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Théologie et spiritualité

Dimanche 26 mai 2013 7 26 /05 /Mai /2013 20:53

 

The miracle of Christ healing the blind(1575,oil on canvas)Le secret du discernement entre le bien et le mal est d'une simplicité désarmante. C'est l'Evangile qui fournit la clé. Alors qu'il vient de guérir un sourd-muet, Jésus est pris à parti par un groupe de pharisiens qui l'accuse de guérir avec l'aide du démon Belzébuth :

 

Et les scribes, qui étaient descendus de Jérusalem, disaient : « Il a Béelzéboul ! » et : « C’est par le chef des démons qu’il chasse les démons. » Il les appela et leur dit en parabole : « Comment Satan peut-il chasser Satan ? Si un royaume est divisé contre lui-même, ce royaume ne peut subsister ; et si une maison est divisée contre elle-même, cette maison ne pourra subsister. Si donc Satan s’élève contre lui-même et se divise, il ne peut pas subsister, mais il est fini. (Marc 3 ; 22)

Autrement dit, c'est aux effets, aux conséquences qu'on mesure la source d'une pensée ou d'une action. On reconnaît un arbre à ses fruits, si quelque chose (une technologie, un concept philosophique, une capacité psychique, une pratique spirituelle, une expression artistique,...) élève, inspire, guérit, libère, concourt à améliorer le niveau de vie, l'intelligence et l'évolution, il s'agit forcément d'une idée inspirées par l'Esprit et les anges.

Par contre, tout ce qui enferme, tyrannise, déshumanise, rabaisse, discrimine, blesse ou abrutit provient du puits sans fond où résident les forces d'entropie.

 

Saint Ignace le dit très bien : «C'est le propre de Dieu et de ses anges, dans leurs motions, de donner la vraie joie et l'exultation spirituelle, en écartant la tristesse et le trouble que suscite l'ennemi»1

 

Travailler ce discernement peut permettre un véritable dialogue entre les différentes demeures qui se trouvent dans la maison de Dieu. Que ce dialogue soit œcuménique ou inter-religieux, nous devons commencer par balayer devant notre porte, quelque soit la tradition dont nous faisons partie afin d'éliminer toute trace de pensée pharisienne en notre cœur.

 

Éliminer toute trace d'image idolâtre de Dieu, à savoir toute trace d'un Dieu vengeur, juge ou légaliste. Images issues de nos frustrations, de nos manques de repères, de nos immaturités, de nos failles affectives...

Dans cet ordre d'idée, la notion même de permissivité ou de libéralité dont les intégristes font usage contre ceux qu'ils qualifient de modernistes ou de progressistes n'a pas lieue d'être car la liberté en Dieu est totale. Cela veut-il dire que tout est bon ? Que tout se vaut ? Qu'il ne faille jamais séparer le bon grain de l'ivraie ? Bien sûr que non !

Tout obscurantisme est un non-sens, toute peur de l'autre ou du changement est une aberration, toute discrimination exercée au nom de Dieu est une abomination. Tout ce qui provoque la douleur ou la haine, tout ce qui blesse le corps ou l'esprit, tout ce qui durcit le cœur ou éteint le feu créatif doit être combattu avec la dernière énergie. Et malheureusement, de tels comportements ne sont pas absent du christianisme qui de témoignage devient alors une simple religion avec ses préjugés, ses superstitions, ses règles ou ses prescriptions.

 

Le christianisme au contraire se doit d'être au-dessus de la notion de religion, c'est à dire non pas de dominer ou de se prétendre meilleur mais au contraire de témoigner avec confiance et humilité de la rencontre qu'il propose. Car l'Eglise est le corps même du seul Dieu que tous les humains recherchent. Or ce Dieu sanctifie, pour ne pas dire baptise, tous ceux qui se tournent vers Lui car ce Dieu est Amour, « celui qui n'aime point ne connaît pas Dieu, car Dieu est amour. (1 Jn 4,9)

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Il appartient donc aux chrétiens de reconnaître la sincérité de la démarche des différentes voies ou religions qui co-habitent sur Terre et peut-être de faire jaillir en elles l'étincelle d'Amour qu'elles contiennent, sans orgueil, ni arrogance exclusiviste aucune.

