Symboles Traditionnels

Lundi 15 mars 2010 1 15 /03 /2010 22:04

Lamed.jpgLamed a la forme d’un aiguillon et tel est ce que cette lettre symbolise.  Pas un aiguillon pour châtier mais un aiguillon pour stimuler.  Pas un aiguillon pour faire mal mais un aiguillon pour déclencher la soif et le désir car c’est le manque qui fait prendre conscience de la valeur de ce qui manque.  Lamed pourrait être vu comme le manque de Dieu menant au désir de Dieu.  C’est parce que Dieu se cache, qu’il n’est pas visible de prime abord que l’homme qui s’éveille à la réalité spirituelle devient un Homme de Désir, Dieu devenant un manque lancinant creusant l’âme comme un calice prêt à Le recevoir.

 

C’est ce désir qui fait dire à David :

« Dieu, c'est toi mon Dieu ! Dès l'aube je te désire ;

mon âme a soif de toi ;

ma chair languit après toi,

dans une terre desséchée, épuisée, sans eau. » (Psaume 63,2)

 

On compare parfois Lamed à une aile.  C’est que l’âme poussée par le désir s’envole vers les hauteurs infinies afin de rejoindre le Bien Aimé, son Créateur.

 

Si la Torah commence par la lettre Beith, elle termine par la lettre Lamed (lettre finale du mot Israel, le dernier de la Torah).  La première lettre (B) et la dernière (L) forme le mot « Bal » qui signifie la fertilité, l’acte créateur.  En effet, la Torah est la loi de Dieu.  Non pas une loi morale, autocratique, arbitraire et superstitieuse mais une loi créatrice qui organise le Chaos primordial.  Ce n’est que grâce à cette force organisatrice que la fertilité et la richesse de Dieu peuvent s’exprimer pleinement dans la sphère matérielle réalisant la devise Ordo ab Chao.  La Torah, de Beith à Lamed, est la descente de l’énergie divine des plus hautes sphères spirituelles (Atziluth) aux plus denses sphères matérielles (Assia). 

La Torah, de Lamed à Beith, est le chemin du retour d’exil, le chemin de la Réintégration.  Or, le mot formé par « L » et « B » est Lèv, le cœur.  La voie du retour est donc la voie du cœur, ce qui est également montré par le fait que Lamed est le milieu de l’alphabet, son cœur palpitant. 

Cette voie cardiaque demande constance, abandon mais aussi sacrifice afin de pouvoir se dépouiller du manteau du vieil homme et atteindre l’équilibre et la paix intérieure.  Dans cet ordre d’idée, Lamed est traditionnellement associé au signe de la balance.

 

L’aiguillon de Lamed stimule la volonté car c’est l’effet structurant et stimulant de la volonté qui va permettre de s’engager sur la voie du retour.  C’est pour cette raison que le sentier de Lamed situé sur l’Arbre de Vie entre H’essed et Tifereth se nomme Sekhel Haratson, la Conscience de Volonté.

 

Soif de Dieu étanchée par l’envol vers Lui, porté par le désir et la volonté.  A mi-chemin, de l’infini, l’Infini vient à nous, faisant jaillir la Source Eternelle au sein de notre âme :

 

« Et Jesus lui répondit :…celui qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura plus jamais soif ; au contraire, l'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source jaillissant en vie éternelle. » (Jean 4, 14)

Par Galahad - Publié dans : Symboles Traditionnels - Communauté : Esotérisme et Spiritualité
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Lundi 22 février 2010 1 22 /02 /2010 17:47

Unicorn.jpg La femme représentée sur la lame de la Force porte un chapeau symbole de l’infini comme en écho à la première lame du Tarot.  Cela signifie qu’elle ne tire pas sa force d’elle-même mais d’une source éternelle plus grande qu’elle-même.

Cette femme est en réalité la Nature.  Non la nature sauvage qui fait régner la loi de la jungle et détruit les inadaptés, mais la Nature non exilée, la Sophia non déchue.  Créée par Dieu mais néanmoins vivante et consciente d’elle-même, la Nature Pure vainc le lion de la violence aveugle.  Cette Nature Eternelle et Vierge est la véritable Harmonie divine, la Shekinah qui fait régner la collaboration, ou la compétition positive entre les éléments de la Création plutôt que la compétition destructrice.  C’est elle, Reine Vierge Cosmique, qui installe l’harmonie entre le corps, l’âme et l’esprit.

 

Cette Reine Cosmique, véritable esprit de Dieu porteuse de l’enfant divin, est « Vierge ».  Il faut insister sur ce qualificatif car, tout comme seule la vierge peut approcher de la licorne, symbole du Christ ou de la plus Grande Lumière, c’est cette virginité, cette pureté intérieure qui est la véritable force.

 

Que veut dire être vierge ? Aucun rapport avec un quelconque statut sexuel ou marital bien sûr, c’est une grande erreur fondamentale que de croire qu’il y a une contradiction entre la sexualité et la gnose, entre une pratique sexuelle équilibrée et la Force Spirituelle.  Non.  La virginité dont il est ici question est la pureté intérieure qui advient après la purification morale.  A nouveau, il ne s’agit pas de se plier à une quelconque moralité venue de l’extérieur, de ployer l’échine devant une normalisation, mais bien de se mettre en harmonie avec la Vraie Morale qui vient de Dieu et qui est Vérité et Amour.  Celui qui est pleinement vrai et dont les actions sont motivées pleinement par l’Amour du prochain, celui-là est juste et droit car la justice vient de la Force.

« Mais que pour nous la force soit la norme de loi, car la faiblesse s'avère inutile. » (Sagesse 2 ;11).

