Lectio divina, Bâtin et Pardès

Samedi 18 avril 2009 6 18 /04 /2009 16:45

« Il dit ensuite à ses disciples : C'est pourquoi je vous dis : Ne vous inquiétez pas, pour votre vie, de ce que vous mangerez ni, pour votre corps, de ce dont vous serez vêtus. Car la vie est plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement. » (Luc 12 : 22-23)

 

Dans notre société ultra matérialiste et consumériste, peu ont conscience que la vie, la vraie, celle avec un grand « V », dépasse largement le cadre quotidien, que les enjeux collectifs et individuels sont de plus grande importance que d’entretenir cette terrible et froide machine dans laquelle on vit. 

C’est la réalisation spirituelle qui devrait être au cœur des préoccupations de nos contemporains car, contrairement à ce que beaucoup croient habituellement, c’est dès cette vie que se gagne le Royaume des Cieux.  Comment ? Par l’ouverture du cœur à Dieu, par le changement de regard qui cherche à voir avec les yeux d’en-haut, par la conversion de l’âme aux valeurs divines, par la synergie consciente instaurée avec Dieu, par la recherche de la Terre Promise intérieure, par l’établissement de la Jérusalem Céleste au cœur de l’être.

Pour cela, il faut qu’une partie de nous meure : notre vision égoïste, étriquée et mesquine.  A nouveau, on serait tenté de citer ce fameux verset de Jean : « Celui qui tient à sa vie la perd, et celui qui déteste sa vie dans ce monde la gardera pour la vie éternelle » (Jean 12 : 25)

 

Lorsqu’on a pris conscience de l’Infini qui habite en nous comme au dehors de nous, le monde et la vie prennent une autre coloration, ils deviennent plus riches.  Riches de sens, riches de potentiels, riches d’une beauté sans fin.  Tout devient prétexte à l’émerveillement, on ne manque, intérieurement, plus de rien.  L’inquiétude de l’avenir disparaît.  D’autant, qu’elle est souvent générée par des désirs mal placés ou des ambitions menant à l’insatisfaction perpétuelle :

 

« Qui de vous peut, par ses inquiétudes, rallonger tant soit peu la durée de sa vie ? » (Luc 12 : 25)

 

Souvent, dans ces cas là, la Providence pourvoit à nos besoins minimums car lorsqu’on a pressentit le Royaume des Cieux en-dedans, on se rend compte que Dieu nous donne en permanence et que nous ne le voyions pas.  Et lorsqu’on le réalise et qu’on en éprouve de la reconnaissance, plus rien ne s’oppose au bonheur :

 

« Considérez comment poussent les lis : ils ne travaillent pas, ils ne filent pas ; cependant je vous dis que pas même Salomon, dans toute sa gloire, n'a été vêtu comme l'un d'eux. Si Dieu habille ainsi l'herbe qui est aujourd'hui dans les champs et qui demain sera jetée au four, à combien plus forte raison le fera-t-il pour vous, gens de peu de foi ! Et vous, ne cherchez pas ce que vous allez manger ou ce que vous allez boire, et ne vous tourmentez pas. Tout cela, en effet, c'est ce que les gens de toutes les nations du monde recherchent sans relâche ; votre Père sait que vous en avez besoin. Cherchez plutôt son règne, et cela vous sera donné par surcroît. N'aie pas peur, petit troupeau ; car il a plu à votre Père de vous donner le Royaume. » (Luc 12 : 27-32)

 

Ce n’est pas tant que les biens matériels affluent mais que la conversion du regard a opéré un changement, nous rendant dérisoires les contingences matérielles et replaçant les épreuves dans leur contexte évolutif.  On sait, non pas par éducation ou par auto persuasion mais par vécu personnel continu, que quoiqu’il advienne, la divine Lumière nous a en sa protection.  Même la misère, la souffrance et la mort ne tiennent pas devant la Force du Ressuscité.  Et cette force, par Amour, il la fait nôtre à chaque instant, à nous d’en prendre conscience.   
Par Galahad - Publié dans : Lectio divina, Bâtin et Pardès - Communauté : COEUR DE LUMIERE
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Samedi 14 février 2009 6 14 /02 /2009 00:21

« Entrez par la porte étroite. Car large est la porte, spacieux est le chemin qui mènent à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par là.
Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mène à la Vie, et peu nombreux ceux qui le trouvent. » (Mathieu 13-14)

 

La Vie, la vraie, c’est celle qu’on vit en pleine conscience, c’est le chemin vers l’Eveil spirituel, ce que d’autres appellent l’Illumination.

