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Que ce soit dans l’antiquité païenne ou dans le christianisme médiéval, les conteurs et les troubadours ont toujours eu une place à part.  On peut même dire que les contes furent la charpente sur laquelle se bâtit l’ensemble des civilisations.  Peut-être même que la période de décadence dans laquelle nous vivons est d’une certaine manière due à un manque de contes référentiels, la quantité des histoires superficielles noyant celles à la trame proche de la Vérité.  

 

Pourtant, on peut espérer qu’intermédiaire entre Dieu et la société, l’Esprit Saint souffle toujours, inspirant certains chanteurs, en peintres, en écrivains ou réalisateurs de cinéma.

 

Ces dernières années ont vu l’émergence d’un genre littéraire particulièrement fécond en symboles : l’héroïc-fantasy, suite à l’œuvre extraordinaire de Tolkien.

Même si l’ensemble des successeurs sont loin d’égaler le maître, on peut dire que par les images archétypales qu’il transporte, la fantasy se rapproche des légendes d’autrefois qui véhiculaient symboliquement la connaissance secrète.  Une œuvre comme le Seigneur des Anneaux puise formellement dans le fond celtico-germanique mais loin d’être une œuvre païenne, elle transmet plutôt, au dire de l’auteur, la sagesse chrétienne.  Comme le dit l’historien philologue David Day en parlant de Tolkien : « Avec son Seigneur des Anneaux, Tolkien a réveillé un sentiment profondément enfoui dans la conscience humaine. Il l'a fait en usant du langage universel d'images mythiques tirées de l'ère primaire de l'humanité. On sait que Tolkien avait l'habitude de regretter que la mythologie anglaise ne soit pas à la hauteur des immenses épopées grecques ou nordiques. Son but en écrivant Le Seigneur des Anneaux était de rendre à la Grande Bretagne une mythologie perdue à cause de multiples invasions. Les peuples de la Terre du Milieu ont donc leurs racines dans les plus grandes civilisations du monde. »

 

Invention d’un auteur à l’imagination fertile ? Certes, mais J.R.R. Tolkien disait lui-même qu’en utilisant notre inspiration pour créer des histoires, nous utilisons notre pouvoir divin. Qu’en créant des mythologies, nous nous rapprochons de la Vérité. 

En réalité, Tolkien présente le conte comme « la fonction la plus élevée » de l’art, puisqu’il trouve sa source dans les deux pouvoirs majeurs donnés par Dieu à l’homme : celui de nommer et de qualifier les êtres et les choses, comme il est dit dans la Genèse « Le Seigneur Dieu modela du sol toute bête des champs et tout oiseau du ciel qu'il amena à l'homme pour voir comment il les désignerait. Tout ce que désigna l'homme avait pour nom « être vivant » ; l'homme désigna par leur nom tout bétail, tout oiseau du ciel et toute bête des champs,… » (Gn 2 ; 19-20)

En créant des contes, l’homme exerce donc le pouvoir créateur que Dieu lui a donné, prolongeant la création divine et donnant naissance à des « mondes secondaires ».

L’écriture d’une histoire dans un monde de fantasy, demande de s’ouvrir à une réalité autre, plus subtile que celle du quotidien.  Tout en gardant une cohérence dans le monde qu’on invente, on s’ouvre inconsciemment à la Source Ultime d’Inspiration, on touche au Sublime. 

Tag(s) : #Art et Culture

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