Partager l'article ! XII. Le Pendu (3/3) et la croix de Lumière: Ainsi le Maître parla : « De grandes foules faisaient route avec Jésus ; il se ret ...
Ainsi le Maître parla : « De grandes foules faisaient route avec Jésus ; il se retourna et leur
dit : « Si quelqu'un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs, et même à sa propre vie, il
ne peut être mon disciple. Celui qui ne porte pas sa croix et ne marche pas à ma suite ne peut pas être mon disciple. » (Luc 14 ;
25-27)
Qu’implique de prendre sa croix ? Que signifie se sacrifier à soi même, se pendre à l’Arbre de Vie ?
Soyons clair et ferme : Prendre sa croix, se suspendre à l’arbre de Vie (et de douleur car sur cette Terre en exil, l’un ne va pas sans l’autre) ne signifie pas s’enfermer dans un quelconque comportement doloriste. Encore moins s’emmurer dans une acceptation apathique et masochiste des épreuves de la vie, subissant l’adversité avec résignation. De même, la solution de fuite proposée par le bouddhisme prônant une cessation de l’émotion afin de faire taire la souffrance s’apparente plus à un comportement de lassitude que spirituel et n’est aucunement satisfaisante.
N’en déplaise aux pleurnicheurs et à ceux qui cachent leur lâcheté sous le voile de la spiritualité, prendre sa croix, se laisser navrer par la lance du destin ou se crucifier est une attitude de bravoure, volontaire et guerrière.
Car se crucifier, c’est prendre les armes contre nos limitations, contre nos faiblesses. C’est donc se débarrasser de l’orgueil qui nous empêche de cerner les généraux ennemis de l’intérieurs : complexes, faiblesses, carences, déséquilibre, traumatismes inconscients et leurs cohortes malfaisantes : jalousie, haine, méchanceté, culpabilité, auto-sabordage… Autant de têtes à l’hydre qui nous barre le passage et dont il faut se débarrasser pour libérer la voie nous menant à la renaissance de nous-même.
Pour combattre un ennemi, il faut d’abord le cerner et l’identifier. Or seul une grande honnêteté intérieure, une grande clairvoyance, bref une grande humilité peut permettre de se voir tel que l’on est, sans faux-semblants. Celui que l’on crucifie, c’est l’homme de l’illusion, l’homme du mensonge, celui qui dissimule ses tares années après années, couches après couches se cachant sous un masque acceptable socialement mais tendant des embuscades de plus en plus meurtrières à la conscience.
Celui qui est crucifié, c’est donc le « faux moi », le moi limité et égotique qui empêche à la conscience de prendre son véritable envol. Cet ego, qui n’est pas l’individu mais sa pâle copie, ne va pas mourir sans résister. Le changement peut donc provoquer une véritable souffrance mais lorsque ce changement est opéré en profondeur, la mort de l’ego survient alors frappé par le dernier coup de lance. Et à la mort succède la résurrection dans la gloire et la puissance.
Libéré de ses chaînes, la conscience pousse un cri de victoire, tel l’aigle s’envolant dans la pâle lumière du matin. S’ouvrant telle une rose à l’aube, l’âme prend conscience de nouvelles sensations, de nouvelles énergies, de nouveaux territoires jusque là inconnus. Illuminée, elle atteint une nouvelle étape dans son développement.
Débarrassée de ses mesquineries, l’Homme devient le Roi, roi de sa vie, roi de son univers, étoile parmi les étoiles, il prend enfin la place qui l’attend de toute éternité, sur le trône, à la droite du Père.
La Croix ou la branche du pendu n’est pas un instrument de mort, elle est un instrument de Vie où l’on suspend nos chaînes. « Prendre notre croix » ne signifie pas porter nos souffrances dans un silence mortificatoire mais bien abandonner l’illusion, se préparer à mourir pour renaître et faire jaillir notre lumière intérieure afin qu’elle puisse éclairer les quatre points cardinaux, c'est-à-dire l’Univers entier !