Cet Eveil, si nous le recherchons tous plus ou moins inconsciemment et si nous avançons tous dans sa direction, il y en a peu qui le trouvent vraiment.

Car la porte de la Lumière se trouve cachée au plus profond de notre Esprit et le chemin étroit qui y mène est celui de notre cœur.

En effet, la gnose qui nous ouvre à la Vie, n’est pas une connaissance intellectuelle ou cérébrale (loin de moi pourtant l’idée de dénigrer un tel type de connaissance essentielle pour d’autres raison sur lesquelles je reviendrai plus tard).

 

La connaissance qui fait pousser les graines d’Eveil est la connaissance du cœur, c'est-à-dire une connaissance christique directe, une appréhension continue et intuitive de la Lumière suscitée par un Amour inconditionnel.

Maître Philippe de Lyon disait à la suite de Jésus « Toute connaissance nous sera donnée quand nous serons arrivés à aimer notre prochain comme nous-mêmes. »

« Comme nous-mêmes », cela implique qu’il faille commencer par nous aimer nous même.  Pas de manière narcissique ou égotiste mais d’une façon qui nous permette de regarder au fond de nous avec sincérité, sans jugement, sans condescendance, et sans faux semblant.  Nous devons devenir pareil à une source pure et transparente afin de lever les ombres tapies en nous et de les faire détaler comme des lièvres.  Ainsi nous pourrons fixer en face la Lumière qui se trouve au fond de nous et qui est d’ordinaire obscurcie, nous pourrons alors (re)devenir pleinement ce que nous sommes: des fils et filles de Dieu.  Ce faisant, nous réalisons le vieil adage : Connais-toi toi-même et tu connaîtras le Tout.     

Alors et alors seulement, on pourra regarder les autres comme d’autres nous-mêmes, voir au-delà de leurs apparences, au-delà de leurs faiblesses, on pourra voir tout un chacun comme l’étoile brillante qu’il est.

 

Bien sûr, réaliser cela demande l’actualisation d’un Amour universel et infini.

L’Amour dont il est question, n’est pas un sentiment niais et édulcoré, sorte de guimauve hypocrite et de bon ton.  Non.  L’Amour, celui qui éclaire la Voie du Cœur menant à la Porte Etroite est une force terrible, redoutable, invincible.  Cet Amour là est un rayon de soleil qui transperce le corps et l’âme, désintégrant toutes les scories sur son passage pour venir se ficher en plein cœur de l’esprit.  Là, il fait son œuvre de transmutation, transformant le plomb lourd et vulgaire en or subtil afin de nous préparer à paraître devant le Roi de l’Univers, seul habilité à nous adombrer.

 

Nous avons tous la possibilité de nous éveiller, d’ouvrir notre cœur à la Présence, ici et maintenant.  Tous, nous pouvons à l’instant nous ouvrir à l’Amour divin qui, tel le soleil, ne refuse à personne Sa Lumière. 

Par Galahad - Publié dans : Lectio divina, Bâtin et Pardès - Communauté : COEUR DE LUMIERE
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Mercredi 31 décembre 2008 3 31 /12 /2008 10:09
Gardez-vous de pratiquer votre justice devant les hommes, pour en être vus; autrement, vous n'aurez point de récompense auprès de votre Père qui est dans les cieux.
Lors donc que tu fais l'aumône, ne sonne pas de la trompette devant toi, comme font les hypocrites dans les synagogues et dans les rues, afin d'être glorifiés par les hommes. Je vous le dis en vérité, ils reçoivent leur récompense.
Mais quand tu fais l'aumône, que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta droite,
afin que ton aumône se fasse en secret; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. (Matthieu 6 ; 1-4)

 

 

Ce passage illustre parfaitement la notion d'actions discrètes accomplies par les serviteurs inconnus du Christ. Les chevaliers de Lumière n'ont pas besoin de publicité, de bruits, de vantardises et de remous, ils agissent et c'est tout. Pour le chrétien, c'est dans l'action que se trouve la sanctification.
Mais de quelles actions parle-t-on ? Quelles sont les armes de celui qui veut œuvrer discrètement pour la Justice et le Bien ?

 

 

Elles sont multiples :

 

 

La prière est l'épée et la meule, elle affûte l'esprit et tranche l'illusion, elle fait reculer la ténèbre et soutient le vol de l'Esprit Saint, elle ouvre les portes closes du cœur et réchauffe l'âme de l'humanité tout entière.

