Lundi 19 décembre 2011
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La revue spécialisée « Diplomatie » a publié, il y a quelques mois déjà (août-septembre 2011), un numéro spécial consacré à la Géopolitique du Vatican. Avec le
sérieux qui caractérise cette revue, on plonge dans les arcanes de la diplomatie vaticanesque pour tenter de percer la réalité de la vision du monde de l'Eglise Catholique. Car l'Eglise a des
projets pour le monde. Loin des clichés d'une presse sécularisée militante, loin des complots à la Dan Brown, on découvre ici une vision du monde riche et profonde, un projet global fondé sur la
Vie, la justice et le bien de tous. Certes le Vatican s'est parfois laissé prendre dans les rets d'une politique politicienne et s'est parfois laissé tenter par des calculs à courts termes.
Néanmoins, depuis la fin de la guerre, on voit que le Vatican œuvre inlassablement à la promotion d'un monde juste et humain. Depuis la chute de l'horreur communiste, les ennemis du Vatican sont
le néo-libéralisme et le relativisme qui gangrènent nos sociétés, les transformant en arènes glacées d'athéisme.
Malgré ses maladresses (quel Etat n'en a pas?), le travail du Vatican est loin d'être anecdotique. Ses priorités pour les
vingt prochaines années ? L'humanitaire (accès à l'eau et à la nourriture pour tous), l'engagement pour la stabilité mondiale, le soutien aux chrétiens d'Orient, la lutte contre le
libéralisme sauvage et contre le relativisme.
Un programme auquel je ne peux que souscrire...
Par Galahad
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Lundi 5 décembre 2011
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09:45
Saint Grégoire Palamas marqua l'histoire spirituelle de la
chrétienté en prenant la défense de l'approche mystique hésychaste face à la tentation humaniste représentée en Orient à l'époque par un certain Barlaam.
L'enjeu de cette controverse était grand : l'homme peut-il dès son vivant être en communion avec Dieu ? Mieux
encore, peut-il rencontrer son Créateur, le pressentir, lui parler, le rencontrer ? La mystique orthodoxe a toujours répondu par l'affirmative à ces questions contrairement au rationalisme
issu de l'aristotélisme qui prend l'humain comme mesure de toute chose et qui débouchera sur l'humanisme.
D'un côté, on a une conception du monde imprégnée par un Dieu transcendant mais vivant et présent par ses énergies et de
l'autre un Dieu lointain, totalement inaccessible.
C'est le triomphe des idées de Palamas en Orient qui permis à l'orthodoxie de conserver une riche tradition mystique
s'abreuvant aux sources de l'expérience chrétienne première.
Le petit livre de Meyendorff a le mérite d'être clair et concis. Avec le talent didactique qui est le sien, l'auteur dresse
un portrait complet de la mystique orthodoxe. Car Grégoire Palamas n'est ici que le prétexte et le pivot permettant de balayer près de deux mille ans d'une tradition intemporelle de rencontre
avec le transcendant.
Jean Meyendorff, Saint Grégoire Palamas
et la mystique orthodoxe, Points Sagesse.
Par Galahad
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Lundi 22 août 2011
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Didier Decoin fut récompensé en 1977 pour son
livre John l'Enfer. On peut, à juste titre en déduire que l'auteur excelle tant dans le style que dans le rythme narratif. De fait son « Jésus, le Dieu qui riait » régale tant par sa
verve proche des contes (phrases courtes, emploi du temps présent, rythme rapide) que par la profondeur du vécu. L'auteur suit les Evangiles pour ce qui est de la succession des événements
commençant à l'Annonciation et se terminant à la Résurrection. Toutefois, il ne fait pas que suivre le texte sacré, il le vit, de l'intérieur. On sent que Didier Decoin n'a pas fait une œuvre
purement intellectuelle ou littéraire, il n'a pas que transcrit l'histoire sainte en conte mais il l'a vécu au profond de son être. Et de sa plume, par delà l'espace et le temps, il parvient à
nous transmettre le son à la fois fin et délicat, cristallin et irrésistible du rire de Jésus. Le rire de Dieu parcours ce livre et sa lecture ensoleille réellement la journée. Un jour, un prêtre
m'a dit qu'un chrétien véritable ne pouvait qu'avoir le rire aux lèvres car le christianisme est avant tout joie et espoir. Ce livre en est l'illustration parfaite.