 

L’homme vrai devient un vivant reflet de Dieu.  Alors toutes les adversités, tous les agents d’injustice, toute les ténèbres, s’écartent devant sa numineuse noblesse et se transforme car la Lumière dissipe les ténèbres.  Aussi, il n’y a pas besoin de tuer le lion, tout comme le général en chef des armées angéliques, Michael (Saint Michel) ne tue pas le dragon mais le maîtrise et l’apaise.

Là se trouve, l’une des clés du Gand Œuvre : la transformation.  Par ce travail de purification, véritable raison d’être de l’Homme, nous devenons plus fort, nous nous rapprochons de Dieu et ce faisant, nous purifions et entraînons toute la Création avec nous. 

 

En cultivant le regard humble, c'est-à-dire le regard de vérité, en faisant grandir l’amour des autres et l’amour de Dieu, en appelant l’aide du Créateur et en participant à l’action de la Nature sacrée et non déchue, nous crucifions notre « moi » imparfait.  Ce faisant, nous nous transmutons, nous devenons réellement puissant, armé de la Force Vraie qui est toujours le prolongement de l’Amour et de la Vie divine.

Par Galahad - Publié dans : Symboles Traditionnels - Communauté : Religions en toute liberté
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Lundi 15 février 2010 1 15 /02 /2010 19:21

La-Force.jpgUne femme, d’un calme olympien maîtrise un lion qu’on devine déchaîné.  Vraisemblablement, la dame n’a aucun mal à venir à bout de l’animal furieux.  Qui est cette femme incarnant la Force dans toute sa majesté ? Et qu’est ce que la Force ?

 

Il existe deux types de force : la force illusoire, orgueilleuse et celle représentée par cette carte qui est la Force vraie, invincible.

 

La première, la force orgueilleuse est celle contre laquelle bon nombre de sages nous ont mis en garde, et ce d’une manière parfois très véhémente : Gardez-vous de l’orgueil et de l’égoïsme, sans quoi vous êtes perdus.  Rappelez-vous que vous n’êtes rien, que vous ne pouvez rien, que vous êtes moins que les autres, disait le maître Philippe de Lyon.

Et de fait, l’orgueil et l’égoïsme sont les parents de tous les vices mais aussi de véritables freins à l’illumination spirituelle.  La force illusoire est la force bêtement coercitive, qui domine avec destruction, qui écrase gratuitement, par plaisir pervers.  Qui n’a jamais rencontré de brute sans cervelle terrorisant les frêles premiers de classe dans la cour de récréation ou dans ces arènes modernes que sont les bureaux d’entreprise ? Et qui n’a jamais rencontré de ces personnes dont la fatuité n’a souvent d’égale que l’hypocrisie et la superficialité ?  Ecrasant tout sur leur passage, ces personnes arrivent parfois à de très hauts postes dans la société des hommes.  Elles se croient alors au sommet de leur force et ce sentiment ne fait qu’accentuer leur orgueil et les emmurer encore un peu plus dans une vision du monde dont elles sont le centre absolu.  Comme un mur qui se referme sur lui-même, marquant le commencement de leur propre néant, les égoïstes finissent par se fermer complètement à toute forme d’empathie et lorsqu’ils leur arrivent de participer à une œuvre quelconque de charité, c’est encore pour renforcer l’opinion extrêmement haute qu’ils ont d’eux-mêmes.  Ces personnes se croient fortes.  Pourtant elles sont d’une faiblesse totale.  Enfermées dans une vision fabriquée et fausse d’elle-même, devenues incapables de se remettre en question et d’évoluer, elles sont désormais prisonnières d’un ego cristallisé.  Et derrière les murs de cette prison intérieure et dorée, plus aucun rayon de soleil divin ne vient éclairer leur âme, leur cœur est devenu de pierre.  Cette fausse force, cette force d’apparence mais qui n’est en réalité que la dureté de l’égoïsme est, en vérité, une faiblesse majeure, un handicap profond sur le chemin de l’évolution spirituelle car elle enferme plutôt qu’elle libère, car elle est le signe d’un manque de force vraie.

 

La Force Vraie est bien une qualité nécessaire à acquérir sur le chemin de l’éveil spirituel.

La Force est tellement importante que la lame du tarot qui la représente est la onzième et ouvre de ce fait un nouveau cycle. 

La Force Vraie est indissociable de l’humilité, qui est « regard vrai posé sur soi et le monde ».  En effet, la Force est avant tout la capacité à évoluer, la capacité à cheminer vers Dieu, à marcher sur le chemin.  Or, pour se faire, pour pouvoir lancer la dynamique d’évolution animique, il faut se voir tel que l’on est, il faut avoir la Force de porter sur soi un regard perçant, sans sévérité outrancière mais aussi sans concession aucune.  En portant ce regard sur soi, on prend conscience, sans peur ni culpabilisation de nos scories.  Première étape de l’alchimie spirituelle qui purifiera notre âme la faisant devenir pareille à du cristal reflétant les rayons du soleil divin.