 

 

Participer à des œuvres charitables, ici ou ailleurs, est l'armure du chevalier. C'est en se confrontant aux autres, en apprenant à les aimer sans les juger, à percevoir l'essence une de l'humanité dans sa diversité que l'on se protégera des assauts des préjugés et de l'indifférence. On peut travailler dans une ong, mais on peut aussi pratiquer les œuvres charitables dans son entourage, en étant simplement à l'écoute de ses proches, de ses collègues, de ses amis...

 

 

L'écriture (ou l'expression artistique) est la lance et le destrier du chevalier. Elle transperce le monde des apparences et porte le Verbe du Vivant, parfois de manière inattendue ou détournée. Lorsque l'on parle d'inspiration par le Saint Esprit, on oublie souvent les artistes, pourtant ceux-ci sont des intermédiaires privilégiés entre le monde visible et invisible. Lorsqu'il est tourné vers le sacré, un artiste est porté par son art et chevauche le vent divin de l'inspiration. Ce faisant, il explore les Terres encore peu connues de la créativité.

 

 

Servir la Lumière demande un véritable engagement, de cœur et d'esprit. Engagement où l'on va s'extraire de la gangue de relativisme et d'indifférence ambiant afin d'entrer dans une dynamique puissante mais toute intérieure et discrète. Cette dynamique va nous mettre à l'écoute de l'Esprit Saint, de nous-même et du monde afin de nous suggérer la méthode d'action la plus efficace dans notre situation présente

Par Galahad - Publié dans : Lectio divina, Bâtin et Pardès - Communauté : Franc-Maçonnerie&Spiritualité
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Samedi 13 décembre 2008 6 13 /12 /2008 15:58
Vous avez ouï qu'il a été dit : «Œil pour œil, et dent pour dent».
Mais moi, je vous dis : Ne résistez pas au mal ; mais si quelqu'un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l'autre ; et à celui qui veut plaider contre toi et t'ôter ta tunique, laisse-lui encore le manteau ; et si quelqu'un veut te contraindre de faire mille pas, fais-en deux milles avec lui.
Donne à qui te demande, et ne te détourne pas de qui veut emprunter de toi.

Vous avez ouï qu'il a été dit : «Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi».
Mais moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous persécutent, en sorte que vous soyez les fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et envoie sa pluie sur les justes et sur les injustes.
Car si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense avez-vous ? Les publicains même n'en font-ils pas autant ?
Et si vous saluez vos frères seulement, que faites-vous de plus que les autres ? Les nations même ne font-elles pas ainsi ?
Vous, soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait. (Matthieu 5 : 38-48)



La venue du Christ sonne une nouvelle étape dans la Révélation et dans l'histoire du monde. Pour arriver à la perfection et à la divinisation de l'être (theosis), l'Homme et le Monde ne peuvent rester immobile, ils doivent évoluer. Or, l'évolution implique toujours la destruction des formes précédentes, des idées dépassées. L'Incarnation a eu pour conséquence la destruction de nombreuses manières de penser négatives qui avaient cours auparavant. L'une des forces-idées dont le Christ sonne ici le glas est celle de la vengeance, de la vendetta.

Rappelons que dans certaines civilisations, les coutumes de vengeance portent parfois sur des générations, provoquant mort, chagrin et souffrance au travers des âges.



L'Amour prôné par le Christ n'est jamais un Amour lénifiant. Ce n'est pas non plus de la faiblesse et encore moins l'apologie de l'acceptation masochiste de l'injustice, de la douleur, du meurtre ou de l'horreur. Non, l'Amour auquel nous enjoint l'Envoyé est un Amour fort, total, universel et perçant comme les rayons du soleil, une Compassion juste, intelligente et équilibrée. 



Nous devons nous débarrasser de l'œil pour œil, dent pour dent, de la vengeance idiote et primaire. Pourquoi ? Parce qu'une vengeance s'exerce toujours sur un individu, sur un être tout aussi (ou davantage) perdu dans ce monde en chute que nous le sommes. Parce que la vengeance ne répare pas le préjudice mais en provoque un autre, dans une spirale sans fin de destruction. Il nous faut apprendre à voir au-delà, à condamner l'acte et non la personne, à dépersonnifier nos combats, bref à tendre l'autre joue. Cette image ne doit, à mon sens, pas être prise au pied de la lettre mais dans son sens le plus imagé.



