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vierge-cosmique-copie-1.jpgSainte Sophie de Constantinople fut érigée en son honneur.  Qui est-elle cette mystérieuse Sainte Sophie qui hante les rêves d’Orient et d’Occident ? Certainement pas une humaine devenue sainte à l’image d’une Thérèse d’Avilla ou d’une Catherine de Sienne.  Non.  Cette Sophia là est tout simplement la Sagesse.  La Sagesse ? Celle que recherche les philosophes depuis l’Antiquité ? Celle, vulgaire, que croient posséder les penseurs actuels lorsqu’ils servent des banalités politiquement corrects et assaisonnées de l’air relativiste du temps ?

Certainement pas.

 

La Sophia est plutôt un lieu ou un état se situant entre Dieu absolument transcendant et le monde matériel immanent.  C’est en Sophia que se déroule toutes les théophanies, toutes les extases, toutes les visions mystiques, c’est en Sophia que prennent corps les noms divins, les anges, les archanges et toutes les réalités spirituelles.  Sophia est l’âme du monde, vibrante et pleine d’une vie spirituelle et divine.  Sophia est le lieu où réside toutes les connaissances où se noue le lien indéfectible entre le l’Univers matériel (phénoménal) et le monde spirituel, la Sophia est ce qui unit toutes les dimensions crées et incréées, visibles et invisibles.

 

Dans le Livre Saint, la Sagesse se présente elle-même : « Le Seigneur m'a engendrée, prémisse de son activité, prélude à ses œuvres anciennes. J'ai été sacrée depuis toujours, dès les origines, dès les premiers temps de la terre. Quand les abîmes n'étaient pas, j'ai été enfantée, quand n'étaient pas les sources profondes des eaux. Avant que n'aient surgi les montagnes, avant les collines, j'ai été enfantée, alors qu'Il n'avait pas encore fait la terre et les espaces ni l'ensemble des molécules du monde.  Quand Il affermit les cieux, moi, j'étais là,

quand Il grava un cercle face à l'abîme, quand Il condensa les masses nuageuses en haut

et quand les sources de l'abîme montraient leur violence ; quand Il assigna son décret à la mer - et les eaux n'y contreviennent pas - quand Il traça les fondements de la terre. Je fus maître d'œuvre à son côté, objet de ses délices chaque jour, jouant en sa présence en tout temps, jouant dans son univers terrestre ; et je trouve mes délices parmi les hommes. » (Pr 8 ; 22 – 31)

 

L’enjeux d’une réflexion sophiologique est primordial dans le monde désenchanté dans lequel nous vivons.   Peu avant de passer à la Lumière Eternelle, Henri Corbin avait insisté sur la nécessité de « reconquérir une vision perdue qui permette la médiation entre la théologie négative et la théologie affirmative par la présence de Sophia, intermédiaire essentielle entre l’homme et Dieu, permettant un monothéisme pluridimensionnel capable de dissoudre les dualismes et de déterminer un monde médian à la fois corporel et spirituel, l’Ame du monde comme médiatrice entre le transcendant et l’immanent.    

 

N’y aurait-il pas un rapprochement à faire entre le refus borné des autorités ecclésiales catholiques et orthodoxes de consacrer les femmes à la prêtrise et le peu de mise en valeur, dans ces Eglises, de cette tradition de la Sophia pourtant authentique ?

Tag(s) : #Théologie et spiritualité

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