Théosophie

Vendredi 15 mai 2009 5 15 /05 /2009 22:01

Le Soleil est au centre de l’Univers comme le cœur est au centre de l’homme.  Sans Soleil, pas de chaleur ni de vie sur Terre.  Sans cœur, pas de chaleur ni de vie en l’homme.

Du centre de l’Univers, le Soleil darde ses rayons sur la Terre.  Ceux-ci apportent l’énergie invisible qui va permettre à la vie de s’exprimer.  Plus une région est exposée au Soleil, plus la vie éclos dans une multitude de formes, dans une luxuriance d’expressions.

 

« Observe que la Nature parle plus haut le jour que la nuit, vérité que la moindre expérience te confirmera et ton intelligence en apprendra aisément la raison.  Elle t’apprendra que le Soleil est le Verbe de la Nature.  Que quand il la prive de sa présence, elle ne jouit plus de l’usage de ses facultés.  Mais que, quand il vient lui rapporter la vie par sa parole de feu, elle redouble ses efforts pour manifester tout ce qui est en elle. » dit le Philosophe Inconnu dans son livre « Le Ministère de l’Homme Esprit ».

 

Si l’âme n’a pas son siège dans un endroit particulier du corps mais est partout présente, c’est néanmoins dans le cœur que se situe le pont qui mène au Royaume des Cieux.  Tout ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, le cœur est le centre de vie de l’homme comme l’astre du jour est celui du système dans lequel nous vivons. C’est du cœur que s’écoulent les rayons de lumière qui vont permettre à la vie spirituelle de mûrir et d’exprimer sa luxuriance.  Tout comme le Soleil est l’image physique du Dieu Ineffable, le cœur est le contenant du Verbe qui vient apporter la vraie Vie par sa parole de feu.

 

Mais de peur d’être comme le pays trop exposé au Soleil qui se transforme en désert, il nous faut irriguer notre royaume intérieur aux eaux vives de l’Amour.  Dans les tréfonds de notre cœur, par la grâce de la prière.  S’opère alors l’alchimie merveilleuse entre le feu divin et les eaux de la miséricorde divine – entre la Force et l’Amour.  Car comme disait Saint Paul « Quand je parlerais les langues des humains et des anges, si je n'ai pas l'amour, je suis une pièce de bronze qui résonne ou une cymbale qui retentit. Quand j'aurais le don de prophétie, la science de tous les mystères et toute la connaissance, quand j'aurais même toute la foi qui transporte des montagnes, si je n'ai pas l'amour, je ne suis rien. Quand je distribuerais tous mes biens, quand même je livrerais mon corps pour en tirer fierté, si je n'ai pas l'amour, cela ne me sert à rien. » (1 Corinthiens 13 :1).

 

Par la Grâce du Verbe présent en chaque cœur, l’alchimie intérieure mêle l’Amour et la Force pour donner naissance à la sublime Lumière qui va irradier dans la conscience et le corps tel le Soleil resplendit dans l’Univers.  Le cœur de chair devient un cœur de feu qui réchauffe mais ne brûle pas, qui éclaire mais n’aveugle pas, tout l’être est transfiguré et fait un pas vers sa réintégration, vers l’état où il sera unit à Dieu sans confusion ni séparation, il est devenu un cœur de Soleil !

Par Galahad - Publié dans : Théosophie - Communauté : COEUR DE LUMIERE
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Vendredi 8 mai 2009 5 08 /05 /2009 17:09

La tradition spirituelle et ésotérique occidentale a beaucoup développé la notion d’androgynéité sans laquelle, pour Franz von Baader, les mystères de la religion resteraient impénétrables.

« Dieu dit : « Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu'il soumette les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, les bestiaux, toute la terre et toutes les petites bêtes qui remuent sur la terre ! Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa ;

mâle et femelle il les créa. » (Gn 1 :26-27).  Ce passage de la Genèse est celui qui fait mention pour la première fois de l’espèce humaine semble plaider pour une création androgyne de l’Adam Kadmon, de l’âme humaine.  Avant la chute, l’âme humaine possède les deux  polarités en elle.

 

L’Homme, contrairement aux animaux, fut créé directement par Dieu, non pour vivre sur Terre mais pour régner sur elle et sur la Création.  Pour Martines de Pasqually, « Adam, dans son premier état de gloire, était le véritable émule du Créateur.  Comme pur esprit, il lisait à découvert les pensées et les opérations divines… Adam (…) vit que sa puissance était grande et apprit à connaître avec certitude une partie du tout composant l’univers.  Cette partie est ce que nous nommons le particulier, composé de tout être actif et passif habitant depuis la surface terrestre et son centre jusqu’au centre céleste appelé mystérieusement ciel de Saturne » (Pasqually, Traité de la Réintégration des Etres, 8)

Dans cet état, la responsabilité de l’Homme était lourde puisqu’il s’agissait ni plus ni moins que d’être le gérant de l’Univers pour le Créateur ; « Adam aussi avait part à ce flamboiement et à cette splendeur de Dieu avant la transgression, quand il était vraiment couvert d’un vêtement de gloire, il n’était pas nu.  Mais il était bien plus paré de beauté, cela va sans dire, que ceux qui maintenant sont couronnés de diadèmes ornés de beaucoup d’or et de pierres brillantes. » (Grégoire Palamas, 150 chapitres, 67) 

 

Par ailleurs, il est dit « Dieu les bénit et Dieu leur dit : « Soyez féconds et prolifiques, remplissez la terre et dominez-la. Soumettez les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et toute bête qui remue sur la terre ! » (Gn 1 :28) 

A cette époque d’avant le temps tel que nous le connaissons, l’âme humaine est un agent-esprit comprenant directement la volonté divine et se reproduisant de manière autonome sans que ses polarités masculine et féminine n’actualisent leur opposition.

