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saraetabraham.jpgUne idée-force, une réalisation, une vocation, une création est comme un enfant.   

La semence de l’homme pénètre la femme dans (normalement et pour bien faire) un embrasement d’amour reflet corporel et psychique de l’Amour divin.  De même, l’idée portée, par l’Esprit Saint ,va être insufflée dans le subconscient.

Tout comme l’enfant va grandir dans le secret du sein de sa mère, l’idée-force va mûrir dans la partie féminine de l’être, sa partie secrète, avant d’éclater au grand jour.

Par idée-force, il faut entendre aussi bien une création artistique, qu’une idée de vie, qu’une nouvelle orientation spirituelle, qu’une compréhension plus profonde de la vie…

 

Or donc, voilà donc qu’Abram avait beaucoup de mal à faire naître son idée, à concrétiser et à conscientiser son inspiration et son lien à l’Eternel. 

Car Abram, rude patriarche refusait de s’ouvrir à lui-même, à sa part intérieure.  Il refusait de la reconnaître comme telle et ainsi de l’épouser : « Dis, je te prie, que tu es ma sœur pour que l'on me traite bien à cause de toi et que je reste en vie grâce à toi. » (Gn 12 ; 13)

Par conséquent, sa part cachée et secrète, son inconscient  Saraï, se morfondait dans la non création, elle avait été frappée de stérilité.  Abram est donc obligé de se tourner vers sa servante, vers une inspiration de seconde zone, afin d’enfanter : « Saraï, femme d'Abram, ne lui avait pas donné d'enfant. Elle avait une servante égyptienne du nom de Hagar, et Saraï dit à Abram : « Voici que le Seigneur m'a empêchée d'enfanter. Va donc vers ma servante, peut-être que par elle j'aurai un fils. » Abram écouta la proposition de Saraï. » (Gn 16 ; 1-2).

 

Mais la destinée d’Abram est de préparer l’avènement du Christ, l’Incarnation du Roi de l’Univers sur Terre puisque Jésus descend d’Abraham.  C’est l’ « idée-force » d’Abram, son destin, son logos, préparer la venue du Logos Suprême.  Initiateur de la première Alliance terrestre avec Dieu, il est à l’origine de la seconde.  Mais pour se faire, Abram doit s’ouvrir à sa part inconsciente supérieure, à sa part féminine qui sera le réceptacle de l’inspiration divine.  S’il ne le fait pas, il ne fera que se lier à son inconscient inférieur, rebus de la conscience, qui engendrera des formes dévoyées et des idées imparfaites que la Bible nommera Ismaël : « Véritable âne sauvage, cet homme ! Sa main contre tous, la main de tous contre lui, à la face de tous ses frères, il demeure. » (Gn 16 ; 12)

 

C’est au crépuscule de sa vie terrestre, que la vocation divine d’Abram s’épanoui, preuve s’il en est besoin que quelque soit l’âge, même trois jours ou une minute avant sa mort, il n’est jamais trop tard pour se réaliser et pour s’ouvrir à la Grâce inspirante : « Il avait quatre-vingt-dix-neuf ans quand le Seigneur lui apparut et lui dit : « C'est moi le Dieu Puissant. Marche en ma présence et sois intègre.  Je veux te faire don de mon alliance entre toi et moi, je te ferai proliférer à l'extrême. »  Abram se jeta face contre terre, Dieu parla avec lui et dit : « Pour moi, voici mon alliance avec toi : tu deviendras le père d'une multitude de nations. On ne t'appellera plus du nom d'Abram, mais ton nom sera Abraham car je te donnerai de devenir le père d'une multitude de nations et je te rendrai fécond à l'extrême : je ferai que tu donnes naissance à des nations, et des rois sortiront de toi. » (Gn 17 ; 1-6)

 

S’ouvrant à Dieu, Abram devient Abraham, par l’adjonction de la lettre Hé à son nom.  Or, il faut rappeler que la lettre Hé symbolise la fenêtre.  Le changement de nom d’Abram en Abraham, exprime l’ouverture du prophète sur d’autres réalité d’existence, il exprime l’ouverture sur sa part féminine inconnue puisque Saraï change également de nom, également par l’adjonction d’un Hé (Dieu dit à Abraham : « Tu n'appelleras plus ta femme Saraï du nom de Saraï, car elle aura pour nom Sara. (Gn 17 ;15) et lorsque les anges viennent le visiter au chêne de Mamré, Sara se trouve dans la tente, symbole hébreu du temple intérieur.  Abraham est donc prêt à accueillir et à épouser sa part féminine, bref à devenir un être complet dont toutes les parties intérieures sont liées et par conséquent réceptif à la Grâce.

L’ouverture mène à l’harmonisation de l’Être qui rend réceptif à la Source et mène à la joie de la nature divine retrouvée.  Etat d’Être tellement transcendant, tellement beau qu’il s’accompagne d’incrédulité voire d’une certaine appréhension : « Sara se mit à rire en elle-même et dit : « Tout usée comme je suis, pourrais-je encore jouir ? Et mon maître est si vieux ! » Le Seigneur dit à Abraham : « Pourquoi ce rire de Sara ? Et cette question : “Pourrais-je vraiment enfanter, moi qui suis si vieille ? ” Y a-t-il une chose trop prodigieuse pour le Seigneur ? A la date où je reviendrai vers toi, au temps du renouveau, Sara aura un fils. » Sara nia en disant : « Je n'ai pas ri », car elle avait peur. « Si ! reprit-il, tu as bel et bien ri. » (Gn 18 ; 12-15)

 

Le rire de Sara plus qu’un événement est aussi un but à atteindre, celui de l’ouverture sur nous-même, l’ouverture sur notre part divine, l’ouverture sur la Vie et sur les autres.  Le rire de Sara est le rire de l’humanité créatrice et ouverte aux énergies divines, ne tient qu’à nous qu’il soit également le nôtre.

Tag(s) : #Théologie et spiritualité

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