Réflexions sur le chemin

Dimanche 31 janvier 2010 7 31 /01 /2010 14:51

pandorahalf.jpgAvec un peu en retard, j’ai cédé au terrible phénomène qu’est Avatar.  Pourtant grand amateur de science-fiction, d’aventure et d’imaginaire, j’allais un peu avec des pieds de plomb : les bandes d’annonce me laissaient penser qu’allait se dérouler sous mes yeux une histoire simpliste avec d’une part les méchants colons et d’autre part les gentils écolos au mode de vie hippie.

 

Je fus surpris.  Dès les premières minutes, je fus scotché à mon siège, plongeant littéralement dans le monde et l’histoire sans plus me poser aucune question.  Passons les qualités esthétiques et cinématographiques du film, le jeu des acteurs et les effets spéciaux qui rappellent que pour le spectacle et l’art visuel, il fait bon vivre au XXIe siècle. Passons également l’efficacité des scènes d’action et l’extraordinaire intelligence et cohérence du monde qui font de ce film un chef d’œuvre du cinéma SF.  Passons tout cela qui fait que ce film mérite amplement son succès et son battage médiatique…

 

L’Eglise de Rome engluée depuis des siècles dans ses conceptions ultra-transcendantes et qui aurait pour une énième fois gagné de se taire, n’a pas manqué de critiquer le film montrant qu’il y a là un enjeu cosmologique qui dépasse le 7ième Art.

Et effectivement, il y a bien un message spirituel dans Avatar.  Car, c’est une fois encore les rapports au monde, à la Nature et à l’écologie qui se jouent là.  Les Na’vi, population indigène habitant la planète Pandora ont un mode de pensée et de spiritualité que nous avons perdu, il y a bien longtemps de cela : la conscience de l’âme du monde.

 

Si l’on devait classifier la spiritualité, on pourrait dire que grossièrement, il y a trois manières d’envisager les rapports entre le Divin,  l’Homme et la Création en spiritualité.    

 

La première est celle des cultures premières et chamanique, c’est le panthéisme qui consiste à mettre l’accent sur une immanence absolue : les pierres, les arbres et les sources sont autant de dieux dont il faut s’attirer les faveurs par des offrandes ou des sacrifices.  Dieu est le monde, sorte de super-conscience cosmique n’existant pas en dehors d’un univers infinie qui ne peut pas être qualifié de « Création » puisque dans la conception panthéiste, le monde existe de toute éternité.  Chaque partie du réel, visible ou invisible, est une parcelle de cette superstructure immanente, un peu comme une cellule ou un neurone d’un cerveau infini.  Dans cette conception, souvent, nul être n’a plus d’importance qu’un autre puisque chacun fait partie d’un Tout vivant.

  

La seconde manière de voie les choses, est celle de la partie légaliste des monothéismes.  Elle consiste à ne voir dans la Nature qu’une nature froide et morte sans aucune signification sacrée, création d’un Dieu lointain et absolument transcendant.  C’est ce que Mohammed Taleb appelle le « dualisme ontologique » qui consacre cette distance infinie entre le divin et le monde.  Soit dit en passant, c’est cette conception tout vaticanesquement officielle qui fut à l’origine du désenchantement du monde et du peu d’attention écologique au cours des siècles passés comme montré en 1967 dans l’article de Lynn White, The historical roots of our ecological crisis.  En effet, selon cette approche, l’homme habite un monde froid et mort qu’il lui faut faire plier pour sa propre survie.

 

La troisième manière d’envisager les choses est le panenthéisme, c’est la façon de voir de l’hermétisme chrétien qui se situe entre les deux conceptions précédentes (Grégoire Palamas, Maxime le Confesseur, Scot Erigène, Paracelse, Swedenborg, Steiner, Boehme ainsi que les Kabbalistes, etc…).  Mais cette façon de voir fait également le pont entre différentes cultures puisque de nombreux auteurs soufis (Ibn Arabi, Avicenne, Abd-el-Kader) et de nombreux auteurs antiques (Plotin, Jamblique, Proclus) partagent ce point de vue.  En quoi consiste-t-il ? Ici la nature est vivante, habitée par les créatures qui la composent et par un grand souffle de Vie issu de Dieu.  Les étoiles, les arbres, les rivières et les animaux ont une âme, un esprit, une profondeur et une intériorité tout comme l’homme.  Dieu a créé le monde mais est présent partout, invisible.  Il se trouve en dehors de Sa Création certes mais aussi présent en elle et s’exprimant par elle.  Cette Nature qui exprime le divin est souvent vue comme la partie féminine de Dieu ou symboliquement comme son épouse, distincte mais non séparée de sa Source.  Les manières de parler de cet Univers conscient de lui-même furent multiples : Déesse Mère de l’Antiquité, Vierge Cosmique, Reine de l’Univers ou Sophia dans l’ésotérisme chrétien,  Séphiroths Bina’h et Malkouth dans la Kabbale…

 

Sans être un traité d’ésotérisme ou de théologie (c’est un film d’action quand même), la réalisation de Cameron exprime ce désir inconscient de renouer avec les forces divines bien présentes qui animent la Création.  La Déesse d’Avatar et l’interdépendance entre les créatures de Pandora s’inscrivent dans cette vision panenthéiste qui conjugue une Nature-Univers profondément vivante avec une transcendance numineuse consciente et agissante.  Une raison de plus pour crier au génie !