Ensuite, quittant notre point de vue étriqué, voyant l’Univers comme il est réellement, nous prenons conscience de notre condition humaine et, mesurant l’immensité infinie qui nous sépare de Dieu, nous ne pouvons pas faire autrement que de Lui tendre la main et de l’appeler à notre secours.  Cet appel, venu du tréfonds de l’âme, est la condition essentielle pour notre réintégration au sein de la Divinité.  Car Dieu, Amour absolu, y répondra toujours, jetant des arcs-en-ciel et nous faisant franchir l’abîme qui nous sépare du Royaume des Cieux.  Ce n’est qu’à cet instant de notre évolution que notre véritable nature se révèle dans sa splendeur. (à suivre…)

Par Galahad - Publié dans : Symboles Traditionnels - Communauté : Religions en toute liberté
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Lundi 25 janvier 2010 1 25 /01 /2010 16:14

Laughing_angel_Reims.jpgLe regret et la mélancolie de notre patrie céleste d’origine peut-être la source d’une recherche intérieure, d’un élan romantique, poétique et spirituelle, dans ce mouvement de l’âme que les orthodoxes appellent la Triste Joie.

Par contre, la nostalgie excessive et le regret pathologique de ce que nous avons perdu, nous empêche de nous focaliser sur l’essentiel : la reconquête de notre statut royal.  Par de vaines pleurnicheries, nous nous perdons dans des culpabilisations stériles, dans des lamentations infantiles alors que la reconquête de la splendeur de l’humanité perdue demande précisément courage et joie de vivre, rire et chansons.  Non pas joie superficielle ou hypocrite mais joie de Vie profonde et sincère, à même de transmuter le plomb en or, la boue en lumière.

Pour vaincre les difficultés de ce monde, il faut devenir petit disait le Maître : "Si vous ne redevenez pareils à de petits enfants, vous n’entrerez pas au Royaume des Cieux."  (Mt 18.3-4)

Être petit, n’est pas être faible ou pleurnicheur, « être petit » c’est être émerveillé, aussi joyeux et enthousiaste que lorsque nous étions enfants.

L’humour frais, subtil, sincère et juste est l’arme la plus sûre pour désarmer l’Adversaire, pour trancher les illusions du monde phénoménal et les faux semblants de l’existence.  L’humour permet de ne pas se prendre au sérieux et de dégonfler cet ego si prompt à s’enfler et à nous jeter sur la pente glissante de l’égotisme et de l’égocentrisme.  L’humour est la voie la plus sage pour atteindre ce sain détachement qui mène plus sûrement au Ciel que tous les battements de coulpe.  Loin de se complaire dans une nostalgie, une douleur surfaite et un esprit d’écorché vif, on apprend à rire de soi et du monde avec amour et compassion.

Arnaud Desjardins l’exprimait parfaitement : « Ah oui, il importe de ne pas s’y tromper. Le Sage est à la fois non impliqué et en communion. Cela n’a rien à voir avec la dérision amère, le cynisme ou la fausse gaieté de celui qui, ne se sentant pas assuré, tente ainsi de masquer son malaise. Le vrai rire, le rire pur, le rire d’enfant, va commencer avec la pleine acceptation de nos propres erreurs et de notre propre stupidité. Ce rire là, qui est compassion, ne s’avère juste que s’il procède d’abord de notre regard sur nous-même, et non pas sur les autres. Plus l’on va vers le détachement plus l’on acquiert cette aptitude à rire de soi-même, sans jugement, d’un rire vraiment heureux et unifié, loin de tout ricanement.  Bien entendu ! Si vous êtes capable d’avoir cette attitude joyeuse, d’être à l’aise, vous êtes alors en mesure de prendre profondément conscience de la gravité de la vie et de la réalité de la souffrance, puisque vous ne vous protégez plus. Il y a, dans la peinture japonaise, un personnage de Sage qui a franchement l’air de ce que nous appelons en français un imbécile heureux : un quidam au visage hilare, éclatant d’un rire hébété parce qu’il a péché une écrevisse ou pris un tigre pour oreiller ; ainsi, l’art japonais présente souvent le Sage sous une apparence qui, pour l’Occidental moyen est tout bonnement celle d’un crétin ! Selon moi, en tout cas - mais c’est là le fruit de trente ans de recherche et de doutes - mieux vaut être imbécile et heureux qu’intelligent et malheureux...  Encore une fois, tout a commencé pour moi lorsque j’ai pu de bon coeur sourire, même pas de moi, mais d’un personnage intitulé Arnaud Desjardins : un sourire non identifié et totalement compatissant. Charité bien ordonnée commence par soi-même. Voilà la graine du véritable humour. »

Par Galahad - Publié dans : Symboles Traditionnels - Communauté : Communauté spirituelle
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Samedi 16 janvier 2010 6 16 /01 /2010 17:45

Kaph.jpgToutes les religions ont pressenti le caractère transitoire de ce monde, toutes ont également compris que l’homme possédait en lui, une part d’éternité.  Dès lors que la simple observation nous indique que nous vivons dans un monde soumis à la mort et à l’entropie, comment concilier ces deux observations ? Autrement dit comment comprendre que nous sommes à la fois partie prenante dans l’Eternité et soumis à la maladie, à la déchéance et à la mort.  Les religions répondent différemment à cette question mais toutes insistent sur la possibilité pour l’homme de (re)trouver sa condition numineuse, soit en transcendant complètement le monde, soit en se transfigurant par l’union sans confusion avec le Créateur.

 

Promis à retrouver notre situation d’origine, nous vivons dans un monde de combat, de maladie, de vieillesse et d’affrontement.  Pour celui qui a vu ou pressentit l’autre côté du miroir, il y a deux manières de réagir.  Soit, on geint, on pleure sur ce qu’on a perdu.  Soit, on se réjouit de notre origine et de ce qui nous attend.

