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attila3.jpgNous sommes le 11 avril de l'an de Grâce 452. Un homme vient camper devant les portes de la cité éternelle, Rome.

Il n'est pas seul. Avec lui, des dizaines de milliers de loups assoiffés de sang et de pillage : Attila et ses Huns sont devant l'un des principaux centres du monde civilisé.

Du chef barbare, il nous reste une description : « Sa taille était courte, sa poitrine large, sa tête très grosse. De petits yeux, la barbe clairsemée, les cheveux grisonnants, le nez aplati, le teint mat, il reproduisait ainsi les caractéristiques de son origine. »1

Des rumeurs courent sur lui : il serait possédé par des esprits sauvages, venus des lointaines steppes et se livrerait à des pratiques ignobles pour augmenter sa puissance : cannibalisme « sacré », sacrifices humains,... On dit qu'il boit le sang de ses prisonniers tel un vampire. Rumeurs sans fondements ?2 Qui sait, la question est toujours débattue aujourd'hui.

Mais à ce moment précis de l'histoire, Attila est en colère et rien ne peut l'arrêter. L'année précédente, il a tenté de prendre la Gaule mais l'opération s'est soldée par un échec. On dit que des forces surnaturelles se dresse contre lui, des forces que ses chamanes n'arrivent pas à contrer. Alors qu'il était devant Paris, une femme, Geneviève, s'est adressé au peuple assiégé. Geneviève dont la voix ressemblait au grondement du tonnerre, dont les mots martelèrent la conscience des parisiens comme la pluie drue sur la muraille :  « Que les hommes fuient, s’ils veulent, s’ils ne sont plus capables de se battre. Nous les femmes, nous prierons Dieu, tant et tant, qu’Il entendra nos supplications ! »3

Les parisiens ne fuient pas, ils restent dans la ville barricadée, prêt à en découdre. Et Attila passe à côté de la ville avant de connaître la défaite aux champs catalauniques.

Malgré l'humiliation, celui que l'on nomme le Fléau de Dieu a sauvé une grande partie de son armée. Mais il doit sauvegarder la face, montrer qu'il est toujours le plus fort. N'est-ce pas lui qui, guidé par le vent, trouva l'épée du dieu Tengri ? Chez les Huns, il n'y a pas la place pour la défaite. Aussi, décida-t-il, l'année suivante de lancer une nouvelle campagne de pillage sur l'Italie.

Il passe les Alpes et l'Aquilée, Padoue, Vérone, Milan et Pavie tombent comme des fruits mûrs. Il arrive alors devant Rome.

Là, surprise ! Un homme vient à sa rencontre, un homme désarmé, escorté uniquement par des gens en prière. Cet homme, c'est le Pape Léon ou pour le dire autrement, le Pape « Lion ». On ne saura jamais ce qu'il s'est dit. Attila aurait confié à son plus proche conseillé :

 

« Ce n'est pas le personnage avec lequel j'ai conféré qui m'a subitement fait changer de résolution. Pendant qu'il me parlait, je voyais à ses côtés un pontife d'une majesté surhumaine. Il se tenait debout ; des éclairs jaillissaient de ses yeux ; il portait à la main une épée nue, ses regards terribles, ses gestes menaçant, m'intimaient de consentir à tout ce que demandait l'envoyé des Romains. »4

 

Et Attila, comme devant Paris, s'en va. Il emporte un butin énorme mais il n'a pas pris Rome. La vision de l'Archange Michael l'a découragé, le Fléau de Dieu recule.

Certains diront qu'une terrible épidémie ravageait son campement et que son empire est attaqué à l'est par les troupes de l'Empereur Byzantin Marcien. Certains diront qu'il n'y a pas de miracle, pas d'apparition mais un replis stratégique du brigand qui ne veut pas prendre le risque de mettre le siège devant la capitale de l'Empire Romain d'Occident.

Peut-être. Ou peut-être que l'intervention de Marcien fut-elle aussi, inspirée par l'Archange ayant à cœur d'unir les frères et sœurs chrétiens face à l'adversité, au meurtre, au pillage et à l'horreur ?

 

Certains événements historiques, certains personnages prennent par leur ampleur une valeur archétypale. C'est le cas d'Attila dont l'image de guerrier sanguinaire sera utilisée, au cours de l'histoire, pour symboliser les exactions commises par la troupe et ce, jusqu'à la première guerre mondiale où le chef hun orne les affiches américaines dénonçant la sauvagerie de la piétaille allemande5. Mais outre le chef barbare, c'est surtout cette unité et cette action chrétienne qu'il faut ici retenir. Unité et action dans la Charité capable de produire des miracles, capable d'être réceptive à l'action de son Champion, l'Archange Michael. Unité et action chrétienne face à la violence, à la haine aveugle, au mal et à l'obscurantisme. Et par-delà l'unité chrétienne, c'est bien entendu l'unité du genre humain qu'il faut poursuivre. Unité dans la diversité des approches religieuses et philosophiques, unité dans l'altérité des individus. Unité des hommes de bonne volonté, seule capable de faire naître une aube resplendissante et bénie sur l'humanité.

Certainement à méditer en cette période incertaine. 6e35252a-5c0d-11de-b3ad-e43219ede704.jpg

 


1Jordanès, Histoire des Goths, XXXV

2 Edina Bozoky, Attila et les Huns : Vérités et légendes, p67, Paris, Perrin, 2012

3Joël Schmidt Sainte 1Geneviève Perrin

4Bréviaire Romain, Office Saint Leon Magnus, 11 apr

5Pour rendre justice et donner raison au proverbe qui dit que chacun voit midi à sa porte, il faut signaler qu'Attila fut parfois considéré comme un héros notamment en Scandinavie ou en Hongrie.

 

Ci-dessous un excellent documentaire sur le sujet (en Anglais) :

 

 


 

Tag(s) : #Histoires & Légendes

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