qu’il fait dix pas vers toi ».

Dans notre monde, nous avons plus que jamais besoin des Eglises, besoin de plus d’ascèse, et l’œcuménisme a là aussi un rôle à jouer. Que de fragilités dans notre monde : un nombre impressionnant de malades mentaux, de personnes fragiles, un divorce sur deux mariages. Mais ce n’est pas l’enfer : l’activité des Associations caritatives est un signe d’un monde déjà unifié. Le P. Alexandre Men (mort en 1990) disait : « des églises qui sont vides, mais des cœurs qui sont pleins ».

Je relève deux grands accords œcuméniques récents :

1) La levée des anathèmes de 1054 à Vatican II. Le Cardinal Humbert avait fait preuve d’une incompréhension totale. Cet événement pendant le Concile a provoqué un grand moment d’euphorie. Mon père Paul Evdokimov et mon parrain Nicolas Afanassiev étaient tous deux observateurs au Concile. Ce dernier, grand théologien, s’est alors écrié : « Mais qu’est-ce qui nous sépare encore ? »

2) L’accord important entre catholiques et luthériens sur la justification par la foi.

 

Oui, « depuis les temps les plus reculés, le désir de Dieu est inscrit dans le cœur des hommes ». Alexandre Schmemann disait : « L’expérience de sainteté est au centre de toutes les religions ». Rudolf Otto parlait de ce mysterium tremendum. Pensez aussi à l’expérience de Christian de Chergé, d’abord officier. Mon père, dans les années 20 ou 30, choquait dans les salons parisiens, car il parlait de Dieu ! « Le mal qui règne dans le monde est la plus grande preuve de l’existence de Dieu », disait-il. Et Antoine Bloom, spirituel orthodoxe puis Évêque : « Nous devons apporter au monde notre expérience de Dieu ». Car l’homme est un être religieux, créé à l’image et à la ressemblance de Dieu. Et pour cela, il faut se soucier de son frère (cf. Matthieu 25).

 

Le mystère de la Trinité

 

Le mystère de la Trinité est le modèle suprême, parfait, de l’unité : l’unité absolue, avec la diversité absolue. Le Père est la source de l’unité trinitaire, ce qui ne rompt nullement l’égalité parfaite, et exclut toute subordination.

Pendant 1000 ans, les Églises ont vécu dans l’égalité absolue. Mais une Eglise préside dans l’amour, afin de garantir l’unité de toutes. Il faut dépasser toute forme de provincialisme, de nationalisme (tentation orthodoxe). Il faut une Ecclesia semper reformanda (cf. le protestantisme). Bien des différences et des divergences n’empêchent pas la communion.

C’est la rupture d’amour qui a entraîné des ruptures dogmatiques. En 1934, 24 000 personnes, des  moines, des hommes des femmes, ont été tués à Brukovo, sur ordre de Staline. Sainte Marie Scotzoff a créé un foyer à Paris, elle y hébergeait des Juifs en 28-39, elle fut exécutée avec Édith Stein en 1942.

Quand l’Église souffre, elle est aux pieds de la Croix, elle est vivante : « Heureux serez-vous, si l’on vous outrage, si l’on vous persécute ! ».

Il nous faut attendre patiemment que l’Église de Rome redevienne l’Église qui préside dans l’amour.

 

 

Tag(s) : #Union des chrétiens

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