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Je suis un incorrigible romantique et l'image, l'archétype du chevalier reste pour moi l'une des accomplissements majeurs de la pensée chrétienne. 

De plus en plus de personnes dans le monde chrétien semblent s'intéresser à nouveau à l'esprit chevaleresque. Qu'on se passionne pour la littérature de chevalerie, qu'on étudie les ordres disparus comme les templiers, qu'on fasse de la reconstitution médiévale ou qu'on s'implique dans les activités d'ordres vénérables subsistant depuis le Moyen Age comme l'Ordre de Malte et l'Ordre du Saint Sépulcre, la chevalerie semble fleurir de toute part dans notre monde moderne.

Certes, on pourra dire que le chevalier historique fut la plupart du temps un soudard, un pillard ou le bras armé d'une institution ecclésiale plus soucieuse de protéger ses avoirs que de guider les âmes vers le Royaume.  Déjà le grand théoricien de la chevalerie Raymond Lulle se plaint au XIIIe siècle des mœurs des chevaliers de son temps qui sont, dit-il, « injuste, belliqueux, aimant le mal et les troubles. ».    Certes.  Néanmoins, l'image et l'idéal demeure.

Et plus que jamais, le monde a besoin de personnes puisant leur force à la Source Suprême de l'Esprit Saint afin de se dresser contre les démons du monde et défendre la veuve et l'orphelin.  Plus que jamais la Lumière a besoin de champions.

Dans ce monde désenchanté, on voit que la figure du chevalier connait d'ailleurs un succès croissant dans l'imaginaire et l'inconscient populaire.  Il suffit de voir le succès mérité du Seigneur des Anneaux, des Chroniques de Narnia, du Trône de Fer et autres romans de fantasy qui exaltent la figure du défenseur des faibles au nom des principes les plus haut.  Dans un autre style, les héros de comics américains tiennent beaucoup de cet esprit chevaleresque.  Le succès de ces romans, parfois dignes successeurs des romans arthuriens, montre le désir d'une large frange de la population de retrouver les repères archétypaux sans lesquels nous ne sommes que des plumes ballotées par le vent du relativisme.

Mais y a-t-il une place dans notre monde pour une vraie et active chevalerie ?  Loin d'être anecdotique, loin d'être enfantin, le chevalier est l'une des expressions majeures de la Lumière chrétienne.  Il fut un temps où l'Eglise considérait l'adoubement comme le huitième sacrement. 

Au départ corps d'élite des armées séculières, le chevalier va être sanctifié par l'Eglise.  De soudard, le chevalier va se convertir et devenir le défenseur de la foi et de la Vérité, de la Justice et du Bien. 

Soldat au service du Christ, le chevalier possède la foi et le courage pour s'ériger contre toutes les injustices, pour se mettre au service des autres, pour combattre pour le Bien et non pour des privilèges, prêt à miser sa réputation ou à donner sa vie s'il le faut. 

Pour Chrétien de Troye, la chevalerie est un Haut et Saint Ordre créé par Dieu au même titre que l'Ordre des Prêtres.  Car n'oublions pas que tout homme est par sochevalier.gifn baptême roi, prêtre et prophète.  La chevalerie ressort donc de la fonction royale inhérente à la nature humaine.  Dans le roman « Lancelot du Lac » (1230), on voit d'ailleurs la Dame du Lac enseigner à Lancelot qu'il n'y a dans la chevalerie aucune distinction de rang ni de noblesse mais une élection de ceux qui ont la force du Saint Esprit afin qu'ils utilisent cette force intérieure pour défendre les faibles, le Bien et la Vérité. (à suivre...)

Tag(s) : #Anges - Vertus & Esprit Chevaleresque

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