Certains auteurs mesurèrent l’abîme séparant l’homme accomplit de l’homme actuel et vécurent très mal la comparaison.  Citons par exemple Saint Martin qui nous donne un portrait cru et sans concessions de l’Homme terrestre :

« Comment pourrions-nous cesser de nourrir en nous 1'esprit de douleur; ou plutôt la douleur de l'esprit quand nous considérons la voie temporelle et spirituelle de l'homme sur la terre ? L'homme est conçu non seulement dans le péché, comme le disait David de lui-même, mais il est encore conçu par le péché, vu les ténébreuses iniquités de ceux qui l'engendrent. Ces ténébreuses iniquités vont influer sur lui corporellement, et spirituellement jusqu'à sa naissance. Il naît; il va recevoir intérieurement le lait taché de ces mêmes iniquités, et extérieurement mille traitements maladroits qui vont déformer son corps avant même qu'il soit formé; des conceptions dépravées, des langues fausses et corrompues vont  assaillir toutes ses facultés, et les épier au passage pour les infecter dès qu'ïl les manifestera par le moindre de ses organes.

Ainsi vicié dans son corps et dans son esprit avant même d’en avoir l'usage, il va entrer sous la fausse administration de ceux et celles qui l'environnent dans son premier âge, qui sèmeront en abondance des germes empoisonnés dans cette terre déjà empoisonnée elle-même, et s'applaudiront de lui voir produire des, fruits analogues à cette atmosphère désordonnée qui  est devenue leur élément naturel.

La jeunesse, l'âge viril ne vont être qu'un développement successif de tous ces germes. Un régime physique, presque toujours contraire à la nature, va continuer de presser à contresens le principe de sa vie. Un régime moral destructif' de toute morale va nuire encore plus à son élite intérieur; et le dévier tellement hors de sa ligne, qu'il ne croira plus même qu'il en existe une pour lui,- des doctrines de tout genre vont repousser son esprit par leur contrariété ou ne l'asservir qu'en le trompant ; des occupations illusoires vont absorber tous ses moments, et lui voiler sans cesse sa véritable occupation. C’'est ainsi qu'au terme d'une tempête perpétuelle, il arrive au terme de sa vie; et là pour achever de mettre le sceau sur le décret qui l’a condamné à venir dans cette vallée de larmes, l 'on tourmente son corps par les procédés une médecine ignorante, et ,son esprit par des consolations maladroites, tandis que dans ces moments périlleux cet esprit ne cherche qu'à entrer dans sa voie et éprouve peut-être en secret toute la douleur de s'en voir écarté. Quand on pense que nous sommes tous composés de ces mêmes éléments, dirigés  par ces mêmes lois, alimentés par ces mêmes désordres, et ces mêmes erreurs, que nous sommes tous immolés par ces mêmes tvrans, et que nous immolons nos semblables à notre tour par ces mêmes armes empoisonnées,-quand enfin on pense que telle est l'atmosphère qui nous enveloppe et nous pénètre, on craint de respirer, on craint de se regarder; on craint de se remuer et de se sentir. » (Le Nouvel homme, § 9.) »

 

Bien sûr, on peut supposer que si le Philosophe Inconnu force le trait, c’est pour mieux détourner les hommes de son temps de la superficialité de la vie mondaine et attirer l’attention sur le chemin à parcourir et le peu de temps que nous avons.

 

Néanmoins, on ne peut Aimer si on ne s’aime pas, qu’on ne peut éprouver la Charité universelle que si l’on peut voir l’étincelle de Beauté qui se trouve en chacun, même si celle-ci est noyée dans un océan de faiblesses, de défauts et de complexes.

Car s’il faut vaincre l’égoïsme, l’orgueil, le mensonge et tous les maux qui afflige la Terre, il faut sans doute aussi vaincre le pessimisme et le désespoir.  En effet, comment espère-t-on faire jaillir l’étincelle de Lumière si tout est trempé de larmes ? Comment espère-t-on éclairer le monde si l’on rajoute aux ténèbres ? Il ne s’agit pas d’avoir un regard niais sur les choses et d’ignorer la souffrance mais de ne pas céder devant elle.  Il faut plier comme le roseau face à l’adversité, plier pour ne pas se laisser submerger, plier pour aller puiser la joie afin de mieux vaincre les épreuves, plier afin de n’être pas arraché, afin de n’être pas brisé, afin de pouvoir renaître.

La forme de l’arcane Kaph montre bien cette idée, car il est dit de cette lettre « Ses ennemis ne peuvent le dominer, ils ne peuvent lui faire aucun mal, et en définitive, sont entièrement soumis à lui.  Il est sous le signe de la lettre Kaph… » (Sepher haZohar ; 2 :73b) 

Par Galahad - Publié dans : Symboles Traditionnels - Communauté : COEUR DE LUMIERE
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Vendredi 11 décembre 2009 5 11 /12 /2009 15:28

RoueLa roue de la fortune tourne dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, sens de rotation de la Terre.

 

A gauche, une sorte de démon bestial (un singe dans le Tarot de Marseille) semble chuter, tandis qu’à droite un dieu semblable à Thot (un chien dans le Tarot de Marseille) s’élève vers un sphinx qui se situe, bien stable, sur un plateau au sommet de la roue.

La roue, c’est le temps et le monde.  La roue, c’est l’univers matériel dans lequel l’âme humaine a chuté et qui est lui-même en exil, loin de Dieu.

Le démon représente le mystère de cette chute et ses conséquences : l’être humain (ainsi que l’Univers tout entier) est désormais soumis au temps, à la souffrance, à la maladie, à la mort apparente et à l’illusion des sens de chair.  Etrange mystère de l’Univers conservant en son sein l’étincelle de son origine divine mais déchiré par la loi d’entropie, écrasé par la limitation de sa condition !