 

Dans cet ordre d'idée, en restant profondément enracinée, sans tomber dans un relativisme fade, ni diminuer en quoique ce soit la puissance et la portée des sacrements qu'Elle transmet, l'Eglise se doit de faire preuve de discernement en son sein et de porter sur l'autre un regard plein de la générosité digne du Dieu d'Amour afin d'assumer pleinement le rôle de support du monde qui est le sien.

Par Sébastien Morgan - Publié dans : Théologie et spiritualité - Communauté : Religions en toute liberté
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Dimanche 12 mai 2013 7 12 /05 /Mai /2013 16:21

 

Lucifer_Liege_Luc_Viatour_new.jpgSaint Paul a définitivement jeté un doute dans la perception spirituelle du monde : « Satan lui-même se camoufle en ange de lumière. » (2 Cor 11 ; 14)

Ainsi donc, pour l'Apôtre, les démons et leur chef pourraient tromper le monde et se faire passer pour ce qu'ils ne sont pas quand cela les arrange. Ce qui parait bien serait en réalité mal et vice-versa. Dans tous les domaines de l'existence, ce qui semble au départ bénéfique pourrait être en réalité œuvre de perdition. Rien d'étonnant à cela puisque le Diable est le père du mensonge : Votre père, c'est le diable, et vous avez la volonté de réaliser les désirs de votre père. Dès le commencement il s'est attaché à faire mourir l'homme ; il ne s'est pas tenu dans la vérité parce qu'il n'y a pas en lui de vérité. Lorsqu'il profère le mensonge, il puise dans son propre bien parce qu'il est menteur et père du mensonge (Jn 8 ; 44).

Autrement dit, comme dans toutes guerres, il y a l'information et la désinformation, les espions et les agents doubles. Combien de fois dans l'Histoire, l'être humain ne s'est-il pas laissé berner par des idées qui semblaient réellement bonnes et généreuses mais dont les conséquences créèrent l'enfer sur Terre ?

L'enfer est pavé de bonnes intentions et aucun être humain, en son fort le plus intérieur, ne souhaite faire le mal. Créés à l'image de Dieu, baigné dans Son amour, chacun souhaite plus ou moins consciemment œuvrer pour le Bien.

Mais la Chute, l'action des esprits mauvais et le manque de discernement qui en résulte brouillent les idées. « L'enfer est pavé de bonnes intentions » dit-on et « qui veut faire l'ange, fait la bête ».

 

Les grandes idéologies politiques du XXe siècle (nationalisme, communisme, nazisme et leurs dérivés), ont entraîné les peuples dans l'horreur et le meurtre de masse.

Mais en dehors des meurtres politiques de masse, il y a également tous les laissés-pour-compte qui sont condamnés à vivre dans des conditions abominables ou les nouveaux travailleurs pauvres, harcelés et exploités par des patrons peu scrupuleux se targuant pourtant d'  « offrir du travail ». En politique et en économie, toutes les aberrations et les injustices sont commises au nom du bien commun.

 

Et les idéologies religieuses ne sont pas en reste, inutile rappeler la triste Inquisition, la chasse aux hérétiques, les guerres de religion et les jihads.

Mais il n'y a pas que les meurtres physiques, chaque fois qu'une femme est dénigrée, chaque fois qu'un être humain est culpabilisé, chaque fois qu'un dignitaire s'arroge le droit d'exercer un pouvoir psychologique sur l'une de ses ouailles, chaque fois qu'un théologien instille le poison de la peur ou de la discrimination, il contribue à l'enfer sur Terre au nom de Dieu.

 

Alors que faire ? Que penser ? A qui se fier ?

 

Combien de fois, les tyrans spirituels ont-ils utilisé cet argument pour contrer un réel progrès mettant leur pouvoir en danger : l'Ennemi peut se déguiser en ange de Lumière !

Ainsi fut condamné le concept d'égalité entre les hommes, le droit des femmes à vivre libre, la démocratie, les droits de l'Homme, les progrès scientifiques, la liberté artistique, les pratiques spirituelles non avalisées par les institutions en place,... Condamnations paranoïaques et malheureusementgoya-tribunal.jpg

 

toujours d'actualité dans l'esprit des intégristes qui s'arrogent bien-sûr le pouvoir d'être les seuls en position de trancher, les seuls capables de discerner le bien du mal. (à suivre...)

