Samedi 11 août 2012
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« J'ai appris à être content de l'état où je me trouve. Je sais vivre dans l'humiliation, et je sais vivre
dans l'abondance. En tout et partout j'ai appris à être rassasié et à avoir faim, à être dans l'abondance et à être dans la disette. Je puis tout par celui qui me fortifie. »
(Philippiens 4 ; 11 – 13)
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Si l'on a un tant soit peu d'honnêteté envers soi-même, on pourra facilement se rendre compte de la tendance perpétuelle
qui est en nous de nous plaindre. Sans cesse nous gémissons, sans cesse nous vivons dans l'insatisfaction. Tous les aléas de la vie sont prétextes à ce que nous entretenions un perpétuel état
d'insatisfaction.
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Certains se plaindront de leur état de santé, de leur vie de couple, de leur manque d'argent, d'autres de leur
manque de temps. Certains entretiendront une culpabilité délétère, d'autres un égoïsme n'ayant aucune considération pour ce qui les entoure. A l'infini notre route est parsemée de rocs ou de
cailloux et nous semblons fixer notre regard sur ceux-ci au dépend du paysage qui nous entoure.
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Car il faut prendre conscience que la vie est un pèlerinage, partis de notre situation de départ, nous marchons pour
rejoindre notre véritable patrie qui se trouve en Dieu. Or si l'on se perd souvent dans les tours et les détours des chemins, si l'on prend parfois des raccourcis, quelle énergie et quel temps
ne perdons-nous pas à geindre sur notre propre sort ?
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En réalité, il s'agit là d'un état d'emprisonnement ou d'aliénation intérieur dû à un manque de force résultant de notre
statut d'homme déchu. A nous donc, de le surmonter. A nous de prendre conscience que nous pouvons tout par Celui qui est tout. A nous de nous mettre au diapason du Grand Compositeur, à nous
d'inscrire notre volonté dans la Sienne. Certes les circonstances de la vie sont autant de stimuli qui submergent notre esprit, le maintiennent captif, y déchaînent les passions, y plantent
parfois les graines empoisonnées du désespoir. Mais à nous de rompre ce cercle destructeur.
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Car le chemin spirituel doit être un chemin de liberté, de joie et de lumière.
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Liberté ? Celle de ne pas être les esclaves des événements extérieurs et des blessures intérieures. Liberté que
donne la paix intérieur, la sérénité et l'ouverture du cœur. Ouverture pour accueillir avec équanimité les bonheurs et les malheurs, ouverture pour ne pas être replié sur nos frustrations
égotiques mais disponibles pour les autres, ouverture pour voir l'amour de l'Autre qui nous soutient dans chaque événement anodins ou déterminants qui peuplent notre existence. Ouverture pour
s'ouvrir au souvenir perpétuel de Dieu.
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Loin de nous retirer des affaires de ce monde, loin de fuir dans un monde irréel, notre tâche consiste à irriguer les
terres où nous vivons : « Au reste, frères, que tout ce qui est vrai, tout ce qui est honorable, tout ce qui est juste, tout ce qui est pur, tout ce qui est aimable, tout ce qui
mérite l'approbation, ce qui est vertueux et digne de louange, soit l'objet de vos pensées. » (Philippiens 4 ; 8)
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Joie ? Car tout se terminera dans les bras du Bien Aimé, là où tout a commencé, là où tout finira en un éternel et
perpétuel renouveau. Non pas joie douceâtre pour masquer la douleur, le questionnement, les doutes et les frustrations mais joie profonde, joie sauvage, joie comme un raz de marée emportant
l'écume des cauchemars et le brouillard des rêves inachevés. Joie puisée à la Source Immortelle, joie de la Résurrection qui vainc définitivement la mort et donne la Vie à tous.
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Le Christ est Ressuscité des morts, par la mort, Il a terrassé la mort à ceux qui sont dans les tombeaux, Il a donné
la Vie. (Liturgie de Pâques)
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Lumière ? Car une fois les imperfections comblées, une fois les blessures guéries, une fois les émotions maîtrisées
et les passions vaines dépassées nul démon ne peut encore avoir un quelconque empire sur l'âme qui déploie ses ailes tel un aigle dans l'aube naissante. Portée par le souffle de l'Esprit, elle
s'élève alors plus haut que l'ombre,
plus haut que les paradoxes, plus haut que les
limitations. Elle rejoint son Royaume d'origine où elle redevient pleinement elle-même : note claire, pure, unique et consciente d'elle-même dans la symphonie éternelle.
Par Galahad
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Publié dans : Théologie et spiritualité
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