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NewStGeorgeIcon« François est-il le Pape des Cathos de gauche ? » titrait la Vie en ce début de week-end dans sa rubrique « débats ». Très bon article mais très mauvais titre. La politique divise le monde en grosso modo deux camps : la gauche et la droite

D'une part les gens de droite qu'on qualifie souvent rapidement d' « extrême-droite » pour reprendre le bon mot de Staline « Commencez par traiter votre adversaire de fasciste, le temps qu'il passera à se défendre, il ne le passera pas à argumenter ». Par exemple, dans un dîner familial ou amical, émettez une opinion un tant soit peu virile, un tant soit peu ferme ou à rebours d'une certaine pensée lisse et confortable, pacifiste et conciliante, vous êtes immédiatement taxé de « droite ». L'adjectif « extrême » sera vite accolé comme une maladie honteuse, attrapée malgré soi. Pourtant souvent, l'on a juste énoncé une idée somme toute triviale et qui semblait couler de source pour nos prédécesseurs en humanité, par exemple que la police maintient la sécurité, que la loi doit être respectée, que les citoyens ont des devoirs, qu'il n'y a pas d’accommodements possibles avec les valeurs et la loi démocratique, que le patriotisme est une valeur positive, que l'armée est un noble et beau métier, que le bien et le mal ne sont pas des concepts relatifs mais des notions objectivables, que l'Eglise est mystiquement et socialement importante, etc... Si vous avez le malheur d'émettre l'une de ces idées, vous voilà classé, étiqueté, cloisonné.

A l'inverse, prenez la défense des travailleurs assumant des conditions parfois précaires pour un salaire de misère, revendiquez l'égalité absolue des femmes et des hommes et la citoyenneté pleine de toutes personnes possédant une carte d'identité du lieu où elles résident quelque soit leur origine ethnique, clamez que des adultes consentants ont le droit de s'aimer sans qu'on les mette au pilori, que les consortiums et la Grande Corporation préparent l'enfer de demain, que les Droits de l'Homme sont universels et une réelle avancée, que les pays du tiers-monde étouffent sous une dette que les citoyens lambda ne comprennent même pas, et vous voilà taxé de bobos, socialos, gauchos voire de « philo Che Guevarriste »...

 

Dans le même ordre d'idée, dans le monde religieux, les médias ont vite fait de placer l'une ou l'autre étiquette sur tel personnage ou telle idée : celui-là est de droite, celle-ci est de gauche et voilà la personne marquée au fer rouge comme un bœuf. Pire encore, on utilise le même procédé pour labelliser les orientations spirituelles de chacun et les diviser en « tradis », «progressistes », « modernistes », « réactionnaires »... On a tôt fait d'assimiler la Tradition (spirituelle, mystique, ontologique, symbolique, patristique,...) aux traditions (habitudes, conformismes, cléricalisme, moralisme,...). Ensuite on oppose cette tradition amalgamée à un progressisme moderniste qui ne veut pas dire grand chose mais qui sonne sympathique.

 

Le pire, c'est que chacun se trouvera à un moment de sa vie en phase avec l'un ou l'autre camp et se rapprochant de ses concitoyens en labels, il se retrouvera rapidement prisonnier du mode de pensée attribué au camp auquel il est censé appartenir. Inconsciemment, il s'y conformera ce qui court-circuitera sa réflexion sans même qu'il s'en rende compte.

 

Je suis, personnellement, fatigué de ces cloisonnements faciles qui n'existent que pour diviser ou faciliter la tâche de ceux qui veulent s'éviter toute réflexion.

 

En tant que chrétien, l’Évangile est notre seul guide et l’Évangile n'est ni à droite, ni à gauche, ni « tradi », ni « moderniste », il est.

Car l’Évangile est force et charité, empathie et éveil de l'âme, sacrifice et Résurrection. L’Évangile est ouverture sur l’Éternité... Combien les clivages politico-politiciennes sont pathétiques à côté, combien nos points de vue humains sont limités.

 

Je crois que le Pape François est comme son prédécesseur, un homme de l’Évangile. Différemment, avec une autre sensibilité que Benoît XVI mais certainement un homme d’Évangile. Sa manière d'être peut convenir à certains et moins à d'autres, c'est le choix de chacun selon sa sensibilité propre.

Mais s'il est vrai qu'il existe, au sein du peuple chrétien, une petite minorité de gens très renfermés sur eux-mêmes et sur un pharisaïsme strict, prompt à juger et à exclure leur prochain, cela reste l'infime minorité. Donc de grâce, qu'on cesse de raphcréer des équipes, des clivages, des cloisons au sein du corps du Christ : gauche vs droite/ traditionalistes vs modernistes/ progressistes vs réactionnaires...

Tous les chrétiens partagent la même foi dans le Dieu fait Homme et dans le triomphe de la Vie sur la mort, cela seul devrait suffire à nous unir malgré les affinités personnelles propre à chacun.

En tant que chrétiens, rappelons-nous que le christianisme n'est ni « tradi », ni « moderne », il est Tradition Vivante, enraciné à l'aube du Temps et résolument plus moderne que la modernité. 

Tag(s) : #Chronique du Lundi

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