 

Face à ce monde où tout est vain, où tout est douleur… Face à ce monde si opposé à l’Eternité de notre nature profonde, on peut, au risque de caricaturer, dégager cinq attitudes spirituelles possibles : l’indifférence, la résignation, le détachement, l’ivresse ou la transmutation.  Bien sûr, au cours de la vie, on passera souvent d’une attitude à l’autre, parfois même sans s’en rendre compte.

 

1) L’indifférence est l’attitude la plus commune.  Elle est souvent le produit de l’athéisme mais peut être aussi le fait de croyants à l’ego surdéveloppé ou de personne à la doctrine vague et superficielle.  L’indifférence consiste à fermer les yeux, à ignorer ou à vouloir ignorer la roue sur laquelle on se trouve.  L’indifférence caractérise bien notre civilisation occidentale qu’un sociologue pertinent à qualifié de civilisation du « bof ».  Elle a souvent comme corollaire le relativisme : la Vérité n’existe pas (même en tant que concept métaphysique), le bien et le mal n’existent pas, on ne s’engage pour rien, rien ne vaut la peine d’être milité, plus aucune cause ou idéal ne subsiste.  C’est aussi le tout tolérant, l’égalitarisation de toutes les religions, de toutes les philosophies, tout se vaut sans esprit critique aucun, sans hiérarchisation des valeurs.  Une civilisation basée sur ces valeurs est une civilisation qui aspire à exister sur une roue statique, une roue qui ne tourne plus, c’est une attitude profondément autodestructrice car le statisme l’est toujours.   

 

2) La résignation est celle des âmes guettée par l’acédie, cette étrange maladie spirituelle dont les symptômes sont aussi variés que terrible : cynisme, déprime, spleen, paresse ou hyper activité.  L’âme perd de vue son but sur Terre, ne percevant plus la Lumière, elle est engloutie par la ténèbre, elle ne voit plus que l’absurde de l’existence qui pèse sur elle comme une chape de plomb.  Cette état d’être est considéré comme pêché mortel par la théologie catholique.  En effet, pêcher signifie « manquer sa cible », sous entendu « manquer sa raison d’être », or la raison d’être de l’Homme, c’est rejoindre sa propre nature, c’est à dire Dieu.  En se laissant aller à la résignation, on devient comme le Roi Salomon à la fin de sa vie : aigri, amer, tellement amer que même le goût de Dieu devient insignifiant, sans intérêt. 

 

3) Le détachement est la deuxième attitude dans ce monde en exil.  Elle est celle de Siddhârta Bouddha et de ses disciples.  Nier l’illusion, nier la pensée, sortir de maya et du monde, briser le cercle infernal des réincarnations impersonnelles.  Le bouddhiste compte sur ses propres forces afin de se parfaire et atteindre le Nirvana, état ultime du non-être.

 

4) L’ivresse est l’attitude de celui qui décide de se marier au démon, il fait sien tout les travers de ce monde, y prenant appui afin de se conquérir un royaume.  Désir de puissance, exacerbation de l’ego au détriment d’autrui, mépris du monde, utilisation des autres,… Ivre de puissance, ivre de son ego, celui qui choisi cette voie n’avance pas vers la Lumière de la Theosis mais vers l’éclat malsain du surhomme nietzschéen menant le plus souvent vers la destruction de lui et de ceux qui l’entourent.

 

5) La transmutation est l’attitude alchimique proposée par le christianisme en général et par l’ésotérisme chrétien en particulier.  Celui qui marche sur ce chemin, n’est pas seul.  Dieu l’accompagne à chaque instant, transformant progressivement, par Grâce, ses vices en vertus, ses faiblesses en forces.  Se présentant devant Dieu avec humilité, c'est-à-dire avec vérité (notion rappelée par la lettre Yod associée à cette lame), l’être se place d’emblée sur le côté ascendant de la roue.  Se faisant, il sait qu’il ne parviendra pas à gravir les rayons seuls, car « avec vérité » il a vu que sa puissance n’était rien comparée à celle de Dieu, rien comparée à l’état d’avant la Chute.  Or, c’est justement cette prise de conscience qui lui donne la force de s’accrocher à la roue qui, poussée par Dieu, entame sa montée vers le sphinx.  Ce sphinx est l’Etre transmuté, l’Etre déifié qui a pu rassembler ce qui est épars en lui.  Car nous sommes tous constitués de plusieurs personnalités, de plusieurs tendances qu’il est souvent difficile de rassembler de façon homogène. Parce qu’il est à la fois Lion, Aigle, Taureau et Homme, le Sphinx est celui qui a pu faire Un de la multiplicité et se faisant, il se trouve lui-même et en se trouvant lui-même, profondément, essentiellement, il trouve Dieu.  Seul et unique but de l’Humanité.             

Par Galahad - Publié dans : Symboles Traditionnels - Communauté : Franc-Maçonnerie&Spiritualité
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Vendredi 27 novembre 2009 5 27 /11 /2009 16:54

Yod est la plus petite lettre de l’alphabet hébreu.  Première lettre du tétragramme sacré, Yod est la lettre qui contient le plus de puissance.  En effet, petite parmi les petites, simple point, elle est l’élément constitutif de toutes les autres lettres et donc de l’Univers.  Noyau de la création, elle est la main agissante et créatrice de Dieu qui produit des univers entiers à partir de la semence la plus petite. 

