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Tout être vivant (et le règne du vivant va bien plus loin que ce que l'on croit, en-deçà du règne des hommes et au-delà du monde visible) est créé par Dieu et pour Dieu. Sans Dieu, notre action est bornée, limitée, nous sommes emprisonnés dans la cage des limitations, de l'entropie, des peurs, des habitudes et des coutumes traditionnelles.

La phrase de Saint Paul « ce n'est plus moi qui vit mais Dieu qui vit en moi » n'est pas la figuration d'un être téléguidé par Dieu comme dans un cas de possession mais d'une personne qui a accueilli en lui la Lumière personnifiée. Cette Lumière-Christ va briser les chaînes qui l'entravent, va faire éclater les carcans qui l’alourdissent, va dilater sa personne au-delà du concevable. Le Christ ne prend pas le contrôle des pensées, des paroles et des actions de son hôte mais les éclaire, les transfigure, leur donne valeur d'Eternité.

C'est dans l'union à Dieu que l'Homme se débarrasse de ses entraves intérieures et qu'il devient parfaitement libre.

Or avant cet instant béni où l'âme-corps est tout entier transfiguré par la synergie de la volonté humaine portée par la Volonté divine, l'Homme doit se fortifier, se renforcer, se structurer. Comme un enfant qui avant de marcher seul, apprend à se tenir, à s'agripper aux points d'appui, à tomber aussi parfois.

 

A chaque fois que l'on veut réaliser quelque chose, des forces opposées jaillisent pour nous freiner. La réalisation d'un projet demande alors une mobilisation supplémentaire des forces pour passer outre les blocages et les embûches qui ne manquent pas de se dresser devant nous.

Il en va de même pour l'épanouissement de l'âme. Celui qui cherche à s'harmoniser avec l'Esprit, à rejoindre sa maison intérieure, à renouer avec le Dieu personnel, celui-là sera dans un premier temps soumis à l'attaque des forces obscures.

Mais l'homme ne doit pas être écrasé par les forces de destruction et d'enchaînement, par ses peurs et pulsions d'échecs. au contraire il doit lutter contre elles avec toute l’opiniâtreté et toute la bravoure possible. Même submergé par les troupes de l'Adversaire, il devra être comme ses généraux héroïques qui savent mobiliser leurs troupes et affronter un ennemi plus fort ou plus nombreux.

Prendre sa croix, c'est assumer les difficultés, les affronter avec détermination, comme le Christ affronta le Golgotha avec détermination.

 

Comme Leonidas faisant face sans peur aux hordes de Perse mille fois plus nombreuses, l'homme spirituel se tient prêt. Protégé par la cuirasse de justice, le casque du salut, le bouclier de la foi et le glaive de l'Esprit (Eph 6 ; 11), il regarde son ennemi droit dans les yeux et se prépare à l'affrontement.

Signalons au passage que dans le domaine de la spiritualité, la pire faille est la culpabilité. Celle-ci doit être immédiatement évacuée et balayée. La culpabilité est une ruse de l'Ennemi pour nous maintenir dans la conscience de nos manques. Focalisé sur nos faiblesses et nos erreurs, celles-ci prennent une dimension et une existence qu'elles n'avaient peut-être pas au départ. Aussi, doit-on apprendre à développer une conscience juste de nos actions et une intention ferme de ne plus tomber dans les travers qui bloquent notre développement. C'est dans cette ferme résolution, soutenu par Dieu que nous pourrons vaincre.

Car contrairement au roi de Sparte qui savait qu'il donnerait sa vie contre l'ennemi Perses, le chrétien sait qu'il finira par vaincre. Il sait qu'au plus fort du combat, lorsque son âme et sa foi auront été suffisamment fortifiées, lorsque son sens du bien aura été suffisamment éprouvé, lorsque sa confiance en Dieu aura été suffisamment et solidement tressée, alors le cor annonçant l'arrivée des renforts retentira.

Dieu entourée de ses anges sonnera la charge, l'Adversaire sera vaincu et l'Homme couronné :

 

« Le Dieu de toute grâce, qui vous a appelés à sa gloire éternelle en Christ, vous rétablira lui-même après que vous aurez souffert un peu de temps ; il vous affermira, vous fortifiera, vous rendra inébranlables. » (1 Pierre 5 ; 10)

Délivré de l'emprise et de l'angoisse des forces d'entropie et de mort par l'aide et le concours de la Vie elle-même, il peut alors franchir le gouffre de l'infini et paisiblement voguer vers les contrées où brille un soleil qui n'est pas de ce monde. Traversé par la lumière divine, il devient alors pleinement reflet terrestre de l'amour de Dieu :

 

« Quand donc l'âme désespère d'elle-même et n'en peut plus, à cause de l'excessive tribulation qu'elle subit et de la mort qui est devant ses yeux, à l'instant même, d'une main puissante et à bras étendu, par l'illumination du Saint-Esprit, Dieu brise la puissance des ténèbres, l'âme franchit les lieux redoutables et traverse la mer des ténèbres et du feu dévorant. Ce sont là les mystères de l'âme, lesquels s'accomplissent réellement dans l'homme qui s'efforce d'atteindre la Vie promise et qui, délivré du règne de la mort, reçoit de Dieu comme gage la participation au Saint-Esprit. Ensuite, l'âme délivrée de ses ennemis, ayant traversé l'océan amer grâce à la puissance divine, voit périr devant ses yeux les ennemis dont elle était auparavant l'esclave, et elle exulte d'une joie ineffable ; glorifiée, elle reçoit de Dieu la consolation et se repose dans le Seigneur. Alors, l'Esprit qu'elle a reçu chante à Dieu un cantique nouveau sur le tambourin, c'est-à-dire19A_0640.jpg avec le corps, et sur la cithare, c'est-à-dire sur les cordes spirituelles de l'âme et sur les pensées les plus subtiles, avec le plectre de la grâce divine, et il adresse des louanges au Christ vivificateur. En effet, tel le souffle qui traverse la flûte en produisant un son, le Saint-Esprit chante à travers les saints et les hommes spirituels et prie Dieu dans la pureté du cœur. »1 


 

1Calliste le Patriarche, Sur la prière, 5-6

Tag(s) : #Théologie et spiritualité

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