Symboles Traditionnels

Lundi 7 juin 2010 1 07 /06 /2010 11:14

mem.jpgRepliée sur elle-même, Mem est comme le ventre d’une femme où s’accomplit le miracle de la vie.  L’une des trois lettres mère (avec Alef et Shin), Mem est reliée à l’Eau matricielle et primordiale d’où émergent toutes les formes d’existence.  En son sein, s’accomplissent toutes les transformations dont la plus importante, la naissance et la mort.

Car il ne faut pas oublier que la mort fut vaincue par le Christ, elle n’est donc pas néantisation et disparition mais changement d’état, transformation.

Cette transformation n’advient pas uniquement lorsque le corps physique cesse de respirer mais aussi à chaque instant, lorsqu’on laisse la conscience se remettre en question et par transformation successive, naître à un mode de pensée plus élevé.  Il s’agit, non pas d’un mode de pensée dégagé totalement des contingences matérielles, une sorte de fuite ou de prise de refuge sur un nuage doré, car nous vivons dans ce monde fait de contingence et il faut l'accepter. 

Non, la mort de la conscience quotidienne et sa résurrection dans le monde de l’Esprit n’est pas une fuite comparable à celle que procure la drogue ou l’alcool, l’élévation de la conscience permet, au contraire, de se dégager des superficialités pour allez à l’essentiel, de laisser ce qui nous enclave pour ne vivre que pour ce qui nous libère, de vivre plus pleinement, de regarder ce monde avec plus d’acuité, plus d’Amour, plus de profondeur afin d’y discerner la Lumière qui s’y trouve partout présente.  C’est que Saint Paul voulait dire lorsqu’il disait : « Car si vous vivez de façon charnelle, vous mourrez ; mais si, par l'Esprit, vous faites mourir votre comportement charnel, vous vivrez. » (Rom 8 ; 13)

 

Remise en question permanente pour renaissance permanente, remise en question permanente pour dilater son cœur de manière permanente afin d’y accueillir l’Univers et son Seigneur et devenir à notre tour, source d’Eau Vive et réunir les Eaux d’en haut avec les Eaux d’en bas. 

Car le Royaume est là, présent en nous, présent au cœur de notre inconscient si bien symbolisé par les profondeurs insondables de l’océan.  En nous, en nos eaux secrète également, notre pouvoir de création, de créativité artistique et spirituelle caché au fond de notre être et que l’on découvre en acceptant de mourir à nous-même afin de renaître à Dieu comme le signifie la valeur numérique de la lettre : 40. 

 

Car qu’est ce que les 40 jours du Déluge sinon une purification intérieure avant une renaissance ?  Qu’est ce les 40 jours que Moïse passa sur la montagne sinon la solitude précédent la rencontre avec Dieu ? Qu’est ce les 40 ans de l’Exode sinon l’abandon des illusions avant d’atteindre la Terre Promise ? Qu’est ce les 40 jours du Christ au désert sinon l’abandon total à Celui qui est Tout ?

 

De mort intérieure en mort intérieure, nous abandonnons le grossier, le vulgaire et l’inutile qui obscurcit nos yeux.  Nous mourons à ce qui nous sépare de notre Source Eternelle et nous revêtons peu à peu le manteau de gloire et de pureté.  De mort intérieure en mort intérieure  nous approchons de la transfiguration et de la conscience de la Vie éternelle.  D’abandon en abandon, d’ouverture à Dieu en ouverture à Dieu, nous nous ouvrons à notre Esprit et à la Source de toute inspiration, nous devenons réellement nous-même et marchons consciemment au côté du Christ.

Par Galahad - Publié dans : Symboles Traditionnels - Communauté : Esotérisme et Spiritualité
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Lundi 26 avril 2010 1 26 /04 /2010 14:32

L-homme-dieu.jpgAinsi le Maître parla : « De grandes foules faisaient route avec Jésus ; il se retourna et leur dit : « Si quelqu'un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut être mon disciple. Celui qui ne porte pas sa croix et ne marche pas à ma suite ne peut pas être mon disciple. » (Luc 14 ; 25-27)

 

Qu’implique de prendre sa croix ? Que signifie se sacrifier à soi même, se pendre à l’Arbre de Vie ?   

Soyons clair et ferme : Prendre sa croix, se suspendre à l’arbre de Vie (et de douleur car sur cette Terre en exil, l’un ne va pas sans l’autre) ne signifie pas s’enfermer dans un quelconque comportement doloriste.  Encore moins s’emmurer dans une acceptation apathique et masochiste des épreuves de la vie, subissant l’adversité avec résignation.  De même, la solution de fuite proposée par le bouddhisme prônant une cessation de l’émotion afin de faire taire la souffrance s’apparente plus à un comportement de lassitude que spirituel et n’est aucunement satisfaisante.

 

N’en déplaise aux pleurnicheurs et à ceux qui cachent leur lâcheté sous le voile de la spiritualité, prendre sa croix, se laisser navrer par la lance du destin ou se crucifier est une attitude de bravoure, volontaire et guerrière.