Ainsi de la petitesse naît la grandeur et la puissance ultime, ainsi parle le Rabbi Akiva : « A celui qui s’humilie en ce monde, se verra accordée sa pleine part dans le Monde à Venir, car le monde a été créé avec l’humble lettre Yod »

La lettre Yod est sans conteste liée au principe de kénose, concept essentiel de la pensée chrétienne.  Dieu dans sa toute puissance et dans sa toute grandeur a accepté, par amour, de s’incarner, c'est-à-dire de vivre toute les vicissitudes de la vie terrestre, jusqu’à mourir sur la croix après d’innommables tortures.  Saint Paul l’explique très bien : « Lui, de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l'égalait à Dieu. Mais il s'anéantit (kénose) lui-même, prenant condition d'esclave, et devenant semblable aux hommes. S'étant comporté comme un homme, il s'humilia plus encore, obéissant jusqu'à la mort, et à la mort sur une croix! » (Philippiens 2, 6)

 

Dieu se laisse crucifier, non par faiblesse, non par dolorisme mais par amour, pour pouvoir connaître l’ensemble des souffrances physiques et morales que connaît le genre humain. A partir de cet instant, étymologiquement, Dieu n’est plus que compassion pour le genre humain (cumpatire = souffrir avec).

Plein de sa puissance infinie, Dieu s’abaisse au niveau de sa créature, pour l’accompagner et la servir.  Déjà Jésus en avait fait la démonstration : « Il se lève de table, dépose ses vêtements, et prenant un linge, il s'en ceignit. Puis il met de l'eau dans un bassin et il commença à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge dont il était ceint. Il vient donc à Simon-Pierre, qui lui dit: "Seigneur, toi, me laver les pieds?" Jésus lui répondit: "Ce que je fais, tu ne le sais pas à présent; par la suite tu comprendras." Pierre lui dit: "Non, tu ne me laveras pas les pieds, jamais!" Jésus lui répondit: "Si je ne te lave pas, tu n'as pas de part avec moi." Simon-Pierre lui dit: "Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête!"

Quand il leur eut lavé les pieds, qu'il eut repris ses vêtements et se fut remis à table, il leur dit: "Comprenez-vous ce que je vous ai fait? Vous m'appelez Maître et Seigneur, et vous dites bien, car je le suis. Si donc je vous ai lavé les pieds, moi le Seigneur et le Maître, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. Car c'est un exemple que je vous ai donné, pour que vous fassiez, vous aussi, comme moi j'ai fait pour vous. » (Jean 13, 4-16)

C’est parce qu’il s’abaisse au niveau de sa créature et qu’en même temps, il la rehausse que le Créateur et la créature peuvent être à égalité et se parler face à face à l’instant où l’âme épouse Dieu.  Mais pour arriver à ce moment, l’homme devra mourir à lui-même car comme il est dit « Nul homme ne peut voir Dieu et demeurer en vie. ».  Or mourir à soi-même, c’est précisément abandonner tout orgueil, toute prétention, c’est devenir toute humilité.  Etre humble, c’est être vrai, transparent, savoir ce que nous sommes en vérité : « connais-toi même et tu connaîtras l’univers et les dieux. ».  Notre but eschatologique est de devenir semblable à Dieu, donc de faire preuve d’une kénose semblable à la sienne.  Plus qu’une énumération de traits de caractère, la connaissance de soi consiste à admettre notre condition de créature, à prendre conscience de l’infini qui nous sépare de Dieu, à plonger aux tréfonds de notre être afin d’atteindre le noyau divin et de brûler les scories de notre âme, s’anéantissant dans une fulgurance d’ouverture à l’Amour divin.  Alors seulement ne reste que l’essentiel de notre être et nous pouvons contempler Dieu face à face.      

Par Galahad - Publié dans : Symboles Traditionnels - Communauté : Le Monde Spirituel
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Vendredi 30 octobre 2009 5 30 /10 /2009 16:18

L’Ermite se tient debout dans les ténèbres, avançant à la façon d’un aveugle avec son bâton et éclairant le chemin devant lui grâce à sa lanterne.

Comme toutes les lames du Tarot, l’ermite représente à la fois une étape que connaît la conscience personnelle sur le chemin menant vers Dieu et la charité, et d’autre part un idéal archétypal à atteindre.

 

L’Ermite représente donc le Père sage et bon, reflet du Père aux Cieux. Guide par excellence, capable d’éclairer les ténèbres environnantes car « la Lumière luit dans les ténèbres et celles-ci ne l’ont point comprise. » (Jean 1 : 5)

L’Ermite représente l’idéal de celui qui, s’isolant du pouvoir prégnant des ténèbres, peut en faire jaillir la Lumière.  Se gardant d’être contaminé par les préjugés, les faiblesses et les tentations, il est capable de voir et d’apporter la Lumière à chaque être.  L’Ermite se garde aussi, comme le faisait remarquer Valentin Tomberg, de la mégalomanie spirituelle.  Cet état de suffisance spirituel, cette étrange tendance égocentrique, fille de l’orgueil luciférien, aveugle le sujet au point qu’il se croit parvenu à la maîtrise et au droit de juger les autres.  Or, personne n’a le droit de juger autrui dans son âme.  Or, la spiritualité qui s’enfle et se nourrit d’elle-même est un gargarisme spirituel si elle ne se fait pas charité et amour inconditionnel des autres.

 

L’Ermite, parce qu’il sait qu’il avance dans un monde de ténèbres et d’illusions à l’instar de ses frères et parce qu’il possède la prudence (le bâton d’aveugle) ne tombe pas dans le piège de l’inflation égotique.  Au contraire, il sait que nous, humains limités dans un monde en chute, sommes profondément solidaires en cette vie comme en l’autre et qu’il n’est pas question de se hausser vainement mais plutôt de se stabiliser dans la vraie foi et de tendre une main vers son frère.

