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lavieapreslamort.jpgCe livre de Jean Claude Larchet donne un sentiment mitigé.  Très bien documenté il cite abondamment les textes patristiques nous plongeant au cœur de la pensée orthodoxe.  Jean Claude Larchet a fait là un travail de classement exceptionnel.  Le livre, très clair, propose donc de montrer, à la lumière de ces textes, le devenir de l’âme après la mort.  C’est que, l’orthodoxie n’a rien à envier à la précision du livre des morts tibétain puisqu’on y décrit jour après jour les étapes du voyage de l’âme après la mort.


Et c’est qu’elle passe par des épreuves l’âme du mourant ! Arrivée dans un monde où plus aucune évolution n’est possible (les orthodoxes ne croient pas au Purgatoire), il ne lui reste plus qu’à être confrontée à ses accusateurs démoniaques et à chuter dans l’Hadès si le poids de ses actions mauvaises surpasse celui de ces bonnes actions !!! Même une prise de conscience post mortem de ses erreurs n’y fera rien, les dés sont jetés pour le pauvre bougre… Trois jours après sa mort, l’âme passe par des péages aériens où des démons l’accusent et lui font voir tout le mal qu’elle a fait.  Responsabilisant peut-être, mais un tantinet déprimant.  Par exemple, quand on lit le témoignage de la Bienheureuse Théodora au Xe siècle qui a bien du mal à passer les péages aériens pour quelques chansons paillardes entonnées dans sa jeunesse…  A ce prix là, c’est sûr il ne doit plus y avoir grand monde au Paradis !!!  Jean Claude Larchet a beau, en fin de chapitre, citer Saint Jean Chrysostome qui admet que lui et ses pairs en rajoute une couche sur l’enfer pour des raisons pastorales afin de tenir leurs brebis dans le droit chemin, on ne peut que douter de l’efficacité de ce type de pastorale de la peur qui à mon sens fait pire que bien.


Et c’est bien le bémol de ce livre : on aurait souhaité que Jean Claude Larchet explicite un peu plus les textes qu’il cite.  Car l’auteur a beau dire que le chrétien ne doit pas redouter la mort, que les péages diaboliques sont des expressions symboliques et que Dieu ne juge pas, il ne le dit pas assez !!!  Les commentaires pourtant très intéressants du théologien moderne sont trop timides devant les textes d’époque.  On sent que l’auteur a fait le choix de s’effacer devant ceux-ci, ce qui est regrettable car pour un sujet aussi sensible et délicat que le devenir eschatologique, on ne peut se contenter de textes qui pour poétiques ou beaux qu’ils sont, donnent souvent une impression de simplisme, de superstition et de vision judiciaire de l’après-vie.  On aurait aimé avoir un éclairage moderne, sensible et spirituel de la conception post mortem, voir comment la vision chrétienne était ou non corroborée par les relevés d’expérience NDE effectuée par le docteur Raymond Moody (que Jean Claude Larchet critique mais sans vraiment dire pourquoi…). 


Pourtant, certains passages valent le détour comme celui sur la présence continue de l’hypostase animique dans les restes du mort.  On comprend mieux comment fonctionne les miracles opérés par l’intermédiaire des reliques et l’on comprend bien la résurrection des corps.  Apparemment, pour ces sujets là l’auteur était en confiance, il l’était moins pour l’après vie proprement dite.  Néanmoins, le livre vaut sans doute la peine d’être lu, fut-ce parce qu’aucun ouvrage ne propose d’enseignement si complet et si méthodique sur ce sujet.

 

Extrait

 

Le Jugement particulier comme jugement de l'homme par sa propre conscience.

 

Les considérations précédentes ont amené certains Pères à considérer que le Jugement particulier est, en même temps qu'un Jugement par le Christ ou par les anges qui Lui servent d'intermédiaire, un jugement de l'homme par sa propre conscience. Ainsi, saint Cyrille d'Alexandrie, tout en présentant de manière détaillée l'enseignement sur les postes de péages aériens et le jugement de l'homme par les anges, écrit dans le même texte : « Celui qui nous juge après la mort n'a besoin ni d'accusateurs, ni de témoins, ni de preuves, mais Il met devant les yeux des pécheurs tout ce qu'ils ont dit, fait, ou pensé. » les longues considérations de saint Dorothée de Gaza sur les tourments que subit l'âme en se souvenant des péchés qu'elle a commis sur terre et portant le poids des passions qu'elle a emportées avec elle vont dans le même sens.

 

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