D'ailleurs, alors que je le lisais dans le tram me menant au boulot, un homme, curieux, se penchait pour voir la
couverture. Alors que je lui montrais, il me regarda d'un air interloqué et me dit :
- Ha bon ? Parce qu'il riait ?
- Il paraît.... lui répondis-je.
Et nous rîmes de bon cœur... Non seulement Jésus riait mais son rire se communique encore...
Par Galahad
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Vendredi 22 juillet 2011
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17:07
Je dois reconnaître que j'ai une affection toute particulière pour les ouvrages de Jean-Yves Leloup. Si au niveau de l'âme, le Christ
s'est un jour imposé à moi comme une évidence salvatrice, c'est l'autobiographie de Leloup (L'Absurde et la Grâce) qui a parachevé au niveau intellectuel une conversion aussi soudaine
qu’inattendue.
Ce que j'apprécie le plus chez cet auteur, c'est son parler vrai. Loin des abstractions intellectuelles mais également aux
antipodes d'un sentimentalisme creux, Leloup a su me séduire. Cultivé, au verbe raffiné, on sent qu'il vit sa spiritualité Leloup. Ses mots, ses idées, sa verve est celle de quelqu'un qui sait de
quoi il parle, quelqu'un dont l'âme a pu se hisser à un certain niveau de compréhension. Je le dis d'autant plus librement que, n'ayant jamais eu le plaisir de rencontrer l'écrivain, je ne
pourrais être suspecté d'une quelconque Lelouplâtrie démesurée.
Bref, il y a des auteurs avec qui on se sent sur la même longueur d'onde et qui ont le chic de vous hisser jusqu'au sommet
de votre propre réflexion.
Une femme innombrable ne fera pas exception à la règle. Ce « roman de Marie Madeleine » raconte l'histoire de
cette femme qui ne finira jamais de fasciner. Pourquoi une telle fascination au cours des âges pour cette femme archétypique ? Simplement, parce qu'elle est sans doute la chrétienne par
excellence. Marie Madeleine fut la première à voir le Christ ressuscité, par conséquent, elle est la première chrétienne. Pourtant, celle qu'on affubla de tous les noms d'oiseaux dû vaincre ses
multiples démons intérieurs qui nous habitent tous. Et elle ne pu le faire que grâce à la présence de l'Amour absolu.
Cette histoire est celle de tous les hommes et de toutes les femmes, elle est celle de toute l'humanité luttant pour
rejoindre le Créateur. Et elle est magnifiquement narrée par Jean-Yves Leloup dans ce livre qui vaut le détour !
Jean Yves Leloup, Une femme innombrable :
Le roman de Marie-Madeleine
, Albin Michel, 2009.
Par Galahad
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Vendredi 15 juillet 2011
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En 1992, le physicien Georges Smoot présente les
images de l'Univers les plus anciennes jamais vues par des yeux humains. Cette lumière des origines, contemplée par un parterre atterrés de savants et de journalistes est la preuve tangible que
l'Univers n'est pas éternel, qu'il a un commencement à la Création. Smoot lance alors une phrase qui fera date : « C'était comme de contempler le visage de Dieu ». Une partie de
l'assemblée outrée quitte la salle tant cette figure de style choque leur conception athée de l'Univers.
Ce livre des frères Bogdanov raconte l'extraordinaire épopée de l'astro physique, de la notion de Big Bang et de cette
quête de la Lumière des origines de plus en plus précise et incroyable. Car au fur et à mesure que cette aventure progresse, les découvertes sont de plus en plus prodigieuses et rejoignent les
spéculations les plus spirituelles.
Dans un style passionnant et accessible, les frères Bogdanov soulève un coin de voile de cette science réservée aux esprits
de haut vol.
