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yechoua.jpgPour commencer cette année nouvelle, j'avais envie d'écrire un petit conte spirituel et léger :


« Il était une fois un pauvre ère qui errait sur une Terre inhospitalière.  Dans cette contrée, il y avait peu de repos. Sans cesse, il fallait se battre afin de subsister.  Chasser dans une nature habitée par des grands fauves aux crocs d’acier ou cultiver une terre infertile, trouver sa subsistance n’était pas aisé dans ce pays à la terre rouge et sablonneuse.

Seul les plus forts parvenaient à survivre assez longtemps que pour perpétuer l’espèce.  La faim, la maladie, le froid faisaient des coupes sombres dans une population famélique.  Les loups, les tigres et les serpents étaient autant d’adversaires que les lances et les couteaux de fortune parvenaient à peine à chasser.  Et puis, le pire adversaire de tous, cette impitoyable compétition pour survivre, ces autres hommes pareils aux autres malheureux mais qui  guettaient leurs congénères afin de les occire et de leur arracher des mains un malheureux quignon de pain ou un trognon de pomme…

Un jour, alors qu’il traînait sa frêle silhouette sur un chemin de campagne, le malheureux vit venir un homme à lui.  Craignant d’abord pour sa vie, il agrippa le manche de son couteau rouillé afin de vendre chèrement sa peau.  Mais l’homme qui venait à lui, venait en paix.  Vêtu d’une riche tunique d’un blanc éclatant, il lui proposa une bonne tranche de pain frais accompagnée d’un peu de vin.  L’homme n’en revenait pas, c’était la première fois qu’on lui donnait quelque chose gratuitement.  Un instant, il pensa à égorger l’étranger afin de lui voler ses biens mais avant qu’il puisse mettre son plan à exécution, l’homme lui proposa de l’emmener dans un autre endroit. 

La curiosité piquée au vif, l’homme en haillon suivit le mystérieux inconnu.  Celui-ci lui fit emprunter des chemins tortueux, l’emmena dans des forêts sombres qui s’ouvraient sur des clairières giboyeuses inondées de lumière émeraude.  Finalement, ils gravirent une montagne et au sommet de cette montagne, se trouvait un lac cristallin et au bord de celui-ci un palais majestueux de marbre blanc incrusté d’or. 

« Voilà », dit l’étranger. 

« Voilà quoi ? » murmura l’homme édenté.

« Te voila revenu… »

« Revenu où ? »

Le pauvre malheureux était de plus en plus intrigué.

« Revenu chez toi… »

« Qu… !?! »

Ce fut comme si un coup de tonnerre avait frappé la silhouette famélique.  Car à cet instant, il sut que son mystérieux guide disait la vérité.  Ce n’était pas une ruse ou un effet de style. Comme la côte apparaissant au travers de la brume matinale après une longue traversée, les souvenirs de sa splendeur passée ressurgirent.  Il se rappela qu’il était roi, il se rappela que ce guide était son frère, il se remémora tous les pouvoirs et toute la sagesse qui étaient les siens, il eut la certitude de l’illusion de la mort et de la nature éphémère de toute souffrance et il en pleura de joie.

« Voilà ce qui t’attends au final, voilà ta destinée », lui dit encore le guide.

L’homme tomba à genoux de reconnaissance, car enfin il voyait un terme à sa vie misérable.

« Mais en attendant que ton heure vienne, tu dois retourner là d’où tu viens et afin de terminer ton existence et en apprendre le maximum ».

« Tout ce que vous voudrez. »

L’homme cligna des yeux et se trouva au milieu d’une plaine grise et poisseuse.  Il pleuvait et la boue lui monta immédiatement jusqu’aux chevilles.  Plus loin, une bataille venait d’avoir lieu, une ferme brûlait et des sanglots montaient vers le ciel.  L’homme laissa apparaître quelques chicots dans un sourire qui ressemblait à une blessure.  Aussi fou et aussi naïf que cela puisse paraître, désormais, il savait que tout cela se terminerait bien, qu’il n’avait plus qu’à attendre l’heure de la délivrance, qu’il n’avait plus qu’à maintenir son esprit dans cet enfer et à ne plus désespérer... »

Tag(s) : #Art et Culture

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