Car se crucifier, c’est prendre les armes contre nos limitations, contre nos faiblesses.  C’est donc se débarrasser de l’orgueil qui nous empêche de cerner les généraux ennemis de l’intérieurs : complexes, faiblesses, carences, déséquilibre, traumatismes inconscients et leurs cohortes malfaisantes : jalousie, haine, méchanceté, culpabilité, auto-sabordage…  Autant de têtes à l’hydre qui nous barre le passage et dont il faut se débarrasser pour libérer la voie nous menant à la renaissance de nous-même.

Pour combattre un ennemi, il faut d’abord le cerner et l’identifier.  Or seul une grande honnêteté intérieure, une grande clairvoyance, bref une grande humilité peut permettre de se voir tel que l’on est, sans faux-semblants.  Celui que l’on crucifie, c’est l’homme de l’illusion, l’homme du mensonge, celui qui dissimule ses tares années après années, couches après couches se cachant sous un masque acceptable socialement mais tendant des embuscades de plus en plus meurtrières à la conscience.

Celui qui est crucifié, c’est donc le « faux moi », le moi limité et égotique qui empêche à la conscience de prendre son véritable envol.  Cet ego, qui n’est pas l’individu mais sa pâle copie, ne va pas mourir sans résister.  Le changement peut donc provoquer une véritable souffrance mais lorsque ce changement est opéré en profondeur, la mort de l’ego survient alors frappé par le dernier coup de lance.  Et à la mort succède la résurrection dans la gloire et la puissance.         

Libéré de ses chaînes, la conscience pousse un cri de victoire, tel l’aigle s’envolant dans la pâle lumière du matin.  S’ouvrant telle une rose à l’aube, l’âme prend conscience de nouvelles sensations, de nouvelles énergies, de nouveaux territoires jusque là inconnus.  Illuminée, elle atteint une nouvelle étape dans son développement.

Débarrassée de ses mesquineries, l’Homme devient le Roi, roi de sa vie, roi de son univers, étoile parmi les étoiles, il prend enfin la place qui l’attend de toute éternité, sur le trône, à la droite du Père.

La Croix ou la branche du pendu n’est pas un instrument de mort, elle est un instrument de Vie où l’on suspend nos chaînes.  « Prendre notre croix » ne signifie pas porter nos souffrances dans un silence mortificatoire mais bien abandonner l’illusion, se préparer à mourir pour renaître et faire jaillir notre lumière intérieure afin qu’elle puisse éclairer les quatre points cardinaux, c'est-à-dire l’Univers entier !

Par Galahad - Publié dans : Symboles Traditionnels - Communauté : Religions en toute liberté
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Partager    
Lundi 19 avril 2010 1 19 /04 /2010 16:47

OdinsInitiationIntoWisdom.jpgL’Europe et la Méditerranée antique et païenne n’ont pas attendu le Christianisme pour faire des découvertes profondes sur l’esprit humain et sur les mondes spirituels.  Les anciens mythes sont autant de symboles enseignant les connaissances sur le Multivers et le monde spirituel.  Signalons au passage qu’on ne peut que regretter que l’Eglise s’est cru obligée, pour s’imposer, de détruire les connaissances des anciens mystères qui avaient le mérite de refléter l’extraordinaire diversité multiverselle.     

Dans la mythologie nordique, le passage du Havamal relatant la quête spirituelle du dieu Odhinn pendu la tête en bas à l’Arbre de Vie, le flanc transpercé d’une lance, exprime parfaitement l’idée véhiculée par la carte du Pendu :

 

«Je sais que je pendis
A l'arbre battu des vents
Neuf nuits pleines,
Navré d'une lance
Et donné à Odin
Moi-même à moi-même donné,
- A cet arbre
Dont nul ne sait
D'où proviennent les racines.

Point de pain ne me remirent
Ni de coupes;
Je scrutai en dessous,
Je ramassai les runes,
Hurlant, les ramassai, De là, retombai.

Neuf chants suprêmes
J'appris du fils renommé
De Bölthorn, père de Bestla,
Et je pus boire
Du précieux hydromel
Puisé dans Odredir.

Alors je me mis à germer
Et à savoir,
A croître et à prospérer,
- De parole à parole
La parole me menait,
D'acte en acte
L'acte me menait. »
  (Havamal 138-141)

 

En se sacrifiant à lui-même, c'est-à-dire en crucifiant son moi inférieur pendant neuf jours et neuf nuits (le 9 est le symbole de la totalité dans la pensée germanico-nordique, être suspendu durant cette période indique une plongée dans le temps total, intégral, c'est-à-dire dans l’Eternité), Odhinn permet à son Moi supérieur, divin d’émerger.  Le héro-dieu découvre les runes, symboles de la connaissance divine et boit de l’hydromel de l’omniscience qui fait de lui un être complet et réalisé.

Le sacrifice d’Odhinn des légendes germanico-nordique est le prototype archétypal du sacrifice qui sera accompli à la face du monde par Dieu Incarné en Jésus-Christ.  Là où le Christ se sacrifie pour accomplir la transformation de toute l’humanité, Odhinn se sacrifie à lui-même pour accomplir sa propre transformation.  Toutefois, en tant que partie du Tout qui se transmute, le dieu borgne participe indirectement à la transformation de l’humanité. 