Par Galahad - Publié dans : Réflexions sur le chemin - Communauté : Religions en toute liberté
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Jeudi 31 décembre 2009 4 31 /12 /2009 15:47

Un bon réveillon à tous ! En 2010, Que la Lumière Eternelle répande en vous et autour de vous Sa joie, Sa paix et Sa force.  Que la Providence guide vos pas vers l’accomplissement que vous recherchez !

 

Et voici un petit morceau solennel du groupe irlandais Anùna, dont l’entrée sur scène des musiciens n’est pas sans rappeler d’autres entrées solennelles…  

 

 

 

Par Galahad - Publié dans : Réflexions sur le chemin - Communauté : Esotérisme et Spiritualité
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Samedi 14 novembre 2009 6 14 /11 /2009 18:03

Pour le génial J.R.R. Tolkien, écrire, inventer des mythes, est exercer notre pouvoir créateur qui nous rend semblable à Dieu. Et cela d’autant plus si consciemment nous cherchons à transmettre la Vérité.  Tolkien, très catholique (on connaît son amitié avec C.S.Lewis, qui deviendra l’un des plus grands théologien du XXe siècle à son contact), a très vite l’idée de former une grande mythologie,  moyen puissant et efficace pour imprégner la culture de valeurs chrétiennes.


Selon le site « Catholique.org » : « on peut même dire que le Seigneur des Anneaux est une œuvre de « pré-évangélisation » : son contenu, ses valeurs, sont non seulement compatibles avec la foi, mais en constituent la toile de fond. Tolkien, dont la carrière littéraire avait commencé avec les histoires qu’il racontait à ses enfants avant de s’endormir, se rend compte du bien énorme que pourrait porter une grande épopée fantastique : le conte dépasse en effet toutes les limites culturelles et religieuses et peut permettre à tous les hommes sans distinction de « savourer sans le savoir » les valeurs inhérentes à la foi chrétienne. »

Tolkien ne cachait pas en effet que le Seigneur des Anneaux est « une œuvre fondamentalement religieuse et catholique ; elle l’était inconsciemment au début, mais consciemment dans sa révision ». Bien sûr, il ne s’agit pas d’une transposition originale de l’Evangile ou d’une simple allégorie, mais d’une histoire propre, archétypale, qui reprend de nombreux éléments mythologiques en lui ajoutant une dimension transcendantale et humaine plus importante. Car le Seigneur des Anneaux traite des questions religieuses fondamentales de toute l’humanité : la Création, la Chute, la mort, l’éternité et le destin de l’homme.

Les héros du Seigneur des Anneaux sont indéniablement humains et faibles devant la tentation.  Comment ne pas faire le rapport entre les petits hobbits et les paroles du Maîtres « Celui-là donc qui se fera petit comme cet enfant, voilà le plus grand dans le Royaume des cieux. » (Mt 18 ;4)

De même la vertu principale du noble Aragorn, pourtant roi tout puissant, est l’honnêteté sur lui-même.  Reconnaissant ses faiblesses, Aragorn refuse de s’approcher de l’anneau maudit.

 

Tolkien avait également développé la notion d’ « eucatastrophe ».  Selon ce principe, toute histoire à vocation spirituelle doit provoquer un sentiment de joie indicible par son dénouement final.  Ce retournement heureux est loin de l’happy end fade de certaines productions.  L’ « eucatastrophe » doit en effet atteindre profondément le lecteur (ou le spectateur) et l’amener à anticiper la Vérité qui est profondément Amour et Espérance :   « Pour cela j’ai créé le terme ‘eucatastrophe’, le soudain retournement heureux d’une histoire qui vous transperce d’une joie qui apporte des larmes (ce que je déclare être la fonction la plus haute que le conte doit produire). Et je fus conduit à cette idée qu’elle produit cet effet particulier parce que c’est un rayon soudain de la Vérité... »

 

Faire pressentir au lecteur, la Lumière et la Vérité, une fonction missionnaire semblable à celle des Evangiles qui après les affres de la passion baigne le lecteur dans la lumière pascale.  Et Tolkien de conclure :

  « La naissance du Christ est l’eucatastrophe de l’histoire de l’homme... la Résurrection est l’eucatastrophe de l’histoire de l’Incarnation… bien sûr, je ne veux pas dire que les Evangiles ne sont qu’un conte ; mais je tiens avec force qu’ils racontent un conte : le plus grand ».

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Dimanche 8 novembre 2009 7 08 /11 /2009 16:44

Que ce soit dans l’antiquité païenne ou dans le christianisme médiéval, les conteurs et les troubadours ont toujours eu une place à part.  On peut même dire que les contes furent la charpente sur laquelle se bâtit l’ensemble des civilisations.  Peut-être même que la période de décadence dans laquelle nous vivons est d’une certaine manière due à un manque de contes référentiels, la quantité des histoires superficielles noyant celles à la trame proche de la Vérité.  

 

Pourtant, on peut espérer qu’intermédiaire entre Dieu et la société, l’Esprit Saint souffle toujours, inspirant certains chanteurs, en peintres, en écrivains ou réalisateurs de cinéma.

 

Ces dernières années ont vu l’émergence d’un genre littéraire particulièrement fécond en symboles : l’héroïc-fantasy, suite à l’œuvre extraordinaire de Tolkien.

