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NewStGeorgeIconCette semaine, le site « Parlons d'Orthodoxie » (ICI) s'est fait l'écho de la réunion du Club Valdaï. Très curieusement d'ailleurs, la presse occidentale n'en a quasi pas parlé.  Mais de quoi s'agit-il ? Le Forum de Valdaï ou Valdai International Discussion Club existe depuis 2004 et se réunissait cette année pour la dixième fois du 16 au 19 septembre. Il fut créé à l'instigation de l'Agence de Presse « RIA Novosti » et du ministère des affaires étrangères russe. Il a pour but de réfléchir sur la place et le devenir de la Russie dans le monde et accueille chaque année des personnalités du monde entier.

 

Cette année, les réflexions du forum ont été des plus intéressantes. On saluera les discours de Vladimir Poutine qui fait preuve d'une acuité d'analyse et d'un discernement remarquable sur son pays et sur le monde. Voici quelques morceaux choisis :

 

Pour le président Russe, la crise est globale, non seulement économique mais aussi spirituelle et morale. On ne peut lui donner tort même s'il est dommage que la Russie se sente toujours obligée de mener une attaque en règle contre l'Occident. Sans doute reliquat de la Guerre Froide et des rivalités actuelles sur plusieurs dossiers, je suis personnellement toujours attristé de ce type de comportement. L'histoire russe et européenne est lié, ne fut-ce par le peuplement scandinave (varègue) originaire de la Russie et par les racines chrétiennes communes (même si celles-ci sont rejetées par l'Europe). Non, je suis depuis toujours convaincu qu'il faut un grand axe de collaboration géostratégique, économique et culturelle : USA – Europe – Russie. Mais laissons la place au président Poutine :

 

L'Occident rejette ses racines, y compris les valeurs chrétiennes qui sont à la base de la civilisation occidentale. Cela revient à nier toutes bases morales et toute identité traditionnelle: nationale, culturelle, religieuse ou même sexuelle. On fait une politique qui met sur le même plan les familles nombreuses et les familles homoparentales, la foi en Dieu et la foi en Satan... Les excès du politiquement-correcte en arrivent à ce que l'on puisse parler d'enregistrement des partis qui ont pour but de promouvoir la pédophile (je ne vois pas à quoi il fait allusion ?). Dans plusieurs Etats européens les gens ont honte et craignent de parler de leur appartenance religieuse; on y supprime les fêtes religieuse ou on les renomme pour cacher honteusement le sens de cette fête, et c'est ce modèle qu'on veut agressivement imposer au monde entier.


 

Et le site « Parlons d'Orthodoxie » de souligner que Vladimir Poutine précise également que trois types d'idéologie ne lui convenaient pas :
celle de l'époque soviétique abandonnée à jamais par la société ;
celle de la monarchie et du conservatisme fondamental de ceux qui idéalisent la Russie prérévolutionnaire ;
et celle de l'ultralibéralisme occidental.

 

Je suis bien aise de l'apprendre. S'il y a bien trois idéologies détestables et ne menant nulle part, c'est bien celles là. Mais alors quoi ? Quel modèle proposer aux générations futures tant en Russie qu'ailleurs ? Poutine ne le dit pas.

 

Enfin, le site « La Voix de la Russie » préfère insister sur le discours du président Russe fustigeant l’extrémisme religieux et l'ethnicisme Russe, ce qui ne peut que me rendre d'autant plus sympathique ce président et faire museler l'ultra nationalisme qui est une caricature d'une identité saine et bien vécue :

 

D’où l’importance de ce énième rappel de la part du président de la Fédération de Russie. Vladimir Poutine n’a jamais caché être un partisan convaincu de la multiethnicité de la société russe. Une multiethnicité qui va bien au-delà de la simple réalité historique. Il s’agit d’une question de survie. Déjà en décembre dernier, Poutine avait déclaré : « Les idées propagées par les nationalistes sont inacceptables et constituent une menace pour chacun de nous, ainsi qu’un défi pour l’Etat et la nation russe ».

Lors de ce récent rappel, le président Poutine l’a de nouveau bien souligné : « Lorsqu’on remet en question notre appartenance multiethnique et en exploitant le thème du nationalisme russe, tatar, caucasien, sibérien ou tout autre nationalisme et séparatisme, cela nous mène à l’autodestruction. La Russie s’est formée comme un Etat multiethnique et multiconfessionnel ». Avant d’ajouter que « la souveraineté, l’indépendance et l’intégrité de la Russie sont des principes non-négociables ».

C’est probablement cela le vrai patriotisme, destiné à toutes les composantes ethniques et religieuses. Quant à la société russe, elle devra continuer à lutter activement contre toute forme de xénophobie et d’extrémisme (ethnique comme religieux), quel que soit l’endroit du pays concerné. (Lire tout l'article ICI)


Pour conclure citons également Serge Tchapnine, rédacteur en chef de « La revue du patriarcat de Moscou » et l'un des grands intellectuels contemporains de Russie. Critiquant ouvertement les dérives entre la religion et la politique, le journaliste aspire à une Russie moderne qui se repose sur sa Grande Tradition plutôt qu'une nation sclérosée par les idéologies passéistes :


De nos jours l’islam n’a plus le monopole de la politisation. Qui pourrait dire que l’orthodoxie moderne ne véhicule pas des orientations similaires tendant à la politisation de la religion ? Il est probable que nous sommes dans une époque qui fait que toutes les religions deviennent peu à peu politiques. Alors que les religions traditionnelles qui ne se laissent pas politiser sont sur le déclin. Quel sera le tableau dans quinze ou vingt ans ? Qui le dira ? Le concept même de religion politisée est loin d’être élucidé. Les musulmans qui sont intervenus aujourd’hui nous ont dit qu’un dialogue entre l’islam traditionnel et les salafistes reste inconcevable.

Voilà déjà plusieurs années qu’est survenue la notion « d’orthodoxie politique ». Ce nouveau concept, étrange au premier abord, véhicule un contenu tout à fait clair. Il s’agit de personnes certes extrêmes mais encore non assoiffées de sang.raph Leur radicalisme ne s’exprime pas encore par des actes terroristes et le recours aux armes. Les tenants de cette orientation se satisfont d’un discours populiste et de manifestations relevant du « street art ». Mais qui pourrait garantir que les choses en resteront là alors que la hiérarchie ecclésiale manifeste sa tolérance à l’égard de cette tendance ? Comment ne pas évoquer les mythes erronés devenus lieux communs idéologiques : pour ce qui est des orthodoxes je pense à la notion de « Sainte Russie ». (Pour lire tout l'article, c'est ICI)

 

De tout quoi, il ressort que la Russie est l'une des grandes nations contemporaines. Consciente des défis qui l'attendent, de ses faiblesses mais aussi de la force spirituelle et historique qui est la sienne, elle sera certainement appelée à jouer un rôle majeure de l'écriture de la grande Histoire à venir.

Tag(s) : #Chronique du Lundi

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