 

L’Ermite, comme tous les hommes (consciemment ou inconsciemment) est en manque de Dieu.  Il prend son bâton et pèlerin du cœur, part à la recherche du Dieu caché.  Ce Dieu qui se manifesta pleinement en la personne du Christ, n’est pas (comme on l’entend trop souvent dire de nos jours) un Dieu abstrait, une sorte d’énergie impersonnelle, substance même de l’Univers.  Non.  Si Dieu était abstrait ou impersonnel, il serait totalement inaccessible et n’aurait pas beaucoup d’intérêt pour nous.  Or, Dieu est une personne, créateur de l’Univers mais vivant aussi en chaque chose.

L’Ermite est un véritable chrétien car il marche vers le cœur de son cœur, cherchant sans cesse à établir le dialogue avec son Créateur qui ne veut pas être son maître mais véritablement son ami : « Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur reste dans l'ignorance de ce que fait son maître ; je vous appelle amis, parce que tout ce que j'ai entendu auprès de mon Père, je vous l'ai fait connaître » (Jean 15 : 15).

L’Ermite a fait sienne la devise traditionnelle V.I.T.R.I.O.L.  signifiant « Visita Interiora Terrae, Rectificandoque, Invenies Occultum Lapidem » ou encore « Visite l’intérieur de la Terre, et en rectifiant, tu trouveras la Pierre Occulte ».  Autrement dit, c’est à l’intérieur de soi, à l’intérieur de son « soi brut » que se trouve l’étincelle de Lumière divine, le savoir s’appelle la foi.  Mais la foi seule ne suffit pas, il nous faut rectifier, c'est-à-dire travailler sur nous-mêmes et pratiquer le don gratuit, cela s’appelle les œuvres.  Mais la foi et les œuvres ne suffisent pas, elles préparent. Seul l’acceptation de la grâce permettra de trouver la « pierre occulte », la présence de l’Ineffable en soi.

 

Celui qui marche avec le Christ est un pèlerin de l'Invisible, un ermite « dans le monde mais non de ce monde ».  Il devient un vivant reflet du Seigneur des Mondes et éclaire la Terre de son Amour, en toute humilité, c'est-à-dire en toute Vérité.  L’Ermite est humble et vrai, il ne se rabaisse pas, il ne se gonfle pas d’importance, il se contente d’Être ce qu’il est, faisant passer l’intérêt des autres avant le sien.  Il est une lumière qui lui dans les ténèbres, un fanal pour ses frères.        

Par Galahad - Publié dans : Symboles Traditionnels - Communauté : Religions en toute liberté
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Vendredi 16 octobre 2009 5 16 /10 /2009 16:48

Au dire de certains auteurs, Teith est une lettre à part.  Elle est en effet, la seule absente des 10 commandements et des noms des dix Séfiroth.  Teith se signale donc par son absence apparente, apparente car souvent dans la pensée ésotérique, l’absence est une façon de mettre en évidence, l’absence indique la présence.  Ainsi l’absence apparente de Dieu hurle sa Présence pour celui qui a des yeux pour voir.

 

Teith est la neuvième lettre de l’alphabet hébreu, or le neuf est le chiffre du changement car il est celui qui précède le commencement d’un nouveau cycle représenté par le 10.  Theith est donc cette force de changement invisible mais pourtant active au plus profonde de notre être.  Cette force de changement est la conséquence de la vie intérieur « il vous faut, renonçant à votre existence passée, vous dépouiller du vieil homme qui se corrompt sous l'effet des convoitises trompeuses ; il vous faut être renouvelés par la transformation spirituelle de votre intelligence et revêtir l'homme nouveau, créé selon Dieu dans la justice et la sainteté qui viennent de la vérité. » (Ep 4 ; 22-24)

Ouverte vers le haut, la lettre suggère la réception de la Grâce, c’est en effet par l’ouverture à l’Esprit Saint que le vrai changement pourra s’opérer.  Peu à peu, le Christ vient habiter le cœur ou plutôt, peu à peu nous prenons conscience de la présence du Christ en nous et nous nous mettons à son diapason, lui permettant une véritable action en profondeur.

Cette action à des conséquences radicales sur l’être conscient, peu à peu les passions (colère, jalousie, orgueil) se dissolvent, peu à peu le regard s’ouvre, on voit le monde avec les yeux du cœur.  Accueillir le Christ en soi, s’ouvrir à la grâce, c’est aussi faire sienne l’exhortation de Sainte Thérèse d’Avila « Nada te turbe ! » : « Que rien ne te trouble, que rien ne t'épouvante ! ». 

Et la Saint de poursuivre « Tout passe, Dieu ne change pas. La patience triomphe de tout. Celui qui possède Dieu ne manque de rien : Dieu seul suffit ! » 

 

S’ouvrir à la Grâce sanctifiante, c’est entamer un processus de transformation, de transmutation, une alchimie spirituelle qui va changer notre plomb intérieur en or pur.  Ou pour mieux le dire, nettoyer notre âme et révéler l’or caché sous les tâches provoquées par nos manquements, par nos faiblesses, par notre lâcheté et notre ignorance.  L’agent solvant universel est le Christ, en lui permettant d’agir, nous nous reposons sur Dieu qui est parfait dans l’éternité.  En permettant à la Grâce de nous transformer, nous nous rapprochons de l’Eternité immuable et parfaite, infinie et rayonnante…

 

A la fin, le superficiel est abandonné, l'illusion est détruite, le voile d'ignorance est déchiré.  A la fin tout passe… les douleurs, les bonheurs superficiels.  Tout se dilue… les angoisses, les richesses, les mesquineries, les caprices… Tout s’efface… la maladie, la mort, les limites, le temps… Seul reste l’homme régénéré, le Soi, roc d’éternité immuable au centre de l’océan cosmique, à jamais unit sans confusion à l’Autre qui est notre Père, notre Mère, notre Source Ultime.      