Tendre l'autre joue, c'est, une fois encore, nous débarrasser de notre petit point de vue égoïste, égotiste et égocentrique qui se vexe pour rien. Apprendre à transcender nos œillères et à voir avec notre autre partie de nous, celle qui comprend, qui transcende le point de vue particulier, qui pardonne.



Tendre l'autre joue, c'est ne pas prendre le choc de face, c'est ployer et non se briser sous la tempête, c'est être souple comme l'eau qui s'adapte mais ne se brise jamais. Il faut être plus grand, plus spirituel, plus mature que notre adversaire, non pour l'écraser mais pour voir au-delà, l'essence adamique commune qui nous relie.
Mieux encore, profitons de l'adversité pour grandir, pour nous fortifier, pour nous dépasser. On nous oblige à faire 1.000 pas, et bien faisons-en 2.000, l'ennemi aura cru nous briser mais nous en sortirons renforcé.



Tendre l'autre joue, c'est parfois pouvoir opposer l'intelligence et le dialogue à la bêtise et à la brutalité.

Certes, certaines tragédies humaines, certaines injustices, certaines barbaries confinent au mal et ne peuvent être combattues autrement que par les armes. Mais même dans ces cas extrêmes, je reste persuadé qu'il ne sert à rien de haïr le type dans le bunker en face car face à la mitraille qui vole, aux shrapnells qui déchiquettent, à la mort chauffée à blanc, nous sommes tous égaux.



Je reste persuadé qu'il nous faut, à cette époque, faire le choix d'une autre société, d'une société qui montre son autre facette, qui tend l'autre joue.  Seule une société promouvant l'art, la beauté, l'intelligence et la culture et non la cupidité destructrice, l'idiotie et la vulgarité pourra nous délivrer de la misère et de la haine. Seule une société basée sur une spiritualité forte mais ouverte (comme peut l'être un christianisme bien compris) et sur une justice sociale, reposera dans le Saint Esprit et pourra s'élever pleinement vers le Royaume des Cieux.

Par Galahad - Publié dans : Lectio divina, Bâtin et Pardès - Communauté : Religions en toute liberté
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Samedi 15 novembre 2008 6 15 /11 /2008 19:36
En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul ; mais, s'il meurt, il porte beaucoup de fruits.
Celui qui aime sa vie la perdra, et celui qui cesse de s'y attacher en ce monde la conservera pour la vie éternelle. (Jean 12, 24-25)



Notre « petit moi », notre ego, fut planté en ce monde où il évolue bon gré, mal gré au fil de événements de la vie. Pour naître à la vie spirituelle, il faut faire mourir cette partie de nous. Mourir pour renaître. L'ego est cette partie de nous constamment insatisfaite, orgueil mal placé, toujours prêt à s'offusquer, à nous dresser les uns contre les autres, à se vexer pour un rien fier d'une identité illusoire.
C'est de ce vieux vêtement dont il faut se détacher et se débarrasser, lui qui n'aura jamais accès à la vie éternelle.
Non pas en se combattant soi-même comme il est trop souvent dit, attitude qui ne peut que mener à une culpabilisation permanente ou à une mortification intérieure qui produisent toutes deux les effets contraire à ceux recherché, à savoir l'égocentrisme, la faiblesse et l'orgueil.
C'est un travail positif qu'il faut accomplir, en se recentrant sur notre âme essentielle, sur notre partie immortelle qui est notre lien à Dieu.
L'Amour divin est une énergie transformatrice, peut-être la plus puissante de l'Univers. En nous ouvrant à Dieu par la prière, on Lui permet de venir résider dans notre cœur et d'y exercer son œuvre de transformation. Encore faut-il vouloir changer, vouloir se rapprocher de l'Absolu, vouloir se débarrasser de sa petite vie qui se cramponne vivement à son mode d'existence illusoire.