J'ai beaucoup de respect pour les "chrétiens bouddhistes", ne fut-ce que pour leur ouverture. Néanmoins, si l'on peut assortir son christianisme de réflexion bouddhiste ou de pratiques de méditation bouddhiste, je pense qu'à un moment il faut pouvoir choisir car les paradigmes sont tout de même fort différent : univers créé/univers éternel, survie de la personalité animique/dissolution dans le flux universel, recherche de la transfiguration du moi en tant qu'être séparé du tout/prise de conscience de la non existence du moi, recherche de la Grâce sanctifiante/recherche de la perfection libératrice, Dieu personnel/énergie impersonnelle...
Beaucoup d'opposition tout de même ! Je crois que si l'on veut aller en profondeur, à un moment il faut choisir ce que l'on va vivre même si l'on peut intellectuellement s'intéresser aux deux.
Il est vrai que personnelement, j'aime beaucoup certains aspects du bouddhisme mais que l'aspect principal (non désir, non attachement, tout illusoire) ne me parle pas du tout et m'apparaît comme le reflet d'une certaine lassitude, mais bon ce n'est que mon ressenti évidemment.
Ceci dit, le livre du dalaï-lama sur Jésus est très bien dans cette rencontre christianisme-bouddhisme.
"Pour le pur, tout est pur" signale Ramana Maharshi ; tout de même, le processus bouddhiste s'intensifie ainsi : la moralité, la confiance en soi - la foi - qui entraîne l'énergie de l'effort laquelle développe l'attention, de qui naît la concentration qui est à l'origine de la sagesse (voyez, rien de religieux, pourtant tout nous relie ; tout à l'heure, trois bonnes heures face à l'horizon, sur la plage : je ne voyez plus les gens, que des formes floues, et ne fixais qu'un voilier immobile, au loin... Je sentis l'espace s'élargir ; dieu est là, non ?.. Pendu, je marchais ... sur le ciel quand les semi-nus couraient ou jouaient sur la plage !...) Toute vie est souffrance, car l'origine de la vie et de la souffrance est ni plus ni moins que le désir - reste à définir son désir, quand l'ambiguité s'installe, là le conflit et la lutte s'installent : bisexuel bouddhiste-chrétien, l'en-je(u) est conséquent dans un choix unique , non ?.. Bonne soirée !
Encore une fois ne croyez pas que je critique tout le bouddhisme, loin de moi cette idée
, il y a énormément de sagesse
dans le bouddhisme.
Seulement voilà la partie où je n'accroche pas au bouddhisme : "l'origine de la vie et de la souffrance est ni plus ni moins que le désir". Disons que je préfère risquer de souffrir mais désirer de tout mon être - quitte aussi à me tromper de désir ! Je ne disconviens pas qu'il faut apprendre à bien désirer, à être détacher des mesquineries ou à désirer juste et avec lucidité mais pour moi (et ça n'engage que moi), la Vie est Désir donc aimer la Vie, c'est aimer désirer même si cela implique frustration et souffrance. J'irais même jusqu'à dire que l'Univers fut créé par Dieu dans un acte d'Amour-Désir absolu.
Peut-être le désir de nous voir grandir, nous développer, nous ouvrir à notre Source. Alors bien sûr le monde est également plein d'imperfection, de détresse, de chagrin, etc... Mais vous le dites vous même, le yin et le yang, pourrait-il y avoir le Bien sans le Mal ? La Lumière sans la Ténèbre ? Comment mesurerions nous l'intelligence, le génie, la beauté, la force sans l'ignorance, la crétinerie, la laideur et la faiblesse pour nous en faire prendre conscience ? Pas de Création sans dualité, pas d'Amour sans Liberté, pas de Liberté sans la possibilité d'être des outils de la Grâce ou des véhicules de l'Absurde...
Dieu est Amour et veille sur nous ! Sur ce, bonne nuit !