Par Galahad - Publié dans : Symboles Traditionnels - Communauté : Esotérisme et Spiritualité
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Partager    
Lundi 12 avril 2010 1 12 /04 /2010 16:36

Numeriser0002.jpgLe Pendu est la douzième carte du jeu de tarot.  Situé juste après la moitié, cette lame commence un nouveau cycle après la descente de l’énergie divine dans la matière : celui de la remontée vers la Source.

Aiguillonné par le désir de Dieu (Lamed), l’âme humaine marche vers la theosis, vers sa propre divinisation, penchée au dessus de l’abîme ténébreuse, l’âme inverse sa chute afin de remonter vers la Lumière.  Mais pour se faire, elle doit inverser la valeur car comme l’a dit Saint Paul : « Que personne ne s'abuse : si quelqu'un parmi vous se croit sage à la manière de ce monde, qu'il devienne fou pour être sage ; car la sagesse de ce monde est folie devant Dieu. » (1 Cor 3 : 18-19).

Prenant conscience de l’inanité des valeurs courantes, l’âme se retourne alors sur elle-même et marche les pieds sur le ciel et la tête sur le sol, c'est-à-dire que ce qui la porte désormais ce sont les motivations venues du ciel et non plus celles, vaines, de la terre. 

L’homme pendu à donc la tête sur le sol et les pieds dans les nuages, sa gravitation s’est inversée, il ne vit plus selon les heures de la matière dense, il est devenu un homme spirituel.

Il faut bien comprendre la signification de ceci, l’homme qui répond à l’appel de Dieu perd l’intérêt pour les plaisirs purement fugaces de la vie terrestre.  Non parce qu’il se drape d’une austérité triste, encore moins parce qu’il s’impose quelques tristes mortifications ou qu’il obéit à un quelconque interdit de jouissance mais parce qu’il a goûté à l’eau de la Source, à la Lumière de l’Eternité et qu’à côté tous les autres plaisirs terrestre paraissent bien fade.  Ayant trempé ses lèvres dans le breuvage d’immortalité, celui qui a renversé sa polarité s’est aussi libéré des contingences terrestres qui le retenaient prisonnier.  Ayant soulevé le voile des illusions, il est à même de faire preuve d’un discernement qui le libère des règles et des interdits communs :

 

« Ecoutez-moi : marchez sous l'impulsion de l'Esprit et vous n'accomplirez plus ce que la chair désire. Car la chair, en ses désirs, s'oppose à l'Esprit, et l'Esprit à la chair ; entre eux, c'est l'antagonisme ; aussi ne faites-vous pas ce que vous voulez. Mais si vous êtes conduits par l'Esprit, vous n'êtes plus soumis à la loi. On les connaît, les œuvres de la chair : libertinage, impureté, débauche, idolâtrie, sorcellerie, haines, discorde, jalousie, emportements, rivalités, dissensions, factions, envie, beuveries, ripailles et autres choses semblables ; leurs auteurs, je vous en préviens, comme je l'ai déjà dit, n'hériteront pas du Royaume de Dieu.

Mais voici le fruit de l'Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, douceur, maîtrise de soi ; contre de telles choses, il n'y a pas de loi. Ceux qui sont au Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs. Si nous vivons par l'Esprit, marchons aussi sous l'impulsion de l'Esprit. » (Ga 5 : 19-25)     

 

Pendu par le pied, la tête frôlant le sol, le Pendu n’est plus dans une dynamique où arpentant la Terre et ses épreuves il cherchait le ciel.  Non.  Il est dans la dynamique inverse, arpentant le ciel et ses délices, il apporte la force de transmutation au monde.  Car le Pendu a fait sien les forces de l’univers.  Les 12 branches coupées qui l’entourent en témoignent : 12 branches pour les douze constellations soit la totalité de l’Univers.  12 branches coupées qui en réalité sont devenues le Pendu car le Pendu a fait sien les énergies universelles, il a réalisé la Reliance Universelle entre toutes les composantes du monde visibles et invisibles, il est devenu la personnification du Tout sans être ce Tout à l’identique, c’est l’union sans confusion, il n’est plus car il est devenu « je suis ». 

Par Galahad - Publié dans : Symboles Traditionnels - Communauté : Communauté spirituelle
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Partager    
Lundi 15 mars 2010 1 15 /03 /2010 22:04

Lamed.jpgLamed a la forme d’un aiguillon et tel est ce que cette lettre symbolise.  Pas un aiguillon pour châtier mais un aiguillon pour stimuler.  Pas un aiguillon pour faire mal mais un aiguillon pour déclencher la soif et le désir car c’est le manque qui fait prendre conscience de la valeur de ce qui manque.  Lamed pourrait être vu comme le manque de Dieu menant au désir de Dieu.  C’est parce que Dieu se cache, qu’il n’est pas visible de prime abord que l’homme qui s’éveille à la réalité spirituelle devient un Homme de Désir, Dieu devenant un manque lancinant creusant l’âme comme un calice prêt à Le recevoir.

 

C’est ce désir qui fait dire à David :

« Dieu, c'est toi mon Dieu ! Dès l'aube je te désire ;

mon âme a soif de toi ;

ma chair languit après toi,

dans une terre desséchée, épuisée, sans eau. » (Psaume 63,2)

 

On compare parfois Lamed à une aile.  C’est que l’âme poussée par le désir s’envole vers les hauteurs infinies afin de rejoindre le Bien Aimé, son Créateur.