En réalité, la réalisation spirituelle, souvent décrite comme un anéantissement de l'ego, n'a pas d'autre but : permettre la dissolution de cette partie de nous, destructrice et non harmonisée, qui fait obstacle à notre réalisation. Il ne s'agit nullement de se fondre dans un grand Tout indifférencié de Lumière Pure, de se suicider spirituellement et de perdre tout individualisme, toute identité. Il s'agit au contraire de se débarrasser de nos vieux vêtements moisis afin de trouver notre véritable moi, beau dans sa nudité authentique et divine. Dieu est Lumière et Source de Vie, en nous baignant en pleine conscience dans Ses eaux, nous devenons nous même plus conscient, plus grand, plus fort mais aussi plus humble et plus aimant que l'on ne l'a jamais été. On se rend compte que nous ne sommes pas la Lumière Suprême mais l'une de ses multiples teintes, l'une de ses expressions. Reliée à Elle, vivant reflet d'Elle mais différent d'Elle.
Lorsqu'on se débarrasse de nos blocages, lorsqu'on guérit nos blessures, lorsqu'on intègre la connaissance, on devient transparent comme du cristal, on enlève les vieux papiers qui collent à notre miroir intérieur et qui empêchent le soleil de s'y refléter.


En réalité, ce verset évangélique prône le détachement.


Et le détachement, clé de tout bonheur véritable et de tout progrès spirituel, n'est pas le « je m'en foutisme », mais l'adoption d'un point de vue plus élevé que l'ego. Pour gagner la vie éternelle, il faut cesser de s'attacher aux petites (et aux grandes) mesquineries de la vie, être comme l'eau de la rivière qui se joue des obstacles mis sur son chemin.


Le détachement, n'est pas afficher une sorte de sentiment de supériorité de façade nous faisant mépriser tout ce qui serait « vile » ou « veule » à nos yeux. Mais au contraire acquérir une vision perçante et profonde des choses, des gens et des événements. Une vision motivée par l'Amour qui a pour conséquence une compréhension de l'autre allant au-delà des schémas établis, au-delà des apparences et au-delà des idées toutes faites bien pensantes.


Le détachement n'est pas une extinction de nos émotions mais le raffinement de celles-ci. Ce n'est pas une destruction de notre ressentit mais la construction d'un ressentit autre, plus serein, plus vrai, plus pur, moins pollué par un émotionnel malade et exacerbé.


Le vrai détachement est un chemin menant à une stabilisation de l'esprit permettant de construire les colonnes de notre temple intérieur, condition sine qua non d'un cheminement spirituel porteur de fruits, qu'on ne peut aborder que droit et solide comme l'Axe du Monde.

Par Galahad - Publié dans : Lectio divina, Bâtin et Pardès - Communauté : Religions en toute liberté
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Jeudi 23 octobre 2008 4 23 /10 /2008 19:22
« Ne soyez donc pas bouleversés : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. Dans la maison de mon Père, beaucoup peuvent trouver leur demeure ; sinon, est-ce que je vous aurais dit : Je pars vous préparer une place ? Quand je serai allé vous la préparer, je reviendrai vous prendre avec moi ; et là où je suis, vous y serez aussi. Pour aller où je m'en vais, vous savez le chemin. »
Thomas lui dit : « Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas ; comment pourrions-nous savoir le chemin ? » Jésus lui répond : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant vous le connaissez, et vous l'avez vu. » (Jean 14 ; 1-7)


Ce passage de l'Evangile de Jean, s'il est interprété littéralement, peut faire croire que seule la foi dans le personnage historique de Jésus mène au Salut. Ce qui est évidemment problématique au vu de l'ensemble des spiritualités terrestres censées toutes mener à l'aboutissement de l'évolution animique. Il est bon de rappeler que déjà au XVIe siècle, devant la découverte du Nouveau Monde, l'Eglise avait peu à peu abandonné sa position horrible d'implication : « En dehors de l'Eglise, point de Salut ! », pour admettre que les Indiens pouvaient être sauvés..
Il est bon de le rappeler, car cette philosophie exclusiviste du Salut refait son retour en force chez les fondamentalistes catholiques, protestants (il s'agit alors de : « en dehors du Christ, point de Salut ! »), orthodoxe ou musulman (en dehors de l'Islam, point de Salut). Sans en avoir la preuve, je ne serais pas étonné que certains bouddhistes exaltés (et oui, il y en a !) pensent qu'en dehors du bouddhisme point de sortie des cycles de la réincarnation !


Cette attitude, outre son sectarisme évident, m'a toujours semblé du plus profond ridicule. Alors comme ça, pour les uns « en dehors du Christ, point de Salut » ? Evacuée alors, la poésie relevée de Jâlal ad din Rûmi, la science mystique d'Ibn Arabi, le verbe foudroyant de Ghazali...
Et pour les autres « en dehors de l'Islam, point de Salut ? » A la poubelle donc, la pensée profonde de Lao Tseu, les élans sublimes de Padmashambava, la force de Milarepa...