Même si l’ensemble des successeurs sont loin d’égaler le maître, on peut dire que par les images archétypales qu’il transporte, la fantasy se rapproche des légendes d’autrefois qui véhiculaient symboliquement la connaissance secrète.  Une œuvre comme le Seigneur des Anneaux puise formellement dans le fond celtico-germanique mais loin d’être une œuvre païenne, elle transmet plutôt, au dire de l’auteur, la sagesse chrétienne.  Comme le dit l’historien philologue David Day en parlant de Tolkien : « Avec son Seigneur des Anneaux, Tolkien a réveillé un sentiment profondément enfoui dans la conscience humaine. Il l'a fait en usant du langage universel d'images mythiques tirées de l'ère primaire de l'humanité. On sait que Tolkien avait l'habitude de regretter que la mythologie anglaise ne soit pas à la hauteur des immenses épopées grecques ou nordiques. Son but en écrivant Le Seigneur des Anneaux était de rendre à la Grande Bretagne une mythologie perdue à cause de multiples invasions. Les peuples de la Terre du Milieu ont donc leurs racines dans les plus grandes civilisations du monde. »

 

Invention d’un auteur à l’imagination fertile ? Certes, mais J.R.R. Tolkien disait lui-même qu’en utilisant notre inspiration pour créer des histoires, nous utilisons notre pouvoir divin. Qu’en créant des mythologies, nous nous rapprochons de la Vérité. 

En réalité, Tolkien présente le conte comme « la fonction la plus élevée » de l’art, puisqu’il trouve sa source dans les deux pouvoirs majeurs donnés par Dieu à l’homme : celui de nommer et de qualifier les êtres et les choses, comme il est dit dans la Genèse « Le Seigneur Dieu modela du sol toute bête des champs et tout oiseau du ciel qu'il amena à l'homme pour voir comment il les désignerait. Tout ce que désigna l'homme avait pour nom « être vivant » ; l'homme désigna par leur nom tout bétail, tout oiseau du ciel et toute bête des champs,… » (Gn 2 ; 19-20)

En créant des contes, l’homme exerce donc le pouvoir créateur que Dieu lui a donné, prolongeant la création divine et donnant naissance à des « mondes secondaires ».

L’écriture d’une histoire dans un monde de fantasy, demande de s’ouvrir à une réalité autre, plus subtile que celle du quotidien.  Tout en gardant une cohérence dans le monde qu’on invente, on s’ouvre inconsciemment à la Source Ultime d’Inspiration, on touche au Sublime. 

Par Galahad - Publié dans : Réflexions sur le chemin - Communauté : Le Monde Spirituel
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Samedi 12 septembre 2009 6 12 /09 /2009 14:20

De nos jours, un certains nombres d’auteurs écrivent des ouvrages véhiculant l’idée que « la Lumière est en soi », « il suffit de croire pour voir », « s’ouvrir à Dieu, c’est sentir la Présence »… De plus en plus d’auteurs insistent sur ce point, réel au demeurant, que s’ouvrir à la Présence de la Grâce, lui ouvrir les portes, c’est d’une certaine manière prendre conscience de son existence, c’est allumer son feu éternel au centre de l’être.

A juste titre, l’un des lecteurs de ce blog faisait la réflexion qu’il était facile pour ceux qui on conscience de la Lumière de dire « il suffit de le vouloir »… Car certains croyants sincères espèrent avoir conscience de la Grâce toute leur vie sans pour autant jamais ressentir quoique ce soit de particulier.  Après tout l’espoir fait vivre, mais on aimerait de temps à autre avoir une confirmation d’être sur la bonne voie ou du moins avoir un début de confirmation, ne fut-ce que pour fortifier notre foi.  Dans cet ordre d’idée, des tas de gens savent très bien qu’il ne suffit pas toujours de s’ouvrir l’esprit pour pressentir l’Autre. 

Je trouvais l’objection fort pertinente, je vais donc essayer d’y aller de mes petites réflexions…

 

L’idée de la présence divine en chaque être n’est pas nouvelle, elle est même l’un des fondements du christianisme.  Après le départ de Jésus, conformément à Sa promesse, l’Esprit tombe sur les apôtres : « Quand le jour de la Pentecôte arriva, les croyants étaient réunis tous ensemble au même endroit. Tout à coup, un bruit vint du ciel, comme si un vent violent se mettait à souffler, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Ils virent alors apparaître des langues pareilles à des flammes de feu ; elles se séparèrent et elles se posèrent une à une sur chacun d'eux. Ils furent tous remplis du Saint-Esprit et se mirent à parler en d'autres langues, selon ce que l'Esprit leur donnait d'exprimer. » (Actes 2 ; 1-4).

Après cet événement, portés par l’Esprit, les Apôtres se rendent aux quatre coins de l’Univers pour annoncer la Bonne Nouvelle.

Il faut signaler que l’Esprit se manifeste sous la forme de langues de feu qui viennent toucher chacun séparément.  C’est très important, puisque ce détail montre que l’homme possède l’Esprit Saint en tant qu’individu et non en tant que collectivité.  Autrement dit, chaque homme, quelque soit son caractère reçoit à part égal l’Esprit Saint.  Comme un feu couvant sous la cendre, on peut donc dire que chacun du pire au meilleur, possède cette étincelle.  Or, force est de constater que nous ne sommes pas égaux dans la perception de cette flamme.  Untel y sera très sensible, un autre pas du tout, certains ressentiront une Présence diffuse (ou très forte) à certains instants, d’autres hurleront vers un néant glacé d’absurdité, certains se sentiront désespérément seul malgré tout leur désir de croire d’autres vivront avec une chaleur intemporelle au niveau du cœur…  Je me suis  longuement interrogé, sans trouver de réponses satisfaisantes, sur la raison de cette disparité qui prend souvent des allures d’injustices.

 

La capacité de ressentir le numineux serait-elle tout simplement comme les autres qualités, présent à part inégale en chacun ? Après tout, nous n’avons pas tous l’intelligence en même proportion et encore moins la même sorte d’intelligence.  Et on peut faire la même réflexion pour l’imagination, la créativité ou le calme intérieur.

 

Peut-être donc, que l’homme est créé dans une extraordinaire diversité et que la conscience aigue de Dieu ou non fait partie de cette diversité… ?   

Pourtant, je crois plutôt que cette perception de Dieu est comme un sens.  A l’instar de la vue, nous le possédons tous mais contrairement au cinq autres sens, il dort plus ou moins profondément selon les individus.  L’organe de ce sens est le cœur, ce cœur que notre état d’exilés a changé en pierre.  Lorsqu’on dit, il faut s’ouvrir à Dieu pour percevoir la Présence, c’est plutôt qu’il faut changer notre cœur de pierre en cœur de chair afin de raviver l’acuité de notre perception.

Et tout le monde peut théoriquement y parvenir. 

Certes ce travail de transmutation n’est pas facile et peut prendre de nombreuses années, toute la vie en fait.  Et certes, la tâche est d’autant plus ardue que nous ne sommes pas éduqués pour, le matérialisme crasse, le rationalisme religieux outré, la crétinerie ambiante et l’égoïsme idolâtre érigé en mode de pensée absolu sont autant de couches inconscientes qui masquent un peu plus la Lumière éternelle en nous.  Certes le peu de pratiques mystiques répandus dans la société (méditation, prière, hésychasme) sont autant d’outils qui manquent à la plupart pour faire le pas décisif, pour tendre la main vers le divin.

Toutefois, je reste persuadé que tout homme a la capacité de restaurer cette conscience, ce lien.

La Voie Royale de la purification du cœur menant à la perception de Dieu est l’Amour.  L’Amour du prochain, l’Amour malgré les désaccords, l’Amour comme force motrice universelle, comme souffle cosmique d’évolution.

Nul besoin d’être sensible psychiquement pour aimer, nul besoin de posséder une force mentale exceptionnelle pour se laisser émerveiller.  Nul besoin non plus nécessairement de multiples incarnations pour y parvenir, ce n’est pas la perfection qu’on cherche mais le petit déclic qui enclenche le processus – après une vie de rapine, de meurtre et de larcins, il n’a fallu qu’un petit déclic au bon larron pour s’ouvrir à l’Amour Infini.  D’accord, malgré sa position inconfortable, il était en bonne compagnie mais nous le sommes aussi, Dieu marche avec nous en permanence.

Alors, on en revient à l’idée, que tout le monde peut y parvenir même si c’est plus facile pour certains que d’autres, il « suffit » de s’ouvrir.  Pour peu qu’on le fasse, l’Amour qui fait tourner les nébuleuses et valser les étoiles peut sans difficulté aucune dissiper les mesquineries qui encombrent notre cœur.  Pour peu qu’on se donne la peine de faire une partie de la route et qu’on fasse l’effort de ne pas se complaire dans ce qui entrave notre cheminement, comme le disait Nicéphore le Solitaire : Revenez donc. Ou plus justement, revenons à nous-mêmes, frères, écartant avec horreur le conseil du ser­pent et l'égarement qui nous porte vers ce qui entraîne au plus bas. Car il n'est pas d'autre voie pour parvenir à la réconciliation et à l'union avec Dieu que de revenir d'abord à nous-mêmes, autant qu'il dépend de nous, ou plutôt d'entrer en nous-mêmes. Et c'est le paradoxe : nous nous séparons de l'égarement, du vain souci du monde, pour parvenir sans concession au Royaume des cieux qui est au-dedans de nous'.

Par Galahad - Publié dans : Réflexions sur le chemin - Communauté : Le Monde Spirituel
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Vendredi 7 août 2009 5 07 /08 /2009 13:13

Ora et Labora ! L’origine de cette devise se perd dans les brumes de l’histoire.  Certains en attribuent la pérennité aux alchimistes, d’autres aux bénédictins…qu’importe !

 

Ora et Labora ! Ces mots de feu résonnent comme le tintement d’une cloche dans le ciel d’un matin ensoleillé.

 

Ora et Labora ! Prie et travaille ! Voilà la clé de la vraie Vie, voilà le secret !  Car, c’est maintenant que tout se joue, dans cette vie, sur cette Terre. 

 

Ora – Prie !

 

Il faudra un jour remettre la prière au cœur de la vie, au cœur du quotidien, au cœur de la civilisation.  La prière n’est pas une formalité, elle n’est pas une déclaration administrative ou juridique fait à Dieu.  La prière est réellement une ouverture du cœur, une invitation à l’Ineffable.  La prière n’est pas une tâche superflue, réservée à ceux qui ont le temps, elle est au contraire essentielle, elle est la respiration de l’âme. 

On sous-estime souvent le pouvoir transformateur de la prière, l’âme en paix s’ouvre au langage de l’Esprit et celui-ci opère la conversion, la transformation du regard.  L’effet transformateur de la prière change la vie, non parce qu’il fait adhérer à un dogme quelconque mais parce qu’il libère des scories, du superflus.  La prière ouvre le cœur à l’essentiel, son action nous purifie des masques, des faux-semblants et du manque de discernement. 

On sous-estime souvent le pouvoir inspirant de la prière, la conscience et l’âme reposant dans les mains de Dieu, on s’ouvre aux mondes infinis du dedans.  Les eaux de la créativité déferlent au creux de l’âme telles une symphonie magistrale, la vie devient tout entière une œuvre d’art.  Le merveilleux de la Création apparaît dans toute sa splendeur, dans toute sa force immense, balayant la mesquinerie comme la mer renverse un château de sable.

Nous vivons notre vie endormi, la prière est un réveil, un feu doré qui jaillit et éclaire la vie de mille feux, la mort s’estompe alors peu à peu, s’inclinant devant le rayonnement d’une Vie éternelle qui germe tel une rose en notre sein.

 

Labora – Travaille !

 

Mais on ne saurait se remplir tout entier de la Grâce sans en redistribuer ses bienfaits.  Lorsque notre coupe intérieure est pleine de Grâce, il faut que le surplus rejaillisse sur le monde disait Saint Bernard.

La Terre nous a été confiée, à nous de la faire resplendir, à nous de la transformer, d’œuvrer pour en faire le reflet du Royaume.  Notre conscience est inscrite dans le temps et l’espace, à nous de les sanctifier. 

Travaille ! L’exhortation n’appelle pas à produire plus d’argent, à se tuer pour nourrir le Moloch néo-capitaliste.  L’exhortation appelle au don.  Le vrai travail, c’est le don.  Don d’amour, don de justice, don de charité, don de compassion, don de fraternité, don de liberté responsable, voilà le vrai travail !

Construire un monde fraternel, un monde qui soit un écrin de la Vérité et de la Beauté, un monde où chacun trouve sa place, où chacun puisse s’épanouir pleinement, où chacun puisse exprimer en toute liberté les dons que Dieu lui a donné à sa naissance… Voilà l’idéal vers lequel il faut tendre, voilà le travail nourri par la lumière de la prière, voilà le centre et le sens de la vie humaine, le reste n’est qu’illusion…        

Par Galahad - Publié dans : Réflexions sur le chemin - Communauté : Esotérisme et Spiritualité
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Vendredi 12 juin 2009 5 12 /06 /2009 13:23

Sur certains blogs et sur certains forums, on voit souvent des auteurs qui s’insurgent contre la vague « bien-être » et qui entendent marquer la distinction radicale entre « bien-être » et spiritualité.

 

Nous vivons dans un monde de combats et dans une société de compétition extrême, pourtant notre âme à besoin d’une ambiance harmonieuse pour s’épanouir.

 

La tension nerveuse et le stress sont autant d’agressions qui mettent à mal notre bien-être et qui nous freinent sur le chemin de l’évolution spirituelle.  Car s’il est évident que la spiritualité est infiniment plus que le « bien-être », celui-ci n’est pas moins la condition de base pour une spiritualité seine et épanouie.  Ce n’est que serein et fort qu’on peut emprunter la voie étroite de l’Illumination qui est la seule véritable spiritualité.  Car les délires culpabilisateurs et masochistes qu’on a trop vu en occident, ne sont finalement que l’expression de névroses pathologiques et d’hystérie psychosomatique aussi dangereuse pour le corps, que pour l’âme et l’esprit. N’en déplaise aux amateurs de cilices et autres disciplines sanglantes…  Bien sûr,  certains saint chrétiens ou autres, choisissent parfois de prendre sur eux la souffrance de l'humanité mais tout le monde n'a pas ce charisme.  Et bien sûr, toute vraie spiritualité implique également un dur combat intérieur pour affûter la lame de l’esprit ainsi que parfois des nuits obscures aux ténèbres moites où se dépêtre l’imprudent voyageur intérieur.  Depuis l’Exil, toute recherche de la Grâce divine se heurte à l’opposition de l’ennemi tapi dans les marécages putrides d’un inconscient non encore purifié.  Et la rencontre avec ces adversaires là, prendra souvent des allures de champ de bataille intérieure pour lesquelles il faudra être préparé et équipé.  Mais quiconque a combattu, sait qu’on ne peut gagner une guerre qu’en étant serein, fort et stable.  

 

Sérénité donc, à rechercher dans les techniques mystiques développées aux cours des siècles par la Tradition, prière du cœur, hésychasme, oraisons, méditation, autant de techniques qui nous permettent de pacifier la conscience, de l’éclaircir, de la rendre plane et transparente à la Lumière du fond.

 

Pour cela nous devons commencer par développer dans notre quotidien, une attitude de détachement par rapport aux multiples frustrations dont nous sommes l’objet.  Ce détachement n’est pas un « je m’en foutisme » ou une indifférence au monde mais plutôt une mise en perspective, une prise de conscience de ce qui est vraiment important et de ce qui ne l’est pas, de provoquer un relâchement des tensions.  Ce détachement est la condition sine qua non pour passer à l’étape suivante : l’Amour de soi et des autres.

En effet, tant qu’on reste dans un émotionnel emprunt de culpabilité, la tentation est forte de céder également à un émotionnel de jugement, sentant la paille, on ne voit que la poutre.  Il faut donc pacifier cet émotionnel basique afin de s’aimer soi-même pour pouvoir aimer les autres (car on ne peut donner que ce que l’on a).  Détaché de tout jugement, on n’est plus agressé par les travers d’autrui, on peut voir au-delà et accueillir les autres comme l’âme pure en devenir qu’ils sont.

 

Tout cela peut paraître évident à dire, moins à faire mais dans la synergie censée nous rapprocher de Dieu, il est important de faire céder le mur qui nous sépare de Lui, des autres et de nous-même.  Mur dont les briques sont les innombrables frictions et tensions de nos journées de courses éperdues, nos préjugés discriminatoires, nos illusions culturelles relatives, et nos passions tout aussi illusoires. 

 

Dans la tradition première du christianisme, le repentir n’était pas le larmoiement geignard qu’on en a souvent fait, le repentir était le fait de « voir les choses telles qu’elles sont ». 

 

Lorsque notre corps et notre esprit sont en « bien-être », le flux des pensées se calme, on peut laisser venir à soi la « Vision Vraie ».

En voyant les choses telles qu’elles sont, avec sincérité, en perçant le voile des apparences, on fait tomber le mur qui nous sépare de Dieu.  Soudain le calme s’installe, on peut alors tendre vers les étoiles et s’élancer dans le ciel sur les ailes de la prière ou de la méditation flèche.  Dieu nous trouve le cœur ouvert, prêt à l’accueillir.
Par Galahad - Publié dans : Réflexions sur le chemin - Communauté : COEUR DE LUMIERE
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Vendredi 22 mai 2009 5 22 /05 /2009 18:01

Après avoir vaincu la Mort et donné ses ultimes enseignements pendant 40 jours, le Christ rejoint le Royaume des Cieux, le monde spirituel et invisible ; « Donc le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s'assit à la droite de Dieu » (Marc 16 ; 19).

Ensuite, les disciples s’en retournent rassérénés vers Jérusalem « Quant à eux, après s'être prosternés devant lui, ils retournèrent à Jérusalem avec une grande joie ; ils étaient constamment dans le temple et bénissaient Dieu. » (Luc 24 ; 52-3)

 

La Crucifixion et la Résurrection sont des moments cruciaux dans l’histoire de l’Humanité.  Pendant ces deux moments clés, l’Histoire de l’humanité se trouve bouleversée, la Mort est vaincue par l’Envoyé qui nous montre que notre situation misérable d’humain exilés et mortels n’est pas irrémédiable.  Tout au long de sa vie, le Christ enseigne mais c’est dans la mort vaincue qu’Il nous montre la Voie…Voie de la Vie foulant la mort aux pieds…Voie de la Lumière chassant la ténèbre…Voie de l’Amour mouvant l’Univers... Voie banissant la grisaille quotidienne pour nous faire participer au Royaume...

 

Quoiqu’ « enlevé au ciel », le Christ n’en reste pas moins parmi nous comme Il le montre quelques jours plus tard en envoyant le Feu de la Pentecôte sur ses disciples.  Malgré les horreurs, malgré la maladie, la faim et la guerre, malgré le fanatisme, la douleur et les discriminations, malgré le froid, la folie et l’ignorance qui frappent notre planète à chaque instant, nous devons prendre conscience que le Christ, Lumière Eternelle est partout présent.

 

Dans notre époque cynique et matérialiste, ces mots peuvent sembler vains, creux, voire niais.  Il n’en est rien.  Certes l’Exil a enfermé la conscience dans des formes figées qui n’évoluent que par leur destruction progressive (vieillesse) et définitive (mort).  Plutôt que de pouvoir évoluer à la vitesse de la pensée et de la lumière comme c’était le cas avant la Chute, nous sommes pris dans ces tuniques de chair qu’il nous appartient de transfigurer, tout comme le monde qui nous entoure. 

Et certes, plutôt que d’être en permanence en communion avec Dieu et Sa gnose, la souffrance doit trop souvent faire œuvre d’éveilleur de conscience.

Pourtant, le bonheur est à portée de main pour qui sait vivre pleinement, c'est-à-dire celui qui sait allumer son feu intérieur et s’ouvrir à la Lumière qu’il porte pour devenir un porteur d’Amour.

Il ne s’agit pas de devenir mièvre, endormi ou allumé mais bien de pouvoir répondre à l’appel ultime, celui du Verbe divin qui retentit en tout endroit, à chaque instant.  Celui qui veut tendre l’oreille dans le silence et plonger son regard dans les profondeurs de son océan intérieur pourra toucher du doigt cet Amour Ineffable que l’Eternel nous offre en permanence, celui-là se rendra compte de l’extraordinaire pouvoir purificateur et transformateur de cette Lumière, il prendre conscience que la Présence est partout en permanence et loin d’être une idée vaine, c’est la plus pure et la plus forte des réalités.

 

Dieu est réellement présent dans notre vie quotidienne, pas comme une idée consolatrice mais comme un être réel, un Etre qui s’incarna et ne quitta plus l’Histoire mais aussi notre histoire personnelle.  Celui qui réussi à tendre la main vers Yechoua, ne sera pas déçu car Il lui enverra alors les Feux de la Pentecôte qui illumineront sa conscience et sa vie, la transformant en Grand Œuvre et l’élevant vers Dieu dans une préfiguration de Vie Eternelle au quotidien.

Par Galahad - Publié dans : Réflexions sur le chemin - Communauté : Religions en toute liberté
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Samedi 2 mai 2009 6 02 /05 /2009 17:44

L’histoire a montré combien l’évolution humaine se fait par paliers, par étapes.  Toutes les civilisations ont connu les fameux cycles de naissance, d’apogée puis de déclin et de mort.  Cette mort fut parfois définitive, parfois elle ne fut que le prologue à une nouvelle naissance, à une résurrection.

 

Tout mouvement qu’il soit politique, religieux ou mystique est soumis à cette loi divine d’impermanence quand bien même il se croirait éternel et au-dehors de cette terrible loi d’évolution.  Freiner des deux pieds ne rend que l’agonie plus douloureuse et limite les chances de revenir à la vie car plutôt que de se construire une chrysalide afin de se protéger et de renaître, on utilise ses dernières énergies à lutter contre l’inévitable.

 

Les Eglises chrétiennes et le christianisme en général ne font pas exception à la règle.  Après deux mille ans d’existence, le christianisme doit, à mon sens, quitter certaines habitudes dépassées afin d’envisager le troisième millénaire de son existence avec la force et la sérénité qu’il convient.

Ainsi, serait-il temps de concéder que si l’Eglise se veut l’épouse du Christ, le réceptacle de l’Esprit, elle est avant tout composée d’hommes qui dans toute l’infaillibilité que le Saint Esprit est censé apporter ont tout de même plongé le monde occidental dans les flammes de l’Inquisition, dans l’abjection de l’anti-sémitisme, dans le sang des croisades, dans les affres de la culpabilisation, dans les chaînes d’un ascétisme doloriste, dans les douleurs des mortifications masochistes et dans la négation pathogène de la sexualité…

Et si les choses ont été mieux vécues au sein de l’Eglise d’Orient, il faudrait tout de même faire preuve d’humilité et bannir toute notion d’infaillibilité et d’inspiration divine au sein des institutions humaines.

Il m’apparaît que l’humanité a besoin de guides spirituels, montrant l’exemple de la compassion, et menant les fidèles vers la voie de la déification individuelle, de la réparation et de la réunion à Dieu et non de législateurs froids se posant en intermédiaire d’un Dieu formaliste, sanguinaire et vengeur.

 

Dans cet ordre d'idée, peut-être serait-il temps de remplacer les gémissements et les culpabilisations morbides par la force sereine donnée par la spiritualité vraie en Christ ? Car une conscience qui repose dans la Lumière est une conscience épanouie.

 

L’Eglise se pose actuellement comme adversaire des pratiques ésotériques fort à la mode ces derniers temps.  Or, lorsqu’on étudie l’histoire du christianisme, on voit qu’il n’en a pas toujours été ainsi.  Que souvent, des hommes de grand esprit au sein de l’institution ecclésiale,  ont pratiqué l’astrologie, la mancie, voire la magie. 

C’est que, loin des horoscopes vulgaires, la vraie astrologie, placée dans un contexte théologique peut être un outil très efficace pour se connaître soi même et prendre conscience de l’union qui existe entre le microcosme et le macrocosme, entre la Terre et l’Univers, entre l’individu et Dieu.  Car si celui-ci est transcendant, il est aussi immanent et toute chose est soumise à Sa volonté.

C’est qu’une mancie, lorsqu’elle est consciemment dirigée vers Dieu est un procédé efficace pour se mettre au diapason de Sa volonté.  Les premiers apôtres le savaient d’ailleurs fort bien et la pratiquèrent lorsqu’il fallut choisir un successeur à Judas : « On proposa alors deux hommes : Joseph, appelé Barsabbas, surnommé aussi Justus, et Matthias. Puis l'assemblée fit cette prière : « Seigneur, toi qui connais le cœur de tous, montre-nous lequel de ces deux tu as choisi pour occuper, dans cette fonction d'apôtre, la place que Judas a quittée pour aller à celle qui lui revient. » Ils tirèrent alors au sort et le sort désigna Matthias, qui fut donc associé aux onze apôtres. » (Actes 1 : 23-26)

Ils auraient tout aussi bien pu tirer les cartes, les runes ou le yi-king.

Quand à la magie qui consiste à appeler les énergies divines afin de se voir réaliser des œuvres diverses, elle est très courante dans le monde chrétien sous forme de thaumaturgie. 

Bref, ce n’est pas les pratiques qui sont critiquables mais la vulgarisation de celles-ci ou leur utilisation à des fins mercantiles ou maléfiques. 

 

Peut-être serait-il également temps de faire la place belle à la sophiologie et de s’ouvrir à la dimension féminine et maternelle de Dieu et de consacrer des femmes prêtres ?

 

Enfin, je suis intimement convaincu de la richesse de la réflexion et de la méthode kabbaliste, racine et origine du christianisme.  La kabbale est le cœur palpitant du monothéisme judéo-chrétien et de la Bible, il serait temps que les chrétiens en prennent conscience afin de développer une kabbale chrétienne digne de ce nom.  Dans le même ordre d'idée, les origines hermétistes et hélléniques (voir l'imaginaire celtique) de la pensée spirituelle occidentale devraient être remises en valeur.

 

Avec ou sans les Eglises, le christianisme doit évoluer afin de pouvoir déployer ses ailes de lumière et s’envoler vers les cieux à venir.  Il faut que le christianisme se retourne sur lui-même et s’intériorise afin de s’élever d’un échelon vers la pleine conscience de l’Etre.  Ce n’est qu’au prix de cette mutation, qu’il pourra abandonner le vêtement du vieil homme et irriguer l’humanité de la Grâce divine.  

Par Galahad - Publié dans : Réflexions sur le chemin - Communauté : Religions en toute liberté
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Samedi 28 février 2009 6 28 /02 /2009 12:05

"On peut trouver des valeurs communes entre les religions comme la compassion ou l'amour.  Mais il y a aussi des différences irréconciliables.  On peut, un temps, cheminer sur deux sentiers à la fois mais tôt ou tard, il faut faire un choix sinon, ce serait comme vouloir mettre une tête de yak sur le corps d'un mouton."

Tenzin Gyatso, XIVe Dalaï-Lama


Lorsqu’on s’éveille à la spiritualité, que la conscience se tend timidement vers la Source ineffable de toutes choses, on cherche à entendre la mélodie céleste et l’on est submergé par la multiplicité des symphonies terrestres.

Lorsqu’on décide de prendre le bâton de pèlerin ou de vêtir l’armure de lumière pour partir en quête du Graal, on est rapidement désorienté par le nombre de chemins qui s’ouvrent à nous.

