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L-homme-dieu.jpgAinsi le Maître parla : « De grandes foules faisaient route avec Jésus ; il se retourna et leur dit : « Si quelqu'un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut être mon disciple. Celui qui ne porte pas sa croix et ne marche pas à ma suite ne peut pas être mon disciple. » (Luc 14 ; 25-27)

 

Qu’implique de prendre sa croix ? Que signifie se sacrifier à soi même, se pendre à l’Arbre de Vie ?   

Soyons clair et ferme : Prendre sa croix, se suspendre à l’arbre de Vie (et de douleur car sur cette Terre en exil, l’un ne va pas sans l’autre) ne signifie pas s’enfermer dans un quelconque comportement doloriste.  Encore moins s’emmurer dans une acceptation apathique et masochiste des épreuves de la vie, subissant l’adversité avec résignation.  De même, la solution de fuite proposée par le bouddhisme prônant une cessation de l’émotion afin de faire taire la souffrance s’apparente plus à un comportement de lassitude que spirituel et n’est aucunement satisfaisante.

 

N’en déplaise aux pleurnicheurs et à ceux qui cachent leur lâcheté sous le voile de la spiritualité, prendre sa croix, se laisser navrer par la lance du destin ou se crucifier est une attitude de bravoure, volontaire et guerrière.

Car se crucifier, c’est prendre les armes contre nos limitations, contre nos faiblesses.  C’est donc se débarrasser de l’orgueil qui nous empêche de cerner les généraux ennemis de l’intérieurs : complexes, faiblesses, carences, déséquilibre, traumatismes inconscients et leurs cohortes malfaisantes : jalousie, haine, méchanceté, culpabilité, auto-sabordage…  Autant de têtes à l’hydre qui nous barre le passage et dont il faut se débarrasser pour libérer la voie nous menant à la renaissance de nous-même.

Pour combattre un ennemi, il faut d’abord le cerner et l’identifier.  Or seul une grande honnêteté intérieure, une grande clairvoyance, bref une grande humilité peut permettre de se voir tel que l’on est, sans faux-semblants.  Celui que l’on crucifie, c’est l’homme de l’illusion, l’homme du mensonge, celui qui dissimule ses tares années après années, couches après couches se cachant sous un masque acceptable socialement mais tendant des embuscades de plus en plus meurtrières à la conscience.

Celui qui est crucifié, c’est donc le « faux moi », le moi limité et égotique qui empêche à la conscience de prendre son véritable envol.  Cet ego, qui n’est pas l’individu mais sa pâle copie, ne va pas mourir sans résister.  Le changement peut donc provoquer une véritable souffrance mais lorsque ce changement est opéré en profondeur, la mort de l’ego survient alors frappé par le dernier coup de lance.  Et à la mort succède la résurrection dans la gloire et la puissance.         

Libéré de ses chaînes, la conscience pousse un cri de victoire, tel l’aigle s’envolant dans la pâle lumière du matin.  S’ouvrant telle une rose à l’aube, l’âme prend conscience de nouvelles sensations, de nouvelles énergies, de nouveaux territoires jusque là inconnus.  Illuminée, elle atteint une nouvelle étape dans son développement.

Débarrassée de ses mesquineries, l’Homme devient le Roi, roi de sa vie, roi de son univers, étoile parmi les étoiles, il prend enfin la place qui l’attend de toute éternité, sur le trône, à la droite du Père.

La Croix ou la branche du pendu n’est pas un instrument de mort, elle est un instrument de Vie où l’on suspend nos chaînes.  « Prendre notre croix » ne signifie pas porter nos souffrances dans un silence mortificatoire mais bien abandonner l’illusion, se préparer à mourir pour renaître et faire jaillir notre lumière intérieure afin qu’elle puisse éclairer les quatre points cardinaux, c'est-à-dire l’Univers entier !

Tag(s) : #Art et Culture

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