Partager l'article ! Le Bon Samaritain et la critique de l'action sociale de l'Eglise: « Mais le docteur de la Loi, voulant se justi ...
« Mais le docteur de la Loi, voulant se justifier, dit à Jésus : "Et qui est mon prochain ?" Jésus
reprit : "Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba au milieu de brigands qui, après l'avoir dépouillé et roué de coups, s'en allèrent, le laissant à demi mort. Un prêtre
vint à descendre par ce chemin-là ; il le vit et passa outre. Pareillement un lévite, survenant en ce lieu, le vit et passa outre. Mais un samaritain, qui était en voyage, arriva près de
lui, le vit et fut pris de pitié. Il s'approcha, banda ses plaies, y versant de l'huile et du vin, puis le chargea sur sa propre monture, le mena à l'hôtellerie et prit soin de lui. Le lendemain,
il tira deux deniers et les donna à l'hôtelier, en disant : "Prends soin de lui, et ce que tu auras dépensé en plus, je te le rembourserai, moi, à mon retour." Lequel de ces trois, à ton
avis, s'est montré le prochain de l'homme tombé aux mains des brigands ?" Il dit : "Celui-là qui a exercé la miséricorde envers lui." Et Jésus lui dit : "Va, et toi aussi, fais de
même" (Lc 27-36)
L’on critique parfois l’action sociale de l’Eglise arguant le fait qu’il n’appartient pas à une institution qui devrait être
spirituelle de s’occuper de tâches ne relevant pas de sa compétence et ce, au détriment du travail mystique.
Parfois, j’entends même certains chrétiens déprécier complètement et intégralement le travail des sœurs Emmanuelle, des mères
Térésa, des abbés Pierre et autres prêtres de la Libération sud américain, pas assez théologique ou spirituel à leur goût. Ces chrétiens rappellent en général le rôle premier de l’Eglise
qui est de guider l’humanité vers son accomplissement spirituel. Ce faisant, ils boudent voire ils snobent l'action caritative de l'Eglise. C'est oublier à quel point la spiritualité
chrétienne est pétrie d'action et d'Amour.
Comme le disait Saint Seraphim de Sarov, le but de la vie chrétienne est d’acquérir le Saint Esprit, autrement dit se replonger
dans notre Source divine qui est Dieu. Cela implique de prendre la main qu’Il nous tend pour nous hisser vers notre destinée sublime et d’accepter de nous faire aime par le
Christ.
Ce mouvement de l'âme permet resacraliser la Vie et peut-être d'un jour acquérir à nouveau notre Corps de Lumière qui est notre
origine et notre destination première.
Voilà donc le chemin de réalisation spirituelle sur lequel l’Eglise devrait guider ses ouailles. Et aussi grandiose et divin
qu’est ce chemin, il n’a pas grand-chose à voir, à priori, avec une action humanitaire ou sociale.
Et pourtant. Plus on se rapproche de la Source d’Amour, plus on accueille le Sauveur en notre cœur, plus l’Amour s’éveille
en notre être profond, illuminant chacune de nos cellules, épanouissant tout notre être. Celui qui n’a jamais voulu s’ouvrir à Dieu, celui qui garde toutes les portes closes comme autant de
volets hermétiques fermés à la lumière du jour, celui là ne peut avoir l’idée de ce dont je parle. Car il ne s’agit pas ici d’un amour mièvre, vague sentimentalisme compassionné envers son
prochain qu’on aura tôt fait d’oublier après un don à une œuvre charitable.
Il ne s'agit pas non plus d'un pacifisme politiquement correct, reliquat d'un peace and love très pop.
Non. L’Amour que l’on reçoit du divin est un Amour brûlant, qui marque le cœur au fer rouge lui infligeant une blessure
vive qui ne se referme jamais, se transformant en soif inextinguible de Lui.