 

PHOTO Lucifer : crédit Luc Viatour / www.Lucnix.be

Par Sébastien Morgan - Publié dans : Théologie et spiritualité - Communauté : DES CHRETIENS SUR OVER-BLOG
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Lundi 29 avril 2013 1 29 /04 /Avr /2013 08:50

 

399px-Leonidas-_Sparte.JPG Tout être vivant (et le règne du vivant va bien plus loin que ce que l'on croit, en-deçà du règne des hommes et au-delà du monde visible) est créé par Dieu et pour Dieu. Sans Dieu, notre action est bornée, limitée, nous sommes emprisonnés dans la cage des limitations, de l'entropie, des peurs, des habitudes et des coutumes traditionnelles.

La phrase de Saint Paul « ce n'est plus moi qui vit mais Dieu qui vit en moi » n'est pas la figuration d'un être téléguidé par Dieu comme dans un cas de possession mais d'une personne qui a accueilli en lui la Lumière personnifiée. Cette Lumière-Christ va briser les chaînes qui l'entravent, va faire éclater les carcans qui l’alourdissent, va dilater sa personne au-delà du concevable. Le Christ ne prend pas le contrôle des pensées, des paroles et des actions de son hôte mais les éclaire, les transfigure, leur donne valeur d'Eternité.

C'est dans l'union à Dieu que l'Homme se débarrasse de ses entraves intérieures et qu'il devient parfaitement libre.

Or avant cet instant béni où l'âme-corps est tout entier transfiguré par la synergie de la volonté humaine portée par la Volonté divine, l'Homme doit se fortifier, se renforcer, se structurer. Comme un enfant qui avant de marcher seul, apprend à se tenir, à s'agripper aux points d'appui, à tomber aussi parfois.

 

A chaque fois que l'on veut réaliser quelque chose, des forces opposées jaillisent pour nous freiner. La réalisation d'un projet demande alors une mobilisation supplémentaire des forces pour passer outre les blocages et les embûches qui ne manquent pas de se dresser devant nous.

Il en va de même pour l'épanouissement de l'âme. Celui qui cherche à s'harmoniser avec l'Esprit, à rejoindre sa maison intérieure, à renouer avec le Dieu personnel, celui-là sera dans un premier temps soumis à l'attaque des forces obscures.

Mais l'homme ne doit pas être écrasé par les forces de destruction et d'enchaînement, par ses peurs et pulsions d'échecs. au contraire il doit lutter contre elles avec toute l’opiniâtreté et toute la bravoure possible. Même submergé par les troupes de l'Adversaire, il devra être comme ses généraux héroïques qui savent mobiliser leurs troupes et affronter un ennemi plus fort ou plus nombreux.

Prendre sa croix, c'est assumer les difficultés, les affronter avec détermination, comme le Christ affronta le Golgotha avec détermination.

 

Comme Leonidas faisant face sans peur aux hordes de Perse mille fois plus nombreuses, l'homme spirituel se tient prêt. Protégé par la cuirasse de justice, le casque du salut, le bouclier de la foi et le glaive de l'Esprit (Eph 6 ; 11), il regarde son ennemi droit dans les yeux et se prépare à l'affrontement.

Signalons au passage que dans le domaine de la spiritualité, la pire faille est la culpabilité. Celle-ci doit être immédiatement évacuée et balayée. La culpabilité est une ruse de l'Ennemi pour nous maintenir dans la conscience de nos manques. Focalisé sur nos faiblesses et nos erreurs, celles-ci prennent une dimension et une existence qu'elles n'avaient peut-être pas au départ. Aussi, doit-on apprendre à développer une conscience juste de nos actions et une intention ferme de ne plus tomber dans les travers qui bloquent notre développement. C'est dans cette ferme résolution, soutenu par Dieu que nous pourrons vaincre.

Car contrairement au roi de Sparte qui savait qu'il donnerait sa vie contre l'ennemi Perses, le chrétien sait qu'il finira par vaincre. Il sait qu'au plus fort du combat, lorsque son âme et sa foi auront été suffisamment fortifiées, lorsque son sens du bien aura été suffisamment éprouvé, lorsque sa confiance en Dieu aura été suffisamment et solidement tressée, alors le cor annonçant l'arrivée des renforts retentira.

Dieu entourée de ses anges sonnera la charge, l'Adversaire sera vaincu et l'Homme couronné :

 

« Le Dieu de toute grâce, qui vous a appelés à sa gloire éternelle en Christ, vous rétablira lui-même après que vous aurez souffert un peu de temps ; il vous affermira, vous fortifiera, vous rendra inébranlables. » (1 Pierre 5 ; 10)

Délivré de l'emprise et de l'angoisse des forces d'entropie et de mort par l'aide et le concours de la Vie elle-même, il peut alors franchir le gouffre de l'infini et paisiblement voguer vers les contrées où brille un soleil qui n'est pas de ce monde. Traversé par la lumière divine, il devient alors pleinement reflet terrestre de l'amour de Dieu :


« Quand donc l'âme désespère d'elle-même et n'en peut plus, à cause de l'excessive tribulation qu'elle subit et de la mort qui est devant ses yeux, à l'instant même, d'une main puissante et à bras étendu, par l'illumination du Saint-Esprit, Dieu brise la puissance des ténèbres, l'âme franchit les lieux redoutables et traverse la mer des ténèbres et du feu dévorant. Ce sont là les mystères de l'âme, lesquels s'accomplissent réellement dans l'homme qui s'efforce d'atteindre la Vie promise et qui, délivré du règne de la mort, reçoit de Dieu comme gage la participation au Saint-Esprit. Ensuite, l'âme délivrée de ses ennemis, ayant traversé l'océan amer grâce à la puissance divine, voit périr devant ses yeux les ennemis dont elle était auparavant l'esclave, et elle exulte d'une joie ineffable ; glorifiée, elle reçoit de Dieu la consolation et se repose dans le Seigneur. Alors, l'Esprit qu'elle a reçu chante à Dieu un cantique nouveau sur le tambourin, c'est-à-dire19A_0640.jpg avec le corps, et sur la cithare, c'est-à-dire sur les cordes spirituelles de l'âme et sur les pensées les plus subtiles, avec le plectre de la grâce divine, et il adresse des louanges au Christ vivificateur. En effet, tel le souffle qui traverse la flûte en produisant un son, le Saint-Esprit chante à travers les saints et les hommes spirituels et prie Dieu dans la pureté du cœur. »1 



1Calliste le Patriarche, Sur la prière, 5-6

Par Sébastien Morgan - Publié dans : Théologie et spiritualité - Communauté : Religions en toute liberté
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Jeudi 11 avril 2013 4 11 /04 /Avr /2013 00:34

 

2241_illumination.jpgL'Homme qui veut se construire, retrouver la Lumière enfouie en lui, n'est pas seul dans cette tâche ardue. Fort heureusement car s'il était seul, l'Homme n'arriverait sans doute pas à remporter ce combat qui l'oppose à ses illusions, à ses angoisses, à ses peines, à ses désillusions, à ses vices et à ses faiblesses. Toutes ces failles qui sont exploitées volontiers par les forces mauvaises, les courants d'entropie et les vents sombres toujours prêts à se jeter sur l'âme fragile :

 

« Soyez sobres, veillez ! Votre adversaire, le diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer. Résistez-lui, fermes dans la foi, sachant que les mêmes souffrances sont réservées à vos frères dans le monde. » (1 Pierre 5 ; 8-9)

Ces forces noires habitent l'univers et notre inconscient, elles sont tout ce qui tire l'homme vers le bas, le fait vaciller et menace de l'écarteler intérieurement. Elles sont tout ce qui blesse l'Amour.

Le fait de savoir que chacun est soumis aux mêmes tribulations, aux mêmes attaques, dans son chemin vers la déification devrait gonfler l'humanité tout entière d'un sentiment de solidarité et de fraternité, abolir toute trace d'égocentrisme et d'égoïsme.

C'est évidemment loin d'être le cas, tant l'humanité est sourde à l'appel de sa Source, aveugle aux liens qui l'unissent à Dieu. A notre époque, c'est d'ailleurs quelque chose de très dur à entendre que cette profonde gnose spirituelle véhiculée par le christianisme: « l'individu ne peut se réaliser pleinement, ontologiquement, par ses propres forces. »

Cette assertion voudrait-elle dire que l'Homme serait réellement dépendant de Dieu ? Qu'est ce que cela signifie ? Que Dieu prévaut sur l'Homme, qu'Il souhaite se faire obéir comme un caporal à ses soldats ? Ne s'agirait-il pas plutôt de délires de religieux fanatiques toujours prêts à déconsidérer l'être humain, à lui enlever toute dignité au profit d'un Dieu dictatorial ? D'une certaine façon, oui. Dieu n'est ni un caporal, ni un être capricieux rivalisant de puissance avec un homme qu'Il souhaite asservir. Cette vision toute jupitérienne, hérétique ou païenne est une vision archaïque qui fut trop longtemps instrumentalisée comme outil de pouvoir. Car il est vrai que certains hommes d'Eglise se comportèrent plus en maîtres de secte cherchant à terroriser et à rabaisser leurs ouailles afin de mieux asseoir leur autorité et la main mise de leur caste.

