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temple.jpgA l’aube de 2010, en tant qu’observateur des affaires du monde, je me pose les questions suivantes : Quel avenir pour la Tradition ? Pour l’ésotérisme judéo-chrétien qui se nourrit à la source de l’hermétisme, de la kabbale et de la patristique ?  Pour l’Europe chrétienne ?  Existe-t-il un avenir possible à la spiritualité qui soutint toute la culture occidentale durant des siècles ?  

Aujourd’hui, en nos contrées, plusieurs phénomènes coexistent, se mêlent et s’entremêlent rendant le paysage culturelo-spirituel très complexe :

 

D’un point de vue collectif, la sécularisation et son corollaire, l’athéisme règne en maître et imprègne l’ensemble de la société.  Le cynisme et une société de consommation effrénée en découlent, plongeant le tout venant dans une course sordide à l’argent. Il faut se faire une place dans ce monde d’apparence et seul ceux qui pratiquent l’égoïsme des forts y parviennent.  Il y a comme un parfum de darwinisme social dans l’air, laissant peu de place à l’intériorité.

La crise n’arrange rien car les moyens diminuant, le fameux pouvoir d’achat tombant au fond des abysses, l’homme qui n’a d’autres horizons que la possession ressent un vide intense que rien ne vient combler.  Je suis convaincu que ce schéma de société auto-destructeur n’aura qu’un temps.  L’homme a été fait pour Dieu, il possède en lui une soif insatiable que seul la Lumière peut abreuver.  Il lui faudra bien sortir, au niveau collectif et individuel, de la platitude d’une vie absurde.

 

Nombre d’athées, ne le sont d’ailleurs pas vraiment.  Mais se cristallisent dans cette attitude en réaction aux abus dogmatiques commis, estiment-ils, par l’Eglise Catholique.  C’est le mouvement bien connu de rejet du bébé avec l’eau du bain.  On peut espérer, là aussi, que de plus en plus de personnes puissent faire la distinction entre l’institution et la spiritualité, entre le divin qui est Vérité et le dogme qui est par essence humain et imparfait dans sa formulation et sa conceptualisation.

 

Par rejet de cet athéisme, beaucoup se tourne vers le fondamentalisme et la vision légaliste de Dieu, agitant le divin comme un épouvantail de cauchemar, cédant aux chants des sirènes décharnées du rigorisme, se donnant une contenance dans la haine et la violence… Croyant faire œuvre de Dieu, ils ouvrent un boulevard à la cavalerie apocalyptique de l’Ennemi…

 

Par réaction, par un rejet du dogme religieux assimilé au fondamentalisme, beaucoup de personnes se disent spirituelles mais sombrent dans une spiritualité de supermarchés. Fast-food new age qu’on assaisonne de sauce conspirationiste, de drogues « shamaniques », de syncrétisme indigeste, et d’approximations confusionnistes se perdant dans les méandres labyrinthiques et abyssaux d’une religion « à la carte »  menant vers toutes les dérives psychotiques possibles.

Là aussi, je pense qu’il faudra un jour sortir de cela.  La spiritualité est la quête de la Vérité et contrairement à l’idée toute moderne, il n’y a pas « autant de vérités que d’individus », il n’y qu’une Vérité.  Par contre, il y a, et c’est heureux, énormément d’approches de la Vérité. Beaucoup de chemins, de concepts et de vocables mènent à la transfiguration et chacun a un vécu différent sur son chemin, l’expérience humaine est donc riche de sa diversité. 

 

Néanmoins, tous les chemins ne se valent pas, tous ne mènent pas à la Vérité, beaucoup finissent en cul-de-sac, d’autres mènent droit dans le gouffre…  Aussi faudra-t-il que l’homme puisse faire preuve de discernement, qu’il apprenne à œuvrer avec une rigueur spirituelle à toute épreuve sans pour autant tomber dans la sécheresse d’une pensée légaliste qui se bornerait à suivre une règle sans en vivre l’Esprit.

 

La tradition ésotérique occidentale offre cette perspective d’une spiritualité vraie se basant sur la Vérité de la Révélation et sur des outils ontologiques et discursifs millénaires (comme la kabbale ou la rigueur des Pères de l’Eglise), sans rejeter toutefois les acquis d’une antiquité riche d’une pensée symbolique puissante.  De même, la pensée ésotérique s'éloigne de la notion même de dogme, favorisant la liberté totale de penser.  En effet, comment évoluer si l'on ne pense pas par soi-même ?  Si l'on ne découvre pas soi-même le trésor, on ne l'assimilera pas, où est alors l'intérêt ? 

 

Et il est, ô combien enthousiasmant de voir de plus en plus de loges ou de cercles ésotériques quitter les chimères du syncrétisme qui prévalaient dans l’ésotérisme du début 20e Siècle, pour retrouver les trésors traditionnels dont ils sont les héritiers. 

De même, il est tout aussi enthousiasmant de voir des hommes d’Eglise, toutes tendances confondues, faire éclater les carcans néo-thomistes qui ont fait la religion juridique de nos grand-mères afin de privilégier la voie du cœur et le contact personnel du fidèle avec le Réparateur.


En ce début de cette deuxième décennie du IIIe millénaire, on peut souhaiter que l’Esprit guide les chercheurs assoiffés de Vérité vers la tradition authentique, cœur de spiritualité palpitant ,abreuvant ceux qui s’en approche avec respect et sens du sacré depuis des siècles et des siècles. 

On peut aussi souhaiter que l’Eglise (au sens large de communauté des croyants, toutes tendances confondues), évolue et redécouvre cette richesse et cette liberté qu’elle conserva longtemps en son sein avant de l’exproprier bien improprement.  Le Monde pourrait beaucoup y gagner, mais vu les reculs réactionnaires actuels, je crains que cette dernière observation ne soit, pour le moment, qu'un voeu pieu.  

      

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