 

Si la Torah commence par la lettre Beith, elle termine par la lettre Lamed (lettre finale du mot Israel, le dernier de la Torah).  La première lettre (B) et la dernière (L) forme le mot « Bal » qui signifie la fertilité, l’acte créateur.  En effet, la Torah est la loi de Dieu.  Non pas une loi morale, autocratique, arbitraire et superstitieuse mais une loi créatrice qui organise le Chaos primordial.  Ce n’est que grâce à cette force organisatrice que la fertilité et la richesse de Dieu peuvent s’exprimer pleinement dans la sphère matérielle réalisant la devise Ordo ab Chao.  La Torah, de Beith à Lamed, est la descente de l’énergie divine des plus hautes sphères spirituelles (Atziluth) aux plus denses sphères matérielles (Assia). 

La Torah, de Lamed à Beith, est le chemin du retour d’exil, le chemin de la Réintégration.  Or, le mot formé par « L » et « B » est Lèv, le cœur.  La voie du retour est donc la voie du cœur, ce qui est également montré par le fait que Lamed est le milieu de l’alphabet, son cœur palpitant. 

Cette voie cardiaque demande constance, abandon mais aussi sacrifice afin de pouvoir se dépouiller du manteau du vieil homme et atteindre l’équilibre et la paix intérieure.  Dans cet ordre d’idée, Lamed est traditionnellement associé au signe de la balance.

 

L’aiguillon de Lamed stimule la volonté car c’est l’effet structurant et stimulant de la volonté qui va permettre de s’engager sur la voie du retour.  C’est pour cette raison que le sentier de Lamed situé sur l’Arbre de Vie entre H’essed et Tifereth se nomme Sekhel Haratson, la Conscience de Volonté.

 

Soif de Dieu étanchée par l’envol vers Lui, porté par le désir et la volonté.  A mi-chemin, de l’infini, l’Infini vient à nous, faisant jaillir la Source Eternelle au sein de notre âme :

 

« Et Jesus lui répondit :…celui qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura plus jamais soif ; au contraire, l'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source jaillissant en vie éternelle. » (Jean 4, 14)

Par Galahad - Publié dans : Symboles Traditionnels - Communauté : Esotérisme et Spiritualité
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Lundi 22 février 2010 1 22 /02 /2010 17:47

Unicorn.jpg La femme représentée sur la lame de la Force porte un chapeau symbole de l’infini comme en écho à la première lame du Tarot.  Cela signifie qu’elle ne tire pas sa force d’elle-même mais d’une source éternelle plus grande qu’elle-même.

Cette femme est en réalité la Nature.  Non la nature sauvage qui fait régner la loi de la jungle et détruit les inadaptés, mais la Nature non exilée, la Sophia non déchue.  Créée par Dieu mais néanmoins vivante et consciente d’elle-même, la Nature Pure vainc le lion de la violence aveugle.  Cette Nature Eternelle et Vierge est la véritable Harmonie divine, la Shekinah qui fait régner la collaboration, ou la compétition positive entre les éléments de la Création plutôt que la compétition destructrice.  C’est elle, Reine Vierge Cosmique, qui installe l’harmonie entre le corps, l’âme et l’esprit.

 

Cette Reine Cosmique, véritable esprit de Dieu porteuse de l’enfant divin, est « Vierge ».  Il faut insister sur ce qualificatif car, tout comme seule la vierge peut approcher de la licorne, symbole du Christ ou de la plus Grande Lumière, c’est cette virginité, cette pureté intérieure qui est la véritable force.

 

Que veut dire être vierge ? Aucun rapport avec un quelconque statut sexuel ou marital bien sûr, c’est une grande erreur fondamentale que de croire qu’il y a une contradiction entre la sexualité et la gnose, entre une pratique sexuelle équilibrée et la Force Spirituelle.  Non.  La virginité dont il est ici question est la pureté intérieure qui advient après la purification morale.  A nouveau, il ne s’agit pas de se plier à une quelconque moralité venue de l’extérieur, de ployer l’échine devant une normalisation, mais bien de se mettre en harmonie avec la Vraie Morale qui vient de Dieu et qui est Vérité et Amour.  Celui qui est pleinement vrai et dont les actions sont motivées pleinement par l’Amour du prochain, celui-là est juste et droit car la justice vient de la Force.

« Mais que pour nous la force soit la norme de loi, car la faiblesse s'avère inutile. » (Sagesse 2 ;11).

 

L’homme vrai devient un vivant reflet de Dieu.  Alors toutes les adversités, tous les agents d’injustice, toute les ténèbres, s’écartent devant sa numineuse noblesse et se transforme car la Lumière dissipe les ténèbres.  Aussi, il n’y a pas besoin de tuer le lion, tout comme le général en chef des armées angéliques, Michael (Saint Michel) ne tue pas le dragon mais le maîtrise et l’apaise.

Là se trouve, l’une des clés du Gand Œuvre : la transformation.  Par ce travail de purification, véritable raison d’être de l’Homme, nous devenons plus fort, nous nous rapprochons de Dieu et ce faisant, nous purifions et entraînons toute la Création avec nous. 