Aujourd'hui, la société moderne a pris le contrepied, nous habituant aux méthodes de développement personnelle, aux self made-man, aux do-it yourself, soyez qui vous voulez être, tout est possible ! Tout cela est très positif et fait partie d'un processus de libération des consciences et de la société instillé par l'Esprit. Chacun a un potentiel de créativité infinie qu'il convient de libérer afin de sortir de la logique consumériste dans laquelle nous nous sommes enfermés. Mais ces méthodes de développement personnel ne doivent pas se mettre au service exclusif d'un monde marchand cupide ou d'un désir égocentrique de posséder le monde. Seul la notion de créativité pleinement vécue et assortie d'une volonté de partage total pourra nous sortir de la logique égocentrique et destructrice que nous connaissons. Dieu seul est le but ultime du voyage que nous entreprenons dans la vie terrestre. Seul Dieu est source du bonheur en plénitude. Dieu qui ne désire qu'une seule chose : que nous soyons parfaitement équilibré, parfaitement nous-mêmes et parfaitement autonome.

Autonome ? C'est là tout le paradoxe rarement compris, toute la source de tant de malentendu et de mauvaise orientation philosophique : notre autonomie dépend de notre lien à Dieu.

Paradoxe ultime d'une vie suspendue au-dessus de l'abîme par le fil d'or de la présence divine. Car Dieu ne veut pas de pantins asservis. Quel parent sain d'esprit voudrait que ses enfants restent pendus à son crochet ? Quel parent sain d'esprit voudrait d'un enfant incapable de prendre une décision seul, incapable de marcher seul, incapable d'avoir une opinion seul ? Quel parent sain d'esprit ne rêverait pas que son enfant soi parfaitement autonome et parfaitement libre ? Matt-17-Transfiguration-Picture.jpg

 

Alors à plus forte raison Dieu veut-Il toutes ces choses. Mais comme Il est Dieu et qu'Il voit les choses avec Son infinie grandeur, Dieu veut des êtres autonomes et libres au-delà de tout ce qu'on peut imaginer. Dieu veut que ses enfants soient des êtres déifiés, brillant comme des étoiles, éclatant comme des soleils et totalement auto suffisants.

Par Sébastien Morgan - Publié dans : Théologie et spiritualité - Communauté : DES CHRETIENS SUR OVER-BLOG
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Dimanche 7 avril 2013 7 07 /04 /Avr /2013 00:10

Petit entretien des époux Goettmann sur la méditation et le centre de l'être.  Réflexions très élevées qui restent dans la pure tradition chrétienne et ne se privent pas de faire certains rapports pertinents entre les traditions tout en évitant le piège du syncrétisme bon marché :

 

Par Sébastien Morgan - Publié dans : Théologie et spiritualité - Communauté : DES CHRETIENS SUR OVER-BLOG
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Mercredi 3 avril 2013 3 03 /04 /Avr /2013 15:16

 

Theophanie_Boussaev.jpgQue le péché ne règne donc plus dans votre corps mortel pour vous faire obéir à ses convoitises. Ne mettez plus vos membres au service du péché comme armes de l'injustice, mais, comme des vivants revenus d'entre les morts, avec vos membres comme armes de la justice, mettez-vous au service de Dieu. Car le péché n'aura plus d'empire sur vous, puisque vous n'êtes plus sous la loi, mais sous la grâce. (Rm 6 ; 12-14)

 

Le baptême actualise la lumière qui se trouve inscrite en chaque être. Le chrétien possède en lui un trésor immense : une fine partie de lui est reliée d'une manière insécable à Dieu. Comme si une graine avait été plantée en lui au jour de son baptême et qui ne demandait qu'à éclore. Or cette graine de Vie si elle est proprement arrosée et entretenue, donnera naissance à un sens particulier, le sens spirituel ou la conscience interne de la loi.