L’Amour du Bien Aimé est la force ultime qui maintien la cohésion du monde, qui est la Vie même et en même temps plus que la Vie
terrestre car il puise sa Source dans le monde incréé. C’est amour là est Lumière et transforme le cœur en soleil brûlant.
Or nulle lumière ne peut être mise sous le boisseau sous peine d’imploser. Celui qui a un jour ressenti le feu
incandescent de l’Amour divin ne peut que désirer le communiquer afin de propager l’incendie que le Christ est venu allumer (« C'est un feu que je suis venu allumer sur la terre, et comme je
voudrais qu'il soit déjà allumé ! » Luc 12, 49-53).
Or dépendant du tempérament, de la nature de chacun, certains vont laisser couler cet Amour vers l’extérieur par les étincelles
de leurs mots, par le feu de leurs chants, par l’or de leur art ou bien par le don d’eux mêmes près des pauvres, des rejetés et des défavorisés. Soutenu par la prière, chacun, à sa manière,
dans le lieu où il se trouve, porte la torche du Seigneur et enflamme le monde.
Aimer son prochain, être un bon Samaritain, n’est donc pas afficher un vague sentiment de commisération impersonnel, suivre une
morale imposée et normative ou pratiquer une charité de façade mais bien se nourrir à l’Amour d’en Haut et le redistribuer. Or l’Amour qui vient d’en haut, ne peut pas être un principe
philosophique sans vécu ni visage. L’Amour doit pouvoir dire « tu », doit pouvoir se donner d’humain à humain, en regardant droit dans les yeux, donc doit pouvoir s’exprimer dans
la vie quotidienne, des bidonvilles de Calcutta à nos rues pleines de stress et de fureur. 
Le travail social accompli par l’Eglise est admirable. Certains mauvaises langues diront que certains le font par
hypocrisie, par intérêt de gagner son salut ou pour se donner bonne conscience. En réalité il n’appartient à personne de juger la motivation des individus qui l’accomplissent.
Ce travail humanitaire est profon dément
bon dans son ensemble car il se nourrit aux sources de l’Evangile et de l’Amour.
En conclusion, s’il est une critique à faire à l'Eglise à ce sujet, ce serait de l'encourager à donner les outils
(spirituels, mystiques, théologiques, émotionnels et psychologiques) pour permettre aux chrétiens de s’ouvrir complètement à l’Amour divin. Ainsi l’on ne fera pas œuvre de charité en
espérant devenir Saint mais l’on donnera l’Amour ressenti que l’on aura reçu en surplus infini du Créateur. Cet Amour pourra se répandre sur le monde et dans l’histoire afin de servir
d’échelle à l’humanité dans sa montée vers la transfiguration.
Et il ne se Vit véritablement que dans le Souffle du "nous"
"Être" marche de pair avec "Agir"...
Même pour celui qui Marche seul, il Marche quand même dans l'absence d'un "tu", une présence au cœur de l'absence ...
Aider l'autre que dans la glorification de soi, c'est oublié que l'autre est aussi un bout de soi. Un bout de soi qui un jour criera si fort de ne pas avoir été entendu que l'on deviendra celui qui a besoin d'aide.
Nous avons tous soif d'une Eau vive qui apaise toutes nos soifs, tous nos cris alors comme la Samaritaine puisons dans le puits de notre Je Suis ...
Bien à vous
Tout à fait d'accord, très bien dit Nat', merci.
Bonne journée dans Sa Lumière !
Exactement Julien : "le christianisme ne se borne pas a des vérités de spéculation" et je rajouterais "vis et transmets Son Amour et le bonheur sera en toi et autour de toi"
Paix et Amour en Lui mon frère !
Oui, les deux sont liés je pense. Jésus a distribué le pain matériel et le pain spirituel. Au chrétien de le suivre et de l'imiter selon son charisme, les conditions qui lui sont propres et l'endroit où il se trouve.
Bonne journée à vous et merci pour ce commentaire.
Fraternellement en Christ,