Et je ne parle même pas des auteurs classiques et païens, antérieurs au christianisme (et donc à l'Islam) qu'on a voulu faire disparaître dans les oubliettes de l'histoire et qui ne doivent leur survie qu'à l'Académie de Florence : Platon, Plotin, Proclus et l'anonyme Corpus Hermeticum...


- Ho, me dira-t-on, vous citez des classiques de la littérature, tout le monde n'est pas un grand auteur qui traverse les siècles, ces textes sont intéressants d'un point de vue historique et philosophique mais ne sauvent pas. C'est la foi en Jésus (ou en l'Islam) dans la vie quotidienne qui sauve...
- Et quoi ?!? Vous pensez réellement que tous les baptisés seront « sauvés » et les autres condamnés ? Vous pensez vraiment qu'il suffit de prononcer la Shahada pour rejoindre le Paradis ?


S'il suffisait d'avoir un peu de flotte sur la tête ou de murmurer une phrase pour être relié à Dieu, cela se saurait.
Sans dénigrer l'importance du rite du baptême, ou de la profession de foi, ou de la prise de refuge, en tant que rite incluant dans une communauté (symboliquement et psychiquement), il est clair que l'appartenance à une religion spécifique n'est pas en elle-même un gage d'accomplissement spirituel.
Je suis intimement persuadé que la Lumière divine est en chaque être, sans exception, et ce depuis le commencement des temps. Il serait temps de prendre conscience que Dieu ne veut pas de moutons suivant aveuglément des règles toutes faites et édictées par des docteurs de la Loi quelconque. Dieu veut des gens qui aillent vers Lui, en pleine conscience et en pleine liberté. Et ce chemin ne peut s'initier qu'en étant pleinement centré, équilibré et en vérité avec soi-même.


Dieu apportant les Tables de la Loi à Moïse fut un événement capital dans l'histoire humaine, l'irruption directe de Dieu dans l'affaire des hommes... Fut-elle la seule ? Dieu omnipotent n'intervint qu'à ce moment là, à cet endroit là ? Je n'aurais pas la prétention de l'affirmer.


Dieu s'incarnant en Jésus Christ, vrai homme et vrai Dieu fut un événement capital dans l'histoire humaine, l'intervention directe de Dieu pour montrer la Voie aux hommes... Fut-elle la seule ? Dieu omniscient ne s'est-il incarné qu'une seule foi pour montrer un chemin aux hommes ? Je n'aurais pas la prétention de l'affirmer.


Dieu s'exprimant par la bouche de Mahomet, Paix sur Lui, fut un événement capital dans l'histoire humaine, la Parole de Dieu s'adressant à un seul pour le bénéfice de tout un peuple... Fut-elle la seule ? Dieu omniprésent ne s'est-il adressé qu'à une seule de ses créatures ? Je n'aurais pas, non plus, la prétention de l'affirmer.


Alors il serait temps que les gens comprennent : la quête dure depuis le début des temps et sera jusqu'à la fin de temps. L'homme ne recherche qu'une chose : la Lumière de Dieu. Et celle-ci fut, est et sera figurée de mille et une manières. La multitude de formes que l'homme donna (Horus, Mithra, les Ases, Lugh,...), donne (Dieu, Jésus, Bouddha, Shiva,....) ou donnera ( ?) à la Lumière est le reflet de la multitude infinies d'aspects que revêt Dieu, lui qui est au-delà de toutes formes et de tous noms.


Lorsque c'est nécessaire, Dieu intervient ici ou là pour revitaliser la spiritualité, pour réactualiser Sa Présence. Vu de cette manière évidemment, la Vérité n'est plus exclusive mais bien polymorphe. Ce n'est pas un appel au nivellement par le bas ou au syncrétisme creux mais le constat de l'expression éternelle et multiple de la noble quête de l'espèce humaine.


En prononçant ces mots (s'il les a prononcé hein, faut pas oublier que l'Evangile de Jean fut rédigé au bas mot 70 ans après la crucifixion), en prononçant ces mots donc, Jésus nous dit qu'Il est la Voie et la Vérité. Pas lui en tant que corps historique et mortel mais Lui en tant que Lumière des lumières : « Moi, Dieu, je suis le chemin vers Dieu », ce qui n'est pas sans rappeler le fameux « Je suis celui qui Est ». La Lumière est partout présente, même au cœur des ténèbres :


« Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu.
Elle était au commencement avec Dieu. Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans elle. En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes.
La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point reçue. » (Jean 1 ;1- 5)


La Lumière est présente au cœur de chaque être vivant, Elle est le souffle de Vie qui se contrefiche de l'aspect extérieur qu'on lui donne et des formes périssables dont on la revêt car le Feu est éternel et s'adapte sans cesse pour montrer le chemin aux hommes errants.


