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6a00d83451619c69e20192abe467b4970d-800wiLe vendredi 5 juillet 2013, le Pape François et son prédécesseur Benoit XVI étaient réunis au jardin sur la place du Gouvernorat de la Cité du Vatican pour l'inauguration d'une statue de cinq mètres représentant l'Archange Saint Michel terrassant Satan.

Ce geste hautement symbolique et spirituel montre la conscience aiguë qu'ont les dirigeants de l’Église de la violence du combat qui fait rage entre les forces du Bien et celles du mal. Alors qu'on pensait que l’Église catholique n'était plus qu'une sorte de super ONG, deux Papes affirment ici avec vigueur la nécessité du combat.

Est affirmé également ici le rôle de protecteur de Saint Michel, défenseur de l’Église Universelle, corps de Dieu.

Bien sûr on sera en droit de se méfier pour deux raisons, la branche catholique ne se considère-t-elle pas comme la seule légitime, ou du moins la seule institution manifestant pleinement la divinité du Christ ? De plus, le combat auquel fait référence la statue du Vatican est-il ontologique, spirituel ou bien est-il le combat des forces socialement réactionnaires qu'incarnent l’Église ?

L'action de poser cette statue dans l'un des centres nerveux du corps du Christ, à savoir le cœur de l’Église Catholique (les autres Églises chrétiennes sont comme autant d'autres centres spirituels du corps divin formé par l'ensemble des chrétiens), dépasse sans doute la volonté humaine du Saint Père.

Car ce geste est sans nul doute inspiré par l'Esprit Saint lui-même, manifestant ici plusieurs idées forces.

 

Il faut bien observer la statue : L’Archange aux ailes magnifiques, énergique, athlétique tel un guerrier peut l'être, c'est-à-dire doté d'une musculature sèche, vive, réelle, loin de celle procurée par les exercices artificiels. Un vrai combattant que ce Saint Michel qui dans un mouvement viril mais élégant, signalant toute sa maîtrise de l'art du combat, projette le Diable aux ailes draconiques sur la Terre. Les drapés virevoltent en tout sens sous la violence de l'affrontement et l'Adversaire s’écrase lourdement, comme un pantin disloqué, ses reins se brise contre la sphère terrestre et l'on devine qu'il va rouler et basculer de la Terre dans l'abîme sans fin.

Ange déchu, cadavre en éternelle putréfaction, son regard est déjà vide. Car en possédant l'intelligence, la capacité de projection et d'anticipation propre à son espèce, le Diable savait les conséquences de son acte de rejet. En choisissant de se détourner de Dieu, le Diable s'enferme dans une logique de mort et de haine de laquelle, il ne peut se détourner, entraîné dans une spirale entropique l'aspirant sans cesse vers le bas. Coupé de la Source de Vie mais aussi d'individualité et de personnalisme, l'Ange déchu meurt intérieurement à chaque instant, sa personnalité se disloquant dans une folie aux proportions dantesques. Pourtant, si dans un sursaut de lucidité, il pouvait retrouvé une once de l'amour qui l'habita autrefois, tout pourrait s'achever, l'harmonie universelle serait rétablie. On rapporte cette anecdote de la vie de Saint Martin :

 

« Quelques-uns de ses frères attestaient même avoir entendu le démon reprocher à Martin, en poussant des clameurs effrontées, d'avoir reçu dans le monastère, après leur conversion, quelques frères qui jadis avaient perdu la grâce de leur baptême par diverses erreurs ; et le diable énumérait leurs fautes respectives. Pour tenir tête au diable, Martin avait répondu fermement que les fautes anciennes étaient effacées par une meilleure conduite et que, par la miséricorde du Seigneur, il fallait absoudre les pêchés de ceux qui avaient cessé de pêcher. Le diable rétorquant que le pardon ne convenait pas aux coupables et qu'aucune clémence ne pouvait être accordée par le Seigneur à ceux qui avaient fait un seul faux pas, on dit qu'alors Martin s'exclama en ces termes : « Si toi-mêm6a00d83451619c69e20192abe46723970d-320wi.jpge, misérable, tu renonçais à poursuivre les hommes, et que tu te repentisses de tes méfaits, surtout en ce moment où le jour du Jugement est proche, je te promettrais pour ma part, miséricorde, avec une confiance sincère dans le Seigneur Jésus-Christ. »1

 

1Sulpice Sévère, Vie de Saint Martin, 22, 3-5 (pp 301-303)

Tag(s) : #Art et Culture

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