« Adam ayant ainsi opéré et manifesté sa volonté au gré du Créateur, reçut de lui le nom auguste d’homme-Dieu de la terre universelle, parce qu’il devait sortir de lui une postérité de Dieu et non une postérité charnelle. »(Pasqually, ibidem, 10)

Pour von Baader, la mission d’Adam était de maintenir en soi l’état d’androgyne afin de se « fixer » lui-même comme une image de Dieu par elle-même ni mâle ni femelle.  De cet ordre d’idée, l’Homme, la plus jeune des classes d’esprit émanée par Dieu, n’était pas immuable mais devait faire en quelque sorte ses preuves pour devenir le Roi tout-puissant de la Création ne connaissant que Dieu comme suzerain.

Par Galahad - Publié dans : Théosophie - Communauté : Esotérisme et Spiritualité
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Vendredi 20 mars 2009 5 20 /03 /2009 19:13

Dans les légendes celtiques, la Déesse Ceridwen supplia les druides de lui donner la recette d’un breuvage apportant la Sagesse ultime à qui en boirait.  La Déesse réservait ce divin liquide à son fils Afagddu pour compenser la laideur de celui-ci.  Comme la potion était très longue à préparer, Ceridwen demanda au jeune Gwion de surveiller le chaudron dans laquelle elle cuisait.  Il était connu que seules les trois premières gouttes du chaudron étaient bénéfiques, le reste du breuvage, un poison virulent. 

Mais Gwion, très distrait, mit trop de bois sous le chaudron et le liquide se mit à bouillir méchamment.  Trois gouttes tombèrent sur la main du jeune homme qui la porta à ses lèvres et qui acquis instantanément l’illumination.

Furieuse que le breuvage destiné à son fils fut gâché, Ceridwen se jeta sur le jeune homme.  Pour s’échapper, Gwion mit à profit sa nouvelle connaissance de toute chose pour se changer en lapin, mais la Déesse se changea en chien.  De lapin, Gwion sauta dans une rivière et se transforma en poisson, la Déesse le suivit sous forme de brochet.

Dans un bruissement d’ailes, le pauvre Gwion s’extrait de l’eau sous la forme d’un oiseau, bientôt suivit par un redoutable faucon.  Enfin, Gwion aperçoit un tas de grain et devient un grain parmi les grains, espérant échapper à la vengeance de Ceridwen.  Mais celle-ci se transforma une dernière fois en poule et avala tous les grains.  Elle tomba enceinte et neuf mois plus tard, Gwion renaquit à lui-même et devint Taliesin, le Barde des bardes.

 

La signification de la légende est plutôt claire : l’Inspiration Divine se trouve dans le chaudron, symbole féminin par excellence.  Le Chaudron est la part féminine de l’Etre, celle qui se trouve en chacun de nous, qu’on soit homme ou femme car « Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa ; male et femelle il les créa. (Gn 1 :27) »

 

Dans notre état d’exil, nous sommes séparés de cette partie de nous, de cette moitié inspiré et inspirante.  Car c’est dans cette partie inconnue, créative, surconsciente que se trouve caché la source d’inspiration capable de nous relier à la Source de toute chose, notre partie féminine est notre fil d’Arianne capable de nous guider hors du labyrinthe des illusions. 

Il nous appartient d’épouser cette partie féminine au cours des Noces Chymiques, autre manière de désigner le mariage entre la partie rationnelle et spirituelle de notre être, entre notre côté humain et notre côté divin, entre notre corps et notre esprit…

 

Avant d’atteindre cette partie profonde de notre être, encore faut-il en passer les épreuves, échapper aux gardiens qui en protègent le seuil et qui sont ne sont jamais que nos peurs de grandir, nos peurs de l’inconnu, nos peurs d’évoluer.   

Cette résistance au changement, à l’exploration de nous même nous fait rejeter notre Féminin des Profondeurs.   Alors Eve devient Lillith, démon plein de rancœur qui se tapi dans les tréfonds de notre conscience et surgit sous forme de cauchemars, d’aigreurs inconscientes, de dépressions ou de psychoses. Erreur ! Car oublier ou dénigrer l’autre partie de nous, revient à refouler l’inspiration, à nous fermer au créatif et finalement à rejeter le divin.

 

Quoique peu mis en valeur aux cours des âges, le féminin sacré et intérieur est partout présent dans la Bible, dans l’Ancien Testament sous les traits d’Eve, des Matriarches et des autres femmes présentes (voir à ce sujet l’excellent livre d’Annick de Souzenelle, Le féminin de l’Etre) et dans le Nouveau sous les traits de Marie Madeleine et surtout de Marie, quintessence de la Féminité Sacrée portant l’Enfant Dieu, Roi du Monde.    

 

En épousant notre Féminin Sacré, nous nous renouvelons, nous accouchons de notre enfant divin intérieur et nous nous préparons aux noces ultimes, celles qui nous consacrerons en tant qu’épouses de Dieu.

Par Galahad - Publié dans : Théosophie - Communauté : Le Monde Spirituel
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