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Le
christianisme est la vie des forts !
Voilà une assertion qui devrait en choquer plus d'un, tant nous sommes habitués à ce que, toutes tendances chrétiennes confondues, l'on nous serve le couplet sur « la nécessité d'être faible, sur la vertu de l'humiliation, etc... ».
Bien que je ne suis absolument pas Nietzschéen, il faut reconnaître qu'une partie de la critique du philosophe allemand envers un certain christianisme est fondée. Le christianisme fut et est encore parfois le prétexte à l'apologie d'un sentiment misérabiliste couplé de pessimisme saupoudré de dolorisme. On a tellement mis l'accent sur la « faiblesse et l'indignité de l'homme », on s'est tellement lamenté sur « l'iniquité de l'homme », sur « l'homme pêcheur » qu'à bien des endroits le christianisme est devenu est champ de ruine. A force de rabaisser l'être humain, à force de le culpabiliser, à force de gémir sur son sort, on a créé des générations d'impuissants, d'hommes et de femmes bouffies de complexes, s'auto-mutilant et n'osant plus exprimer les forces divines qui sont en eux. Pendant des siècles des pauvres ères ont augmenté la puissance de leurs « pêchés », c'est à dire ont élargi le gouffre qui les sépare de Dieu à force de creuser le sillon de la culpabilité...
Toutes ces conceptions sont aussi fausses que... maléfiques. Oui, oui, le terme n'est pas trop fort. Le diable se réjouit de ces hommes qui font son travail en se tordant eux-mêmes l'âme.
Par contre toute l'histoire des Évangiles peut se résumer à Dieu marchant sur Terre pour guérir les hommes. Les aveugles, les impotents, les hémorragiques, les paralytiques, les égarés, les possédés, les fiévreux et même les morts sont relevés par une seule force : celle d'un Dieu d'amour et de force utilisant sa toute puissance à une seule et unique fin : relever l'humanité. Car tous les malades qui peuplent l’Évangile, au-delà de l'anecdote, sont l'ensemble de l'humanité souffrant de ses manques et de ses faiblesses, l'humanité soumise à la mort.
Face à cette mort, face à cet adversaire aux multiples visages qui inéluctablement semblera gagner à un moment, face à cette marée d'entropie qui menace à chaque instant de l'engloutir, l'homme n'a que peu de chose à opposer : sa joie, sa foi, sa confiance en Dieu, sa confiance en lui-même, sa liberté, son bonheur, sa force intérieure, sa capacité d'aimer, sa soif de Vérité, son désir de Dieu, l'ouverture de son cœur, ses prières, sa curiosité, sa compassion, sa créativité artistique, sa volonté de pérennité et sa dignité. Ce ne sont que quelques briques de sable qui semblent rapidement balayées par le vent du temps mais c'est immense car chacune d'elle bâtit l'Univers. En dénigrer une, menace l'ensemble de l'édifice.
Malheureusement, dans le désir inconscient de parer leur dépression atavique d'une aura sacrée, certains ont confondu (ou fait semblant de confondre) : joie et superficialité, dignité et orgueil, confiance en la vie et présomption et de condamner ses premiers sous prétexte de lutter contre les seconds... Le résultat ne s'est pas fait attendre : par retour de balancier, on vit maintenant dans une société qui a voulu se déchristianiser et qui, si elle est loin d'être aussi négative qu'on le dit, a rejeté momentanément le nom du Christ. Je suis intimement convaincu que la tâche du chrétien est de puiser dans la force dans l’Évangile, de se faire écho de la Parole, afin d'infuser la Lumière au cœur du monde où nous vivons.
Malgré la crise, malgré les voix discordantes, malgré le mal, malgré les tristes sires qui se plaisent à plomber l'âme, malgré la mort qui ricane au bout du chemin, le chrétien sait que le Christ a vaincu la mort, que la joie et la confiance transmute l'âme, que le Bien est le seul à exister ontologiquement et que l'harmonie céleste chante la Vie de l'Esprit pour qui sait écouter.
Le chrétien sait que Dieu lui a donner d'être le vainqueur de l'ombre, d'être le relais de la Vie Eternelle, d'être le
champion de la Lumière.
Imagine-t-on plus grande force ? (à suivre...)
Je souscris entièrement à vos propos. J'y ajoute ceci : le culpabilisme dans le christianisme est une tentation du Malin, d'autant plus dangereuse qu'elle est plus sournoise.
L'apôtre Paul enseigne que les fruits de l'Esprit sont la paix, la joie et l'amour (pratiquement la salutation finale de notre frère Julien). Le culpabilisme remplace la paix par l'angoisse, la joie par la tristesse, l'amour par la détestation de soi. Et l'on a le jansénisme ! Phénomène qui me passionne car le Malin a réussi à splendidement dévoyer ces saintes gens, qui, sans le vouloir, ont tous cédé à l'orgueil spirituel...
Comme le disait narquoisement saint François de Sales - l'anti-janséniste par excellence : "un saint triste est un triste saint!"
Paix, joie et amour dans la Divine Trinité.
Oui, toute cette série d'articles sera dédiée ou plutôt placée sous le patronnage de Saint Georges :-)
Cette déviance est en effet très sournoise et s'est (trop) longtemps parée du manteau de la sainteté.
Paix, joie et amour dans la Divine Trinité !
Merci mon frère pour cette belle intervention ! Je pense aussi que chaque jour qui passe nous rapproche de plus en plus de Lui. Tant individuellement (forcément puisque à notre mort nous serons en Sa présence !) que collectivement.
Paix et amour dans la joie du Saint Esprit
Vous écrivez, et vous avez raison : "Le christianisme est la vie des forts". Oui, à une condition sine qua non : c'est que nous ne prétendions pas être forts par nos propres forces, car alors nous sommes piégés, et vaincus d'avance. Nous ne pouvons être forts, et vainqueurs, qu'en nous appuyant sur le seul Fort, Jésus-Christ.
Mais vous n'abusez jamais !! Que du contraire !! :-)
Je suis évidemment pleinenement d'accord avec vous, vous anticipez sur la suite de ce billet ;-)
Oui, je suis sûr que Nietzsche n'est pas aussi "dark" qu'on le dit d'habitude. En tout cas, il a eu son utilité et n'en déplaise aux laïcards athées qui en font leur fer de lance, peut-être que Nietzsche fut un vrai chrétien !