Les frères Bogdanov expliquent dans leur préface qu'ils furent soumis à des pressions à la sortie de cet ouvrage, voire à
des menaces personnelles. Et pour cause ! Les conséquences que suggèrent les récentes découvertes en astro physique sont colossales. Ce livre bouscule les idées reçues sur la science et sur
la réalité de notre Univers. Il confortera également les croyants dans leur foi car ils se rendront compte que ce que les satellites de pointe observent aujourd'hui est singulièrement proche de
leur texte sacré !
Igor et Grichka Bogdanov, Le visage de
Dieu
, J'ai Lu, 2011 -
6.36 € au lieu de 6.70 €
Pour vous procurer l'ouvrage, c'est ICI
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Vendredi 17 juin 2011
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Issu d'une prospère famille marchande russe, Séraphim de
Sarov entend très vite l'appel de l'Eternel et entre au monastère vers l'âge de vingt ans. Bientôt l'Amour du Christ l'attire encore un peu plus et il se décide à se retirer comme ermite au fond
de la forêt. Là, coupé de toute civilisation, il se lie d'amitié avec un ours et vit en parfaite intelligence avec les bêtes sauvages qui peuplent la région. Ce Saint François oriental passera
trois ans de sa vie, assis sur un rocher en invoquant sans cesse en son cœur le Nom sacré du Christ. Cette vie ascétique lui permettra d'ouvrir complétement son cœur au Saint Esprit et de
recevoir l'illumination. Vers la fin de sa vie, le peuple viendra voir ce saint afin de recevoir ses précieux conseils. Séraphim ayant en effet reçu le don de discernement, il pouvait guider les
âmes dans leur vie quotidienne. Nicolas Motovilov viendra le voir et consignera son entretien dans ce petit ouvrage. Comme il presse l'ermite de lui expliquer ce qu'est l'Esprit Saint, Séraphim
décille le regard de Motovilov afin que celui-ci puisse Le contempler dans toute sa splendeur. La description que Motovilov fait de cette expérience illuminatrice mérite à elle seule la lecture
de ce petit ouvrage par ailleurs riche des réflexions profondes de ce grand saint.
Seraphim de Sarov, L'Entretien avec
Motovilov
, Arfuyen,
2002
Pour vous procurer l'ouvrage, c'est ICI
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Vendredi 10 juin 2011
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08:45
Cet ouvrage est une réflexion profonde sur chacun des
dix commandements ou plutôt des dix paroles reçues de Dieu par Moïse. Fin connaisseur du texte et de sa sémantique, l'auteur explore de multiples pistes interprétatives pour chacune des paroles
de la Table de la Loi.
On découvre alors l'incomparable richesse herméneutique du livre biblique qui plonge au plus profond de notre âme et touche
notre être dans sa totalité. Car ces paroles sont loin de n'être que des prescriptions morales. Non, elles sont des véritables chemins, des véritables guides qui nous invitent à nous transformer
en profondeur afin de redevenir conforme à notre images divine.
L'ouvrage est présenté de manière claire, un chapitre par commandement assortit d'une petite bibliographie pour ceux qui
voudrons compléter la réflexion sur tel ou tel aspect.
Le style clair et sincère de l'auteur, sa profondeur de pensée, font des Dix Commandements, un livre auquel on revient sans
cesse !
Marc Alain Ouaknin, ,
Les Dix Commandements
Editions Point, 2009 - 7.12 € au lieu de 7.5 €
Pour vous procurer l'ouvrage, c'est
ICI
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Lundi 2 mai 2011
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La nuée sur le sanctuaire est un texte qu'on pourrait qualifier de classique pour tous ceux qui portent un intérêt à
la tradition spirituelle occidentale et plus particulièrement à l'illuminisme du XVIIIe siècle. Son auteur, Karl von Eckartshausen est un écrivain Allemand né en 1752 et mort en 1803. Proche des
sociétés initiatiques de son temps Karl développe l'idée d'une société des sociétés qui réunirait les plus grands serviteