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mammon-euro-dollar1.jpgLa technologie est neutre par elle-même et elle permet souvent d'améliorer notre vie quotidienne. Toutefois, je ne peux m'empêcher de devenir de plus en plus méfiant face à l'avènement d'une technologie au service de la société de consommation de masse et amplifiant celle-ci.

 

Ainsi, selon le site d'info Atlantico, un groupe de chercheurs britanniques a mis au point « une invention qui devrait réjouir les maisons de disques : des chercheurs britanniques ont mis au point une équation qui permet de savoir si une chanson va cartonner dans les charts ou faire un flop.

Pour décrypter les secrets des tubes, des chercheurs de l’université de Bristol ont écouté et décortiqué les chansons classées au top 40 anglais ces cinquante dernières années. Le but : trouver des caractéristiques communes aux chansons le plus écoutées (top 5) et à celles qui ne remportent pas l'adhésion du public (de la 30ème à la 40ème place). Parmi les critères étudiés : le tempo, la durée de la chanson, ou encore son intensité. Au final, l'équipe a compilé 23 données, et on ainsi établit une équation qui permet de calculer le potentiel de succès d’une chanson. L'équation permet d'affirmer avec un taux d’exactitude de 60% si un titre va se retrouver dans le top 5 ou s’il ne dépassera jamais la trentième position. »

Dans le même temps et dans le même ordre d'idée : « Un groupe de physiciens japonais prétend avoir découvert une formule permettant de prédire si un film aura du succès, à l'image du Da Vinci code ou de Transformers, ou s'il fera un flop. L'étude, parue dans l'édition de juin du New Journal of Physics, indique que plusieurs facteurs doivent être pris en compte : le budget publicitaire du film, la durée de sa campagne de marketing, et enfin le buzz généré sur les médias sociaux.

Autant de données permettant d'estimer l'accueil que devrait recevoir le film en question. Quoique l'étude ait été réalisée à partir du box office japonais, ses auteurs assurent que la formule peut être transposée à n'importe quel marché, quoique elle ne puisse prédire les "succès endormis" tels que Little Miss Sunshine, phénomènes qui arrivent très peu au Japon.

Akira Ishii, qui a conduit l'étude, a indiqué à l'AFP qu'il espérait rendre la formule disponible dans le commerce. L'équipe projette également de l'appliquer à d'autres secteurs comme la musique ou la nourriture. »

 

On se rend compte qu'avec la mentalité actuelle, les sociétés de production auront tôt fait de favoriser les produits rentrant dans l'équation au détriment des autres. Autrement dit, par un processus de sélection pervers, exit toute créativité artistique, exit toute inspiration de l'Esprit, exit toute tension vers le haut. Seule s'imposera l'impitoyable et froide logique commerciale doublée d'une technologie uniformisante.

Veut-on vraiment aller jusqu'à concrétiser les plus horribles modèles de dystopies ? Va-t-on vers un monde où la musique censée être l'âme des peuples, sera justement le reflet d'une société sans âme ?

Allons-nous un jour allumer notre radio et avoir des plages musicales composées d'une seule et unique note ou bien les sempiternelles rythmes stéréotypés auront terminé de nous lobotomiser et de nous déshumaniser ? Car l'ultra commercial, par le simplisme qu'il implique, finira inévitablement par rejoindre l'ultra minimal à l'image des expériences décadentes de bruitisme.

Qu'on se rappelle les paroles du Christ : Nul ne peut servir deux maîtres ; car, ou il haïra l'un, et aimera l'autre; ou il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon (Mt 6 ; 24). Mammon qu'on a improprement traduit par « argent » est en réalité le démon de la cupidité. Or ce démon bien réel, comme beaucoup de ses pairs, n'œuvre jamais aussi bien que dans l'abrutissement généralisé.

Il y a longtemps que la recherche du Beau n'est plus la norme en art, mais ici la société prend un virage plus inquiétant encore : celui du cynisme mercantile sonnant l'avènement de l'idiocratie. C'est à dire d'un monde qui n'a plus que pour seul horizon la consommation effrénée de biens de consommation de plus en plus vulgaires et de plus en plus superficiels. S'ensuit alors une spirale infernale (au sens propre du terme) entraîviola.jpgnant les masses dans un abrutissement de plus en plus abyssal.

Dans cette perspective, les chrétiens se doivent de lutter afin de contrer ce mouvement sociétal. Et ils doivent le faire non en affichant une attitude réactionnaire outrée et stérile mais en cultivant un discernement et une recherche de l'excellence qui ne cède rien à la mentalité commerciale facile. 

Tag(s) : #Art et Culture

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