Par Galahad - Publié dans : Symboles Traditionnels - Communauté : Communauté spirituelle
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Samedi 3 octobre 2009 6 03 /10 /2009 10:54

Une femme est assise sur un trône.  De sa main droite, elle tient une épée tandis que sa main gauche porte une balance.  L’épée est bien sûr celle de la rectitude qui sied à la justice, mais c’est aussi la lame qui tranche les illusions, les préjugés, qui fait que l’être voit au-delà des apparences comme le signale le regard intense du personnage représenté.  Regard spirituel qui permet de passer par delà le voile (cfr le symbolisme de la lettre Heith à laquelle est reliée la lame de "La Justice")

La balance symbolise l’équilibre, et l’ensemble des éléments qu’il faut prendre en compte et soupeser lorsqu’on veut porter un jugement sur quelque chose.

La couronne indique que la véritable justice vient de Dieu, les hommes ne peuvent que rendre une justice limitée qu’on espère la plus objective possible mais qui ne l’est pas entièrement puisque la vision de l’homme seul est toujours limitée.

Dans cet ordre d’idée, il appartient à l’homme qui cherche à être un homme juste, d’ouvrir ses yeux mais aussi son esprit, afin de le vider des images toutes faites et d’y accueillir la Grâce éclairante.

Ce n’est que dans cet état de vision juste, que l’homme pourra être un réceptacle pour la divinité qui viendra habiter en son sein et lui faire voir la Vérité car Justice est fille de Vérité.

 

A un autre niveau de lecture, la Justice représente aussi les conséquences cosmiques de nos actes, de nos paroles et de nos actions qu’on appelle presque vulgairement « karma », tant le terme s’est popularisé dans nos contrées.  Il faut bien insister sur la conception occidentale de cette notion de karma qui, en Asie, est une force froide et aveugle de rétribution.

Or, Dieu est Amour et le soleil brille de manière identique sur les bons et les méchants.  La carte de la Justice pose donc un triple problème :

 

  1. Existe-t-il une justice immanente ?
  2. Cette justice est-elle de type karmique, froid principe de causes à effets ? Et comment la justice karmique aveugle peut-elle se combiner avec l’Amour de Dieu ?
  3. L’idée de Justice divine soulève aussitôt le problème du mal – est mauvais celui qui contrevient à la Loi divine or la loi divine c’est l’Amour. Dans cet ordre d’idée, comment comprendre la notion de jugement après la mort ou de jugement dernier, comment comprendre aussi l’idée de l’enfer et qui plus est de l’enfer éternel ?

 

Voici mes tentatives de réponse ou mes pistes de réflexions sur ces questions :

 

  1. Il peut sembler étrange de croire à une justice divine immanente à ce monde lorsqu’on voit le nombre de gens sans foi ni loi qui s’engraissent alors que des gens très bien crèvent la faim.  Comment combiner la croyance en la Justice divine (ou en Dieu tout court) avec les injustices criantes qui sclérosent le monde ?
  2. J’aurais tendance personnellement à croire au karma mais à un karma tempéré par l’incommensurable Amour divin.  Somme toute, si karma il y a, il faut sans doute l’envisager comme une balise censée nous ramener au bercail en nous protégeant de nous-même et de nos pulsions destructrices extrêmes. 
  3. Je suis profondément persuadé que cette notion de Jugement Dernier ou post-mortem est une profonde erreur.  Dieu ne juge pas, Dieu aime.  Et Son Amour embrase les scories de l’âme, purifie le méchant et le rend pareil à un éclat de soleil.  Par Amour, Dieu nous a donné la liberté car on ne peut aimer que dans la liberté.  L’unique sens de notre vie est de nous ouvrir à Son Amour, de nous en rendre conscient.  Dieu n’est pas en face de l’Homme comme un juge, mais avec l’Homme dans un projet commun.  L’Homme est amené à participer à la construction de la Jérusalem Céleste dans un projet eschatologique grandiose, qui nous mènera de la Réconciliation à la Réintégration.  Dans cet ordre d’idée, faire le Bien, c’est participer pleinement et en conscience à la construction de ce projet, le mal étant tout ce qui l’entrave.  Or, le mal n’est pas en l’homme fondamentalement, il vient de la Chute.  Et la Chute, c’est se retirer volontairement de l’influence divine.  Donc le mal est l’éloignement du Bien.  Autrement dit le juste est celui qui suit la voie le ramenant à son origine divine et le mauvais est celui qui s’en éloigne.  L’un comme l’autre vivent les conséquences de l’endroit où ils se trouvent (plus ou moins éloignés ou proches du but), la Justice ne cherchant qu’à ramener les égarés en son centre où réside Dieu. 

Ainsi l’enfer existe bien car celui qui s’est coupé totalement de Dieu vit dans l’espace glacé privé de Dieu et prisonnier de la fournaise de ses passions.  Dans cet état malheureux, la moindre seconde a valeur d’éternité, ce qui nous mène à l’idée d’enfer éternel.  Comme le soulignait Berdiaiev : « L’enfer est l’état d’une âme qui est incapable de sortir d’elle-même, centrée absolument sur elle-même, le sombre et mauvais isolement, c’est-à-dire l’impuissance finale d’aimer. »

Par Galahad - Publié dans : Symboles Traditionnels - Communauté : Le Monde Spirituel
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