 

En cultivant le regard humble, c'est-à-dire le regard de vérité, en faisant grandir l’amour des autres et l’amour de Dieu, en appelant l’aide du Créateur et en participant à l’action de la Nature sacrée et non déchue, nous crucifions notre « moi » imparfait.  Ce faisant, nous nous transmutons, nous devenons réellement puissant, armé de la Force Vraie qui est toujours le prolongement de l’Amour et de la Vie divine.

Par Galahad - Publié dans : Symboles Traditionnels - Communauté : Religions en toute liberté
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Lundi 15 février 2010 1 15 /02 /2010 19:21

La-Force.jpgUne femme, d’un calme olympien maîtrise un lion qu’on devine déchaîné.  Vraisemblablement, la dame n’a aucun mal à venir à bout de l’animal furieux.  Qui est cette femme incarnant la Force dans toute sa majesté ? Et qu’est ce que la Force ?

 

Il existe deux types de force : la force illusoire, orgueilleuse et celle représentée par cette carte qui est la Force vraie, invincible.

 

La première, la force orgueilleuse est celle contre laquelle bon nombre de sages nous ont mis en garde, et ce d’une manière parfois très véhémente : Gardez-vous de l’orgueil et de l’égoïsme, sans quoi vous êtes perdus.  Rappelez-vous que vous n’êtes rien, que vous ne pouvez rien, que vous êtes moins que les autres, disait le maître Philippe de Lyon.

Et de fait, l’orgueil et l’égoïsme sont les parents de tous les vices mais aussi de véritables freins à l’illumination spirituelle.  La force illusoire est la force bêtement coercitive, qui domine avec destruction, qui écrase gratuitement, par plaisir pervers.  Qui n’a jamais rencontré de brute sans cervelle terrorisant les frêles premiers de classe dans la cour de récréation ou dans ces arènes modernes que sont les bureaux d’entreprise ? Et qui n’a jamais rencontré de ces personnes dont la fatuité n’a souvent d’égale que l’hypocrisie et la superficialité ?  Ecrasant tout sur leur passage, ces personnes arrivent parfois à de très hauts postes dans la société des hommes.  Elles se croient alors au sommet de leur force et ce sentiment ne fait qu’accentuer leur orgueil et les emmurer encore un peu plus dans une vision du monde dont elles sont le centre absolu.  Comme un mur qui se referme sur lui-même, marquant le commencement de leur propre néant, les égoïstes finissent par se fermer complètement à toute forme d’empathie et lorsqu’ils leur arrivent de participer à une œuvre quelconque de charité, c’est encore pour renforcer l’opinion extrêmement haute qu’ils ont d’eux-mêmes.  Ces personnes se croient fortes.  Pourtant elles sont d’une faiblesse totale.  Enfermées dans une vision fabriquée et fausse d’elle-même, devenues incapables de se remettre en question et d’évoluer, elles sont désormais prisonnières d’un ego cristallisé.  Et derrière les murs de cette prison intérieure et dorée, plus aucun rayon de soleil divin ne vient éclairer leur âme, leur cœur est devenu de pierre.  Cette fausse force, cette force d’apparence mais qui n’est en réalité que la dureté de l’égoïsme est, en vérité, une faiblesse majeure, un handicap profond sur le chemin de l’évolution spirituelle car elle enferme plutôt qu’elle libère, car elle est le signe d’un manque de force vraie.

 

La Force Vraie est bien une qualité nécessaire à acquérir sur le chemin de l’éveil spirituel.

La Force est tellement importante que la lame du tarot qui la représente est la onzième et ouvre de ce fait un nouveau cycle. 

La Force Vraie est indissociable de l’humilité, qui est « regard vrai posé sur soi et le monde ».  En effet, la Force est avant tout la capacité à évoluer, la capacité à cheminer vers Dieu, à marcher sur le chemin.  Or, pour se faire, pour pouvoir lancer la dynamique d’évolution animique, il faut se voir tel que l’on est, il faut avoir la Force de porter sur soi un regard perçant, sans sévérité outrancière mais aussi sans concession aucune.  En portant ce regard sur soi, on prend conscience, sans peur ni culpabilisation de nos scories.  Première étape de l’alchimie spirituelle qui purifiera notre âme la faisant devenir pareille à du cristal reflétant les rayons du soleil divin.

Ensuite, quittant notre point de vue étriqué, voyant l’Univers comme il est réellement, nous prenons conscience de notre condition humaine et, mesurant l’immensité infinie qui nous sépare de Dieu, nous ne pouvons pas faire autrement que de Lui tendre la main et de l’appeler à notre secours.  Cet appel, venu du tréfonds de l’âme, est la condition essentielle pour notre réintégration au sein de la Divinité.  Car Dieu, Amour absolu, y répondra toujours, jetant des arcs-en-ciel et nous faisant franchir l’abîme qui nous sépare du Royaume des Cieux.  Ce n’est qu’à cet instant de notre évolution que notre véritable nature se révèle dans sa splendeur. (à suivre…)

Par Galahad - Publié dans : Symboles Traditionnels - Communauté : Religions en toute liberté
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Lundi 25 janvier 2010 1 25 /01 /2010 16:14

Laughing_angel_Reims.jpgLe regret et la mélancolie de notre patrie céleste d’origine peut-être la source d’une recherche intérieure, d’un élan romantique, poétique et spirituelle, dans ce mouvement de l’âme que les orthodoxes appellent la Triste Joie.