N'en déplaise aux étriqués qui pensent être les seuls à avoir découvert l'eau chaude et qui tentent de mettre leur patente sur le divin.

Par Galahad - Publié dans : Lectio divina, Bâtin et Pardès - Communauté : Religions en toute liberté
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Vendredi 26 septembre 2008 5 26 /09 /2008 08:56
Personne n'allume une lampe pour la mettre dans un lieu caché ou sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, afin que ceux qui entrent voient la lumière.
Ton oeil est la lampe de ton corps. Lorsque ton oeil est sain, tout ton corps est éclairé ; mais lorsque ton oeil est en malade, ton corps est dans les ténèbres.
Prends donc garde que la lumière qui est en toi ne soit ténèbres.
Si donc tout ton corps est éclairé, n'ayant aucune partie dans les ténèbres, il sera entièrement éclairé, comme lorsque la lampe t'éclaire de sa lumière. (Luc 11, 33-36)

L'œil est l'organe qui fait le lien entre l'âme et le monde matériel dans laquelle elle évolue. C'est l'œil qui nous permet de voir les choses, de porter un regard sur le monde au propre comme au figuré.
Si le regard est malsain, si la vue est biaisée ou faible, alors nous sommes dans les ténèbres. Il faut, comme toujours avec ce Livre de Lumière qu'est la Bible, comprendre les choses dans leurs sens le plus profond. Le Christ ne nous parle pas ici d'un vulgaire problème ophtalmologique mais de la manière intime et profonde dont nous voyons les choses qui nous entourent. Mal interpréter les événements qui se déroulent sous nos yeux, juger son prochain avec les œillères des préjugés et des idées préconçues, ne pas voir les conséquences de nos actes, vivre uniquement le regard centré sur notre « moi » égotique, autant de manière d'avoir un œil malade et de vivre tout entier plongé dans les ténèbres.

 

Seule la Vérité est libératrice, la Vérité cherchée sans peur, sans a priori, sans concession. « Vérité-Lumière » qui n'est pas imposition de petites vérités subjectives pour se rassurer mais bien recherche passionnée de « ce qui est », toujours prêt à remettre en cause les certitudes du jour.
Notre regard doit sans cesse être purifié des scories qui l'encombrent : certitudes gratuites, superstitions et obscurantisme qui enferment l'œil dans un monde de vérités toutes faites et malsaines.

 

A un niveau plus profond encore, ce passage de l'Evangile de Luc nous invite à ouvrir notre vision intérieure, celle qui pourfend l'illusion de la forme pour plonger dans la réalité nouménale, au-delà des apparences. Pour ce faire, il nous appartient de nous mettre au diapason de la Source de Lumière afin que, par contagion, celle-ci vienne allumer notre lampe intérieure qui à son tour rejaillira sur le monde, dissipant les ténèbres de l'illusion phénoménale.

 

En conclusion, l'évolution spirituelle est indissociable du regard que l'on porte sur le monde. Qu'il soit négatif, faible, pessimiste et destructeur et nous voilà dans les ténèbres d'une vie morne, triste et sombre... Qu'il soit prisonnier de ses préjugés, plein de morgues, de frustrations, de peurs et de rancoeurs et nous voilà coincés dans les ténèbres opaques d'une vie stricte et étriquée.

 

Mais qu'il soit lumineux, bon, généreux, qu'il voit les choses au-delà des apparences et nous voilà porté par un vent de lumière dans une vie riche et épique. Qu'il soit prompt à percevoir l'étincelle en chaque être et en chaque événement et le matin sourit, les bonheurs de la vie sont magnifiés et les malheurs relativisés. Qu'il soit confiant et les obstacles s'écroulent devant nous comme un mur de sable devant la marée. Que notre regard soit fort, sincère et reflète la transparence limpide de notre âme et alors nous nous rapprocherons de celui que l'Envoyé portait sur le monde et nous serons proche des Portes du Royaume.