 

Par le baptême de la régénération, la sainte grâce nous confère deux biens, dont l'un surpasse infiniment l'autre. Elle nous octroie immédiatement le premier ; car elle nous renouvelle dans l'eau même et fait briller tous les traits de l'âme, c'est-à-dire l'image de Dieu, en effaçant en nous tous les plis du péché. Quant à l'autre, elle attend notre concours pour le produire : c'est la ressemblance. Quand donc l'intellect a commencé de goûter, dans un sentiment profond, la bonté de l'Esprit-Saint, alors nous devons savoir que la grâce commence à peindre, pour ainsi dire, la ressemblance par-dessus l'image. De même, en effet, que les peintres tracent tout d'abord avec une seule couleur l'esquisse du portrait et que, faisant fleurir peu à peu une couleur sur l'autre, ils conservent jusqu'aux cheveux mêmes l'aspect du modèle, de même aussi la grâce de Dieu commence, dans le baptême, par refaire l'image ce qu'elle était quand l'homme vint à l'existence. Puis, quand elle nous voit aspirer de tout notre vouloir à la beauté de la ressemblance et nous tenir nus et sans préoccupations dans son atelier, alors, faisant fleurir vertus sur vertus et élevant la beauté de l'âme de splendeur en splendeur, elle lui procure la marque de la ressemblance. Ainsi donc le sens intime révèle bien que nous sommes en train d'être formés à la ressemblance ; mais la perfection de celle-ci, nous ne la connaîtrons que par l'illumination. Toutes les autres vertus, en effet, l'intellect, dans son progrès, les reçoit par le sens, selon une mesure et un rythme indicibles ; mais la charité spirituelle, nul ne peut y atteindre s'il n'est illuminé en toute plénitude par le Saint-Esprit. Car si l'intellect ne reçoit parfaitement la ressemblance grâce à la divine lumière, il peut avoir à peu près toutes les autres vertus, mais il reste encore dénué de la charité parfaite. En effet, quand il a été rendu semblable à la vertu de Dieu, autant évidemment qu'il est loisible à l'homme de se rendre semblable à Dieu, alors aussi il porte la ressemblance de la divine charité. De même, en effet, que dans les portraits toutes les nuances fleuries des couleurs, ajoutées à l'image, conservent, jusqu'au sourire même, la ressemblance du modèle, de même aussi, en ceux que la grâce divine peint à la ressemblance de Dieu, l'illumination de la charité, en s'y ajoutant, révèle que l'image a totalement rejoint la beauté de la ressemblance.1

 

Peu à peu, alors qu'elle se rapproche de la ressemblance, la conscience se met au diapason de l'harmonie divine et tout ce qui est étranger à cette harmonie lui apparaît comme nuisible et elle s'en écarte instinctivement, actualisant ce qui est dit dans les Écritures :

 

Je ferai sur vous une aspersion d'eau pure et vous serez purs ; je vous purifierai de toutes vos impuretés et de toutes vos idoles. Je vous donnerai un cœur neuf et je mettrai en vous un esprit neuf ; j'enlèverai de votre corps le cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai en vous mon propre Esprit, je vous ferai marcher selon mes lois, garder et pratiquer mes préceptes. (Ez 36 ; 26-27)

 

Autrement dit, à ce point de développement spirituel, le chrétien actualise une Loi complètement intériorisée.

 

Il n'idolâtre rien ni personne, non pas par peur de l'enfer mais parce qu'il possède un discernement inspiré par l'Esprit qui lui permet de mettre chaque chose à sa place, dans le bon ordre d'importance. Or qui a-t-il de plus important que le Dieu Amour ? Qui a-t-il de plus important que de se nourrir à la source d'illumination ? Qui a-t-il de plus important que de se laisser porter par Celui qui est la source du bonheur authentique ? Car le but de l'existence n'est autre que le bonheur. Dieu ne veut pas autre chose pour ses enfants, n'en déplaise aux mines contrites et aux sado-masochistes de la spiritualité. Dieu veut le bonheur, mais le vrai. Pas de celui que donne une satisfaction passagère, vite oubliée, mais de celui qui participe à l'épanouissement de l'âme, à la construction de l'Etre. Dieu veut le bonheur que connait l'âme qui se rapproche de son véritable but : les noces avec Dieu.

 

Il ne commet pas de meurtre non pas par peur de Dieu mais parce qu'il a violemment conscience de la valeur de chaque vie.

Il ne vole pas non par peur de la prison mais parce qu'il respecte profondément autrui.

Il ne ment pas, non par moralisme mais parce qu'il a épousé la Vér 300_450_bapteme-christ.jpg ité, que le mensonge le dégoûte et qu'il a assez de force intérieure que pour assumer les conséquences de ces actes. 

Il ne commet pas l'adultère et ne trahit pas ses amis, non par pudibonderie mais parce que rien n'est plus précieux à ses yeux que la loyauté et la forteresse d'amour bâtie jour après jour.

 

Pour celui qui actualise cette grâce, l'Amour devient une seconde nature, non, mieux encore... il devient l'Amour, il devient véritablement lui-même, il devient comme Dieu.


1Diadoque de Photicé, Cent chapitres gnostiques, 89 ; SC 5 bis, p 149

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Jeudi 28 mars 2013 4 28 /03 /Mars /2013 22:54

Maurice Ernst, président de l'association "les Amis de Teilhard de Chardin", nous parle ici de la vie de Pierre Teilhard de Chardin. Dans un style sobre et scolaire, le conférencier trace les grandes étapes de la vie de cet esprit brillant et novateur que fut le Père Teilhard.

A la fois l'un des plus grands esprits théologiques de son temps et l'un des scientifiques les plus avertis, la vie de Teilhard bascule définitivement lors de la Première Guerre Mondiale où il fera l'expérience des tranchées comme simple brancardier. L'horreur mais aussi l'intensité presque mystique des combats le changeront définitivement et lui donneront cette liberté de pensée qui sera toujours la sienne.

Liberté de pensée certes mais aussi loyauté car si ses idées choquent la frange conservatrice de l'Eglise, Teilhard lui restera néanmoins fidèle ainsi qu'à son Ordre Jésuite. Aussi, suivant les prescriptions de sa hiérarchies, il ne cherchera pas à être publié. C'est grâce à son assistante, Jeanne Mortier, que ses œuvres seront publiées après sa mort.

Une conférence vraiment intéressante, comme une mise en bouche d'une deuxième sur la pensée du Père et sur laquelle nous aurons l'occasion de revenir (on peut en voir un extrait ci-dessous).

 

Pour voir la vidéo de la conférence : Vie de Pierre Teilhard de Chardin, c'est ICI

 

 


 

 

Par Sébastien Morgan - Publié dans : Théologie et spiritualité - Communauté : DES CHRETIENS SUR OVER-BLOG
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Lundi 25 mars 2013 1 25 /03 /Mars /2013 09:24

icone-resurrection-descente-aux-enfers.jpg Voici un texte de Mgr Hilarion Alfeyev du Patriarcat de Moscou.  Je n'aime généralement pas ses positions sociétales ultra conservatrices, mais je reconnais qu'en terme de théologie, il est l'auteur de belles lignes dont celles-ci rédigées en  2008 et auxquelles je souscris pleinement :

 

« Dieu a façonné l'homme avec de la « poussière de la terre », c'est-à-dire avec de la matière.

 

L'homme est ainsi chair de la chair terrestre, avec laquelle les mains de Dieu l'ont modelé. Dieu a également soufflé en lui un souffle de vie et l'homme est devenu une « âme vivante » (Gn 2,7). Sorti du « limon » de la terre, l'homme reçoit un principe Divin, en gage de son union à la vie Divine: « Ayant façonné Adam à Son image et à Sa ressemblance, par cet insufflement Dieu a déposé en lui la grâce, la connaissance et la lumière du très Saint Esprit ». « Le souffle de vie » peut être interprté comme étant l'Esprit Saint (le « souffle » comme l'« esprit » dans le grec de la Bible sont désignés par un terme identique, pneuma ). Par l'acte même de la création l'homme devient participant à la Divinité et dès lors il tranche de la façon la plus péremptoire sur tous les autres êtres vivants: il n'occupe pas simplement le point le plus élevé dans la hiérarchie du monde animal, mais il fait figure de « demi-dieu » au regard des animaux. Les Saints Pères désignent l'homme comme un « intermédiaire » entre le monde visible et invisible, un « alliage » de ces deux mondes.

 

Mais placé au cœur du monde créé, amalgamant en lui les principes spirituel et corporel, il occupait en quelque sorte une position supérieure à celle des anges. Lorsqu'il voulut mettre en relief la grandeur de l'homme, saint Grégoire le Théologien le nomma « un dieu créé ». En façonnant l'homme à Son image et à Sa ressemblance, Dieu crée un être appelé à devenir un dieu. L'homme est potentiellement un dieu-homme.

 

En se fondant sur la Bible, les saints Pères enseignent que l'âme et le corps ne sont pas des éléments hétérogènes, associés chez un individu pour une durée indéterminée, mais octroyés simultanément et pour toujours dans l'acte même de la création; l'âme est « fiancée » au corps, et lui reste inséparable. C'est seulement dans l'union de l'âme et du corps que se manifeste la personne-hypostase dans toute sa plénitude, ce que ne peut faire ni l'âme, ni le corps pris indépendamment. Seul un être, associant l'un et l'autre, s'appelle personne ». Le lien indissoluble de l'âme et du corps, saint Grégoire de Nysse le nomme « connaissance », « amitié », et « amour », qui survivent même après la mort. « Après sa séparation d'avec le corps il reste dans l'âme des marques [...] de cette association; le riche et Lazare se sont bel et bien reconnus dans l'au-delà. L'âme garde la marque du corps, et à la restauration de toutes choses elle assumera ce corps ». Une telle conception est bien éloignée du dualisme platonicien ou oriental.

 

Profondément fausse est l'affirmation selon laquelle le christianisme enseignerait soi-disant le dégoût de la chair, cultiverait le mépris du corps. Le dégoût de la chair est un trait propre à certains hérétiques (gnostiques, montanistes, manichéens), et il fut rudement stigmatisé dans l'enseignement théologique des Pères.

Chaque fois que, dans les ouvrages d'ascétique chrétienne, on décrit le combat entre la chair et l'esprit (à commencer par l'apôtre Paul: « la chair a des désirs contraires à ceux de l'esprit, et l'esprit en a de contraires à ceux de la chair », Gal 5,17), la chair en question est la chair pécheresse, pétrie de passions et de vices, et non le corps dans le sens ordinaire. Et lorsque l'on parle de « mater la chair », on a en vue l'anéantissement des tendances pécheresses et des « concupiscences charnelles », et non un mépris pour le corps en tant que tel. L'idéal chrétien ne consiste pas à rabaisser la chair, mais à la purifier et à la libérer des conséquences de la chute, à lui restituer sa pureté originelle et à la rendre digne de son modèle Divin.

Par Sébastien Morgan - Publié dans : Théologie et spiritualité - Communauté : DES CHRETIENS SUR OVER-BLOG
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Lundi 18 mars 2013 1 18 /03 /Mars /2013 20:40

Ci-dessous un bel entretien avec Nicolas Buttet.  Je ne connaissais pas cet homme et je dois dire qu'il m'a touché par sa sincère et évangélique simplicité.  On le sent également habité par une authentique spiritualité et sa compréhension de l'eucharistie est fort belle.  Son projet est fort beau et exprime bien la charité dont l'Eglise catholique a toujours su faire preuve.

 

A voir...

 

 


 
Par Sébastien Morgan - Publié dans : Théologie et spiritualité - Communauté : DES CHRETIENS SUR OVER-BLOG
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Mercredi 6 mars 2013 3 06 /03 /Mars /2013 14:55

Vasil.jpg Loin de l'exclusivisme étriqué, les Pères de l'Eglise nous rappelle sans cesse, à l'instar du Concile Vatican II, qu'il n'y a point de religions authentiques, de mythologies ou de cultures qui n'aient connu le Verbe d'une manière ou d'une autre.  De quoi rappeler à chaque chrétien que, loin du syncrétisme, un véritable enracinement ne va pas sans une ouverture à l'autre :

 

"Tu as visité l'humanité de bien des manières, dans la tendresse de ton coeur : tu as envoyé les prophètes, tu as réalisé de puissantes merveilles par les saints qui, de génération en génération, te furent proches... Tu nous a donné le secours de la Loi. Tu as commis des anges à notre garde. Et quand vint la plénitude des temps, tu nous as parlé par ton propre Fils..." Basile de Césarée

Par Sébastien Morgan - Publié dans : Théologie et spiritualité - Communauté : DES CHRETIENS SUR OVER-BLOG
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