Souvent, dans un premier temps, la tentation du syncrétisme sera la plus forte.  En effet,  l’intuition soudaine d’une origine et d’un destin spirituel commun à l’ensemble de l’humanité est à ce point enthousiasmant qu’on s’ouvre tout à la fois aux joyaux de la pensée bouddhiste, au parfum subtil du soufisme, à l’enivrante mélodie de l’Inde et à la vivante lumière Christique sans oublier de soulever un minuscule coin du voile kabbalistique… 

Quel plaisir et quelle excitation que de découvrir la richesse de la pensée humaine ! Quelle joie que de voir en l’autre un autre soi-même, de se rendre compte de l’élan commun vers l’Absolu ! Quelle revivification intellectuelle et spirituelle pour l’esprit las des querelles de chapelle, fatigué des fanatiques qui prétendent détenir la seule Vérité, comme si celle-ci pouvait s’enfermer entre les lignes figées d’un catéchisme quelconque !

 

Pourtant, après avoir fait un petit tour du monde spirituel, où l’on aura visité certains monuments incontournables, un vide certain se fera jour dans la conscience du chercheur.  Un vide ? Plutôt un manque.  Certes, entonner un mantra bouddhiste avant de prier Jésus pouvait avoir son charme au début mais après un certain moment, naît le désir d’approfondir, de s’avancer plus loin vers la Lumière.  On ressent alors la nécessité d’une stabilité, d’une fondation de pierre et non de vent, soudain on se rend compte qu’on voudrait une bonne armure d’acier céleste et non d’aluminium.  A un certain moment, le bouillon n’est plus nourrissant, il faut se sustenter de choses plus consistantes.  C’est presque une question d’esthétique, le temple intérieur se doit d’être décoré avec goût et ne pas ressembler à un étal de brocante mélangeant les styles et les époques en un joyeux capharnaüm.

 

C’est en tout cas un impératif de cohérence.  Car l’âme pour progresser dans la jungle cosmique a besoin de cohérence, de structure, de discipline, d’une carte et d’une boussole et ce, surtout si elle veut se débarrasser des dogmes rigides et du « prêt à penser ».  La liberté sans cohérence intérieure n’est qu’un chaos improductif.

 

« Ce qui est cohérent pour l’un ne l’est pas pour l’autre » me dira-t-on. 

Certes, d’où la multiplicité des voies et des chemins et la nécessité de faire preuve de discernement, de séparer le bon grain du grand n’importe quoi.

 

Aujourd’hui, beaucoup d’Occidentaux recherchent leur voie spirituelle et semblent désemparé devant l’apparente absence de celle-ci.  Pourtant elle est là depuis des millénaires.  Contrairement à ce que certains apparatchiks de l’Eglise Catholique ou Evangélique voudraient nous faire croire, rien ne naît jamais de rien.  Des courants divers ont parcouru et construit la spiritualité occidentale en se mêlant harmonieusement.  Le christianisme s’est greffé sur les traditions païennes préexistantes, reprenant ses fêtes principales, son symbolisme, et certains de ses concepts philosophiques.  Loin d’être une Révélation tranchant avec tout le reste, le message et la Lumière Christique devait revivifier ce qui existait précédemment, mettre en relief ce qui devait l’être et détruire les formes usagées de la superstition, de la vendetta et de l’injustice. 

Et bon gré, mal gré c’est ce qui se passa.  La volonté d’obscurantisme inquisitorial, la compréhension doloriste, mortifère et bornée des uns n’a jamais empêché le Christ de donner à boire à ceux qui avaient soif d’une spiritualité saine, équilibrante et constructive.  La Tradition spirituelle d’occident parcouru l’histoire plus ou moins souterrainement. 

 

Mais qu’est ce donc que cette Tradition d’occident ? Un fabuleux fleuve-soleil qui naît de la rencontre de multiples affluents : hermétisme – traditions mystériques païennes – philosophie grecque – souffle celtico-germanique – kabbale – révélation christique et théosophie chrétienne, voire même quelques parfums soufis qui vinrent se greffer aux pratiques mystiques de l’occident via les troubadours d’occitanie.  Voilà la tradition d’occident ! Belle par cette richesse diverse et harmonieuse, magnifique par la foule de symboles qui l’habite, solide par sa cohérence interne et par la profondeur de sa réflexion.

 

« Mais, me dira-t-on, comme elle s’est enrichi de tout ce qui précède, rien n’empêche alors à cette Tradition occidentale de s’enrichir de chose plus lointaine comme les philosophies indiennes ou bouddhistes ? »

Non, rien ne l’empêche.  Sauf qu’il a fallu des siècles pour que chaque ingrédient s’harmonise aux autres.  Des siècles pour que la subtilité de pensée d’un affluent mêle ses eaux à la force du fleuve alors qu’on commence seulement à percevoir la richesse de la pensée indienne ou bouddhiste.  Ces deux philosophies se suffisant d’ailleurs à elles-mêmes, tout comme la tradition occidentale se suffit à elle-même.

 

Tout ceci ne veut, bien sûr, pas dire qu’on ne puisse pas se nourrir aux sources millénaires de l’orient, ni éclairer sa spiritualité à la lumière de concepts autres.  Je suis personnellement un grand admirateur de la pensée et de l’esthétique extrême orientale et indienne.  Après tout, l’Inde est le berceau de notre civilisation. Mais, je suis persuadé qu'il faut être ancré dans une tradition, pour s’ouvrir avec plus de profondeur à celle des autres, et que c’est seulement à ce moment là qu’on peut partager car on a quelque chose à échanger.        
Par Galahad - Publié dans : Réflexions sur le chemin - Communauté : Esotérisme et Spiritualité
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