Par Galahad - Publié dans : Lectio divina, Bâtin et Pardès - Communauté : Religions en toute liberté
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Jeudi 31 juillet 2008 4 31 /07 /2008 22:47
La Torah, la Bible ou le Coran ne sont pas de simples livres de bonne conduite. Ils sont, pour qui sait entendre, un reflet de la Lumière divine. Ils sont la clé et la porte menant au Royaume des Cieux. En intégrant et en comprenant de manière intérieure les mots qui sont dit, on peut éveiller en soi la Parole Eternelle.

L'une des plus grande nuisance à la religion et à l'évolution spirituelle de l'humanité est sans conteste le fanatisme et l'obscurantisme. L'une des causes de celui-ci est la lecture littérale des Textes Sacrés. Traduisez par là : la reprise littéral de certains passages sans tenir compte ni du contexte historique, ni de la signification spirituelle de la lettre. Finalement lire littéralement un Texte Sacré sans chercher à en comprendre le sens, c'est un peu comme contempler une église (ou un temple, ou une mosquée, ou une synagogue,...) en pensant regarder Dieu.
Pourtant les exercices de lecture spirituelle des textes existent depuis les débuts des religions du Livre.

Dans le christianisme, c'est la Lectio Divina prônée par les Pères de l'Eglise et théorisée par Origène. Les musulmans distinguent deux niveaux de lecture du Coran (le zâhir ou lecture littéral et exotérique et le bâtin ou lecture secrète et ésotérique du texte). Dans le judaïsme et dans le christianisme les niveaux de lecture sont au nombre de quatre :

1. Le sens historique

Il doit être complémenté par l'exégèse qui consiste à replacer le texte dans le contexte de l'époque et à tenir compte des problèmes de traduction.
C'est un sens historique, qui correspond au passé, cette lecture se nomme Pshat en hébreux, ce qui signifie « littéral ».

2. Le sens allégorique

Il fait la relation entre le passé et le présent. Il est appelé Remez en hébreux (« allusion »). Il consiste à voir au-delà de l'anecdote, ce qui est symbolisé par l'anecdote. Ce qui, somme toute, reprend la méthode d'enseignement du Christ.
Par exemple, aujourd'hui parler de lépreux en Occident n'a plus aucun sens puisque la maladie est éradiquée. Il faut alors voir ce que l'image du lépreux symbolise, celle des parias, des mis au banc de la société.

3. Le sens moral

Nommé Drash en hébreux, signifiant « creuser, sonder, chercher » et qui donnera le terme Midrash désignant l'herméneutique juive. Il correspond au présent et consiste à ouvrir son cœur aux vertus émanées par le Livre Saint. Il ne s'agit pas de tirer quelque vague et formel code de conduite qu'on suivrait à la lettre en sombrant dans une austérité sordide. Non. Ici, il s'agit de s'ouvrir à la pureté christique (ou mosaïque, ou mahométane), c'est-à-dire de devenir transparent et un vivant reflet de Dieu. Devenir transparent et pur, c'est penser, parler et agir vrai, en accord avec son cœur, débarrassé des coutumes particulières, guérit des blessures de l'enfance. Être pur, c'est, dans le quotidien, avoir le regard pur, c'est-à-dire voir dans l'autre un éclat de Dieu, une image de Soi, c'est quitter nos jugements sclérosants, nos schémas limités, notre formalisme limitant. C'est laisser croître une générosité sans limite et se faisant, s'ouvrir à l'Infini du Souffle divin.


4. Le sens anagogique

Il est le plus spirituel, le plus mystique et correspond au Sod hébreux (« secret ») relevant de la Kabbale. La lecture anagogique relève de l'état de conscience plus que de l'intellect. Libéré du flux discordant des pensées quotidiennes, on s'ouvre à la pleine dimension spirituelle du texte. Celui-ci devient un dialogue intérieur entre Dieu et Soi, on touche à l'Ineffable, on entre dans la Hiérohistoire, le Temps Sacré en dehors des limites du temps, là où la Parole est palpable.

L'acronyme des quatre niveaux de lecture en hébreux (Pshat - Remez - Drash et Sod) donne le mot Pardès ou Paradis. De fait, comprendre pleinement les Textes Sacrés, en avoir une vision intérieur et globale ouvre les portes du paradis, c'est-à-dire de l'Union Sainte, le Mariage Sacré entre l'âme du pratiquant et la Source dont il est issu.


Par Galahad - Publié dans : Lectio divina, Bâtin et Pardès - Communauté : Esotérisme et Spiritualité
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