Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

chevetogne.jpgChère société contemporaine,

 

Les lecteurs de ce blog, portant comme sous titre « une vision libre de la spiritualité » me connaissent : je me définirais plutôt comme libéral et souvent opposé au sursaut réactionnaire présent dans toutes les familles du christianisme. 

Dans un autre domaine, je suis également peu porté sur l’identitarisme menant souvent à un nationalisme (régional ou national) exacerbé et deviant sur des mécanismes d’exclusions prononcés.

Finalement, je crois qu’en ce qui me concerne, la chose contre laquelle je me bats peut-être ramené à ce terme d’ « exclusion ».

 

Exclusion chez les « tradis » pour qui tous les non chrétiens sont bons pour l’enfer, pour qui même ceux appartenant à d’autres familles chrétiennes représentent l’antéchrist. 

Exclusion chez ceux pour qui la spiritualité consiste simplement à suivre un ensemble de  règles soient disantes « morales » et qui ne font que légitimer leur peur du monde, leur méconnaissance de l’autre et la rigidité de leur esprit étriqué.  Jetant l’anathème sur l’homosexuel, la femme, le joueur de rock’n’roll ou la prostituée, ils se croient un peuple supérieur d’élus au détriment du reste de l’humanité.

 

Ce type de comportement est bien sûr à l’opposé du message du Christ et même de l’humilité première de l’Eglise qui ne connaît pas de distinction entre une Eglise enseignante et une Eglise enseignée, comme le rappelait récemment un ami prêtre sur ce blog.  L’Eglise est au service de tous et de toutes car l’Eglise ne connaît qu’un seul chef, Jésus Christ, Dieu lui-même.  Or Dieu nous aime sans distinction aucune.  Dans son ministère terrestre, le Christ a accueilli tout le monde : du simple pêcheur à la prostituée, du publicain au légionnaire… Quiconque marche avec un cœur ouvert à la Grâce en aimant son Dieu et ses frères humains comme lui même est le bienvenu à la table du Christ.  Est-ce d’avoir oublié cette leçon de Vie toute simple qui a fait que l’Eglise d’Occident devienne si souvent pharisienne ? Au fil des siècles, a-t-elle déçue autant de générations pour qu’on finisse par la rejeter hors de l’orbite de nos vies, l’envoyant lentement dériver vers les limbes cosmiques comme un vulgaire astéroïde. 

 

Encore que l’Eglise catholique pourrait bien perdre de l’audience si c’était au profit de l’orthodoxe, des protestants ou des croyants sans institution car finalement l’Eglise est indivise et l’une des ses manifestations peu bien disparaître sans que l’esprit du Christ ne se perde.

Bon, en réalité, c’est un peu ce qui se passe, de plus en plus de gens rejoigne les rangs protestants et de plus en plus de grands esprits contemporains (Clément, Vergely, Colosimo, Leloup, Souzenelle, Amadou…) choisissent l’Eglise d’orient pour épanouir leur âme.

 

Néanmoins, la sécularisation de la société va bon train et même moi, tout libéral que je suis, cela m’effraye vraiment.  Ainsi en Belgique, une commission est en train de plancher sur la possibilité de supprimer certains jours fériés chrétiens et de les remplacer par des jours fériés laïcs neutres.  Certains vont plus loin, imaginant que même si l’on garde le 25 décembre parmi les jours de congé, on supprimerait les références religieuses de la fête, l’appelant d’un terme neutre comme par exemple le « jour du sapin » (sic) !

A ce compte, en deux ou trois générations, la majorité ne saura même plus l’origine de la fête.  Son sens divin (naissance du Christ) comme son sens cosmique et symbolique (Solstice d’Hiver) se seront perdus.  Ou comment perd-on l’intelligence spirituelle du monde.

Et je me souviens qu’il y a deux ans déjà, un député avait introduit une proposition de loi pour retirer les croix des cimetières « trop connotées » à son goût.

 

Comment en est-on arrivé à ce point de sécularisation ? Pire, de déculturation ? Faudra-t-il bientôt célébrer la messe en secret dans sa cave pour ne pas choquer l’opinion ? Ne peut-on vivre dans une société libre, spirituelle et chrétienne ? Ces trois mots sont-ils antinomiques ? Ne peut-on pas imaginer une société progressiste mais fondée sur l’adoration du Créateur ? Ou faut-il que, par un étrange retour de balancier, des forces laïcistes extrémistes se comportent comme l’inquisition d’hier ? Y a-t-il vraiment une volonté consciente et organisée de certains de couper définitivement le lien à la transcendance et à l’invisible ? Est-on vraiment condamné à sombrer dans la superficialité la plus malsaine, devenant des coquilles vides errant dans une course sans fin à l’argent et à la consommation ? 

Est-ce tellement parce que nous sommes devenus insipides et coupés de notre Sauveur qu’à l’autre bout du monde, on se permet de massacrer nos frères et sœurs en pleine célébration ?  Est-ce tellement parce que le christianisme n’est plus qu’un vague référant culturel se perdant dans les brumes du temps que seuls quelques uns agissent pour aider ceux d’entre nous, en orient, qui vivent un calvaire quotidien ?   

 

Comment renverser la vapeur ? Comment redonner du sens à cette civilisation qui part droit dans le mur du non sens ? Comment nous relier de nouveau à Celui qui est venu nous sauver et au nom de qui nous avons bâti des cathédrales et conduit l’art à ses plus hauts sommets ? Comment conserver, mais plus encore, comment re-glorifier notre culture et notre spiritualité chrétienne sans tomber dans l’exclusivisme renfermé dont je parlais ci-dessus ?  Bref, à partir d’aujourd’hui comme œuvrer pour une civilisation ouverte à la Grâce et reposant sur l’Esprit ?

 

Des générations de spirituels se sont posées ce type de questions.  Ceux qui ne se satisfaisaient pas de l’air du temps, ceux qui ne voulaient pas d’un monde figé par le confort des préjugés, ceux qui n’avaient pas peur de bousculer l’ordre humain des choses et qui avaient conscience que le bonheur de l’homme passait par la satisfaction légitime de ses besoins matériels mais aussi par son éducation et son ouverture à la Lumière d’En Haut sans laquelle tout est vain.  Difficile équilibre à trouver mais Ô combien essentiel, chère société contemporaine, si nous voulons que ce troisième millénaire soit celui d’une humanité à l’âme épanouie.   

 

En Christ,        

 

NB: la photo est celle du monastère de Chevetogne et fut prise et donnée par un frère qui m'est cher et qui se reconnaîtra.


Tag(s) : #Lifestyle - Société & Ecologie

Partager cet article

Repost 0