Par contre, la nostalgie excessive et le regret pathologique de ce que nous avons perdu, nous empêche de nous focaliser sur l’essentiel : la reconquête de notre statut royal.  Par de vaines pleurnicheries, nous nous perdons dans des culpabilisations stériles, dans des lamentations infantiles alors que la reconquête de la splendeur de l’humanité perdue demande précisément courage et joie de vivre, rire et chansons.  Non pas joie superficielle ou hypocrite mais joie de Vie profonde et sincère, à même de transmuter le plomb en or, la boue en lumière.

Pour vaincre les difficultés de ce monde, il faut devenir petit disait le Maître : "Si vous ne redevenez pareils à de petits enfants, vous n’entrerez pas au Royaume des Cieux."  (Mt 18.3-4)

Être petit, n’est pas être faible ou pleurnicheur, « être petit » c’est être émerveillé, aussi joyeux et enthousiaste que lorsque nous étions enfants.

L’humour frais, subtil, sincère et juste est l’arme la plus sûre pour désarmer l’Adversaire, pour trancher les illusions du monde phénoménal et les faux semblants de l’existence.  L’humour permet de ne pas se prendre au sérieux et de dégonfler cet ego si prompt à s’enfler et à nous jeter sur la pente glissante de l’égotisme et de l’égocentrisme.  L’humour est la voie la plus sage pour atteindre ce sain détachement qui mène plus sûrement au Ciel que tous les battements de coulpe.  Loin de se complaire dans une nostalgie, une douleur surfaite et un esprit d’écorché vif, on apprend à rire de soi et du monde avec amour et compassion.

Arnaud Desjardins l’exprimait parfaitement : « Ah oui, il importe de ne pas s’y tromper. Le Sage est à la fois non impliqué et en communion. Cela n’a rien à voir avec la dérision amère, le cynisme ou la fausse gaieté de celui qui, ne se sentant pas assuré, tente ainsi de masquer son malaise. Le vrai rire, le rire pur, le rire d’enfant, va commencer avec la pleine acceptation de nos propres erreurs et de notre propre stupidité. Ce rire là, qui est compassion, ne s’avère juste que s’il procède d’abord de notre regard sur nous-même, et non pas sur les autres. Plus l’on va vers le détachement plus l’on acquiert cette aptitude à rire de soi-même, sans jugement, d’un rire vraiment heureux et unifié, loin de tout ricanement.  Bien entendu ! Si vous êtes capable d’avoir cette attitude joyeuse, d’être à l’aise, vous êtes alors en mesure de prendre profondément conscience de la gravité de la vie et de la réalité de la souffrance, puisque vous ne vous protégez plus. Il y a, dans la peinture japonaise, un personnage de Sage qui a franchement l’air de ce que nous appelons en français un imbécile heureux : un quidam au visage hilare, éclatant d’un rire hébété parce qu’il a péché une écrevisse ou pris un tigre pour oreiller ; ainsi, l’art japonais présente souvent le Sage sous une apparence qui, pour l’Occidental moyen est tout bonnement celle d’un crétin ! Selon moi, en tout cas - mais c’est là le fruit de trente ans de recherche et de doutes - mieux vaut être imbécile et heureux qu’intelligent et malheureux...  Encore une fois, tout a commencé pour moi lorsque j’ai pu de bon coeur sourire, même pas de moi, mais d’un personnage intitulé Arnaud Desjardins : un sourire non identifié et totalement compatissant. Charité bien ordonnée commence par soi-même. Voilà la graine du véritable humour. »

Par Galahad - Publié dans : Symboles Traditionnels - Communauté : Communauté spirituelle
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Samedi 16 janvier 2010 6 16 /01 /2010 17:45

Kaph.jpgToutes les religions ont pressenti le caractère transitoire de ce monde, toutes ont également compris que l’homme possédait en lui, une part d’éternité.  Dès lors que la simple observation nous indique que nous vivons dans un monde soumis à la mort et à l’entropie, comment concilier ces deux observations ? Autrement dit comment comprendre que nous sommes à la fois partie prenante dans l’Eternité et soumis à la maladie, à la déchéance et à la mort.  Les religions répondent différemment à cette question mais toutes insistent sur la possibilité pour l’homme de (re)trouver sa condition numineuse, soit en transcendant complètement le monde, soit en se transfigurant par l’union sans confusion avec le Créateur.

 

Promis à retrouver notre situation d’origine, nous vivons dans un monde de combat, de maladie, de vieillesse et d’affrontement.  Pour celui qui a vu ou pressentit l’autre côté du miroir, il y a deux manières de réagir.  Soit, on geint, on pleure sur ce qu’on a perdu.  Soit, on se réjouit de notre origine et de ce qui nous attend.

Certains auteurs mesurèrent l’abîme séparant l’homme accomplit de l’homme actuel et vécurent très mal la comparaison.  Citons par exemple Saint Martin qui nous donne un portrait cru et sans concessions de l’Homme terrestre :

« Comment pourrions-nous cesser de nourrir en nous 1'esprit de douleur; ou plutôt la douleur de l'esprit quand nous considérons la voie temporelle et spirituelle de l'homme sur la terre ? L'homme est conçu non seulement dans le péché, comme le disait David de lui-même, mais il est encore conçu par le péché, vu les ténébreuses iniquités de ceux qui l'engendrent. Ces ténébreuses iniquités vont influer sur lui corporellement, et spirituellement jusqu'à sa naissance. Il naît; il va recevoir intérieurement le lait taché de ces mêmes iniquités, et extérieurement mille traitements maladroits qui vont déformer son corps avant même qu'il soit formé; des conceptions dépravées, des langues fausses et corrompues vont  assaillir toutes ses facultés, et les épier au passage pour les infecter dès qu'ïl les manifestera par le moindre de ses organes.

Ainsi vicié dans son corps et dans son esprit avant même d’en avoir l'usage, il va entrer sous la fausse administration de ceux et celles qui l'environnent dans son premier âge, qui sèmeront en abondance des germes empoisonnés dans cette terre déjà empoisonnée elle-même, et s'applaudiront de lui voir produire des, fruits analogues à cette atmosphère désordonnée qui  est devenue leur élément naturel.

La jeunesse, l'âge viril ne vont être qu'un développement successif de tous ces germes. Un régime physique, presque toujours contraire à la nature, va continuer de presser à contresens le principe de sa vie. Un régime moral destructif' de toute morale va nuire encore plus à son élite intérieur; et le dévier tellement hors de sa ligne, qu'il ne croira plus même qu'il en existe une pour lui,- des doctrines de tout genre vont repousser son esprit par leur contrariété ou ne l'asservir qu'en le trompant ; des occupations illusoires vont absorber tous ses moments, et lui voiler sans cesse sa véritable occupation. C’'est ainsi qu'au terme d'une tempête perpétuelle, il arrive au terme de sa vie; et là pour achever de mettre le sceau sur le décret qui l’a condamné à venir dans cette vallée de larmes, l 'on tourmente son corps par les procédés une médecine ignorante, et ,son esprit par des consolations maladroites, tandis que dans ces moments périlleux cet esprit ne cherche qu'à entrer dans sa voie et éprouve peut-être en secret toute la douleur de s'en voir écarté. Quand on pense que nous sommes tous composés de ces mêmes éléments, dirigés  par ces mêmes lois, alimentés par ces mêmes désordres, et ces mêmes erreurs, que nous sommes tous immolés par ces mêmes tvrans, et que nous immolons nos semblables à notre tour par ces mêmes armes empoisonnées,-quand enfin on pense que telle est l'atmosphère qui nous enveloppe et nous pénètre, on craint de respirer, on craint de se regarder; on craint de se remuer et de se sentir. » (Le Nouvel homme, § 9.) »

 

Bien sûr, on peut supposer que si le Philosophe Inconnu force le trait, c’est pour mieux détourner les hommes de son temps de la superficialité de la vie mondaine et attirer l’attention sur le chemin à parcourir et le peu de temps que nous avons.

 

Néanmoins, on ne peut Aimer si on ne s’aime pas, qu’on ne peut éprouver la Charité universelle que si l’on peut voir l’étincelle de Beauté qui se trouve en chacun, même si celle-ci est noyée dans un océan de faiblesses, de défauts et de complexes.

Car s’il faut vaincre l’égoïsme, l’orgueil, le mensonge et tous les maux qui afflige la Terre, il faut sans doute aussi vaincre le pessimisme et le désespoir.  En effet, comment espère-t-on faire jaillir l’étincelle de Lumière si tout est trempé de larmes ? Comment espère-t-on éclairer le monde si l’on rajoute aux ténèbres ? Il ne s’agit pas d’avoir un regard niais sur les choses et d’ignorer la souffrance mais de ne pas céder devant elle.  Il faut plier comme le roseau face à l’adversité, plier pour ne pas se laisser submerger, plier pour aller puiser la joie afin de mieux vaincre les épreuves, plier afin de n’être pas arraché, afin de n’être pas brisé, afin de pouvoir renaître.

La forme de l’arcane Kaph montre bien cette idée, car il est dit de cette lettre « Ses ennemis ne peuvent le dominer, ils ne peuvent lui faire aucun mal, et en définitive, sont entièrement soumis à lui.  Il est sous le signe de la lettre Kaph… » (Sepher haZohar ; 2 :73b) 

Par Galahad - Publié dans : Symboles Traditionnels - Communauté : COEUR DE LUMIERE
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Vendredi 11 décembre 2009 5 11 /12 /2009 15:28

RoueLa roue de la fortune tourne dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, sens de rotation de la Terre.

 

A gauche, une sorte de démon bestial (un singe dans le Tarot de Marseille) semble chuter, tandis qu’à droite un dieu semblable à Thot (un chien dans le Tarot de Marseille) s’élève vers un sphinx qui se situe, bien stable, sur un plateau au sommet de la roue.

La roue, c’est le temps et le monde.  La roue, c’est l’univers matériel dans lequel l’âme humaine a chuté et qui est lui-même en exil, loin de Dieu.

Le démon représente le mystère de cette chute et ses conséquences : l’être humain (ainsi que l’Univers tout entier) est désormais soumis au temps, à la souffrance, à la maladie, à la mort apparente et à l’illusion des sens de chair.  Etrange mystère de l’Univers conservant en son sein l’étincelle de son origine divine mais déchiré par la loi d’entropie, écrasé par la limitation de sa condition !

 

Face à ce monde où tout est vain, où tout est douleur… Face à ce monde si opposé à l’Eternité de notre nature profonde, on peut, au risque de caricaturer, dégager cinq attitudes spirituelles possibles : l’indifférence, la résignation, le détachement, l’ivresse ou la transmutation.  Bien sûr, au cours de la vie, on passera souvent d’une attitude à l’autre, parfois même sans s’en rendre compte.

 

1) L’indifférence est l’attitude la plus commune.  Elle est souvent le produit de l’athéisme mais peut être aussi le fait de croyants à l’ego surdéveloppé ou de personne à la doctrine vague et superficielle.  L’indifférence consiste à fermer les yeux, à ignorer ou à vouloir ignorer la roue sur laquelle on se trouve.  L’indifférence caractérise bien notre civilisation occidentale qu’un sociologue pertinent à qualifié de civilisation du « bof ».  Elle a souvent comme corollaire le relativisme : la Vérité n’existe pas (même en tant que concept métaphysique), le bien et le mal n’existent pas, on ne s’engage pour rien, rien ne vaut la peine d’être milité, plus aucune cause ou idéal ne subsiste.  C’est aussi le tout tolérant, l’égalitarisation de toutes les religions, de toutes les philosophies, tout se vaut sans esprit critique aucun, sans hiérarchisation des valeurs.  Une civilisation basée sur ces valeurs est une civilisation qui aspire à exister sur une roue statique, une roue qui ne tourne plus, c’est une attitude profondément autodestructrice car le statisme l’est toujours.   

 

2) La résignation est celle des âmes guettée par l’acédie, cette étrange maladie spirituelle dont les symptômes sont aussi variés que terrible : cynisme, déprime, spleen, paresse ou hyper activité.  L’âme perd de vue son but sur Terre, ne percevant plus la Lumière, elle est engloutie par la ténèbre, elle ne voit plus que l’absurde de l’existence qui pèse sur elle comme une chape de plomb.  Cette état d’être est considéré comme pêché mortel par la théologie catholique.  En effet, pêcher signifie « manquer sa cible », sous entendu « manquer sa raison d’être », or la raison d’être de l’Homme, c’est rejoindre sa propre nature, c’est à dire Dieu.  En se laissant aller à la résignation, on devient comme le Roi Salomon à la fin de sa vie : aigri, amer, tellement amer que même le goût de Dieu devient insignifiant, sans intérêt. 

 

3) Le détachement est la troisième attitude dans ce monde en exil.  Elle est celle de Siddhârta Bouddha et de ses disciples.  Nier l’illusion, nier la pensée, sortir de maya et du monde, briser le cercle infernal des réincarnations impersonnelles.  Le bouddhiste compte sur ses propres forces afin de se parfaire et atteindre le Nirvana, état ultime du non-être.

 

4) L’ivresse est l’attitude de celui qui décide de se marier au démon, il fait sien tout les travers de ce monde, y prenant appui afin de se conquérir un royaume.  Désir de puissance, exacerbation de l’ego au détriment d’autrui, mépris du monde, utilisation des autres,… Ivre de puissance, ivre de son ego, celui qui choisi cette voie n’avance pas vers la Lumière de la Theosis mais vers l’éclat malsain du surhomme nietzschéen le menant le plus souvent vers sa destruction vers celle de ceux qui l’entourent.

 

5) La transmutation est l’attitude alchimique proposée par le christianisme en général et par l’ésotérisme chrétien en particulier.  Celui qui marche sur ce chemin, n’est pas seul.  Dieu l’accompagne à chaque instant, transformant progressivement, par Grâce, ses vices en vertus, ses faiblesses en forces.  Se présentant devant Dieu avec humilité, c'est-à-dire avec vérité (notion rappelée par la lettre Yod associée à cette lame), l’être se place d’emblée sur le côté ascendant de la roue.  Se faisant, il sait qu’il ne parviendra pas à gravir les rayons seuls, car « avec vérité » il a vu que sa puissance n’était rien comparée à celle de Dieu, rien comparée à l’état d’avant la Chute.  Or, c’est justement cette prise de conscience qui lui donne la force de s’accrocher à la roue qui, poussée par Dieu, entame sa montée vers le sphinx.  Ce sphinx est l’Etre transmuté, l’Etre déifié qui a pu rassembler ce qui est épars en lui.  Car nous sommes tous constitués de plusieurs personnalités, de plusieurs tendances qu’il est souvent difficile de rassembler de façon homogène. Parce qu’il est à la fois Lion, Aigle, Taureau et Homme, le Sphinx est celui qui a pu faire Un de la multiplicité et se faisant, il se trouve lui-même et en se trouvant lui-même, profondément, essentiellement, il trouve Dieu.  Seul et unique but de l’Humanité.             

Par Galahad - Publié dans : Symboles Traditionnels - Communauté : Franc-Maçonnerie&Spiritualité
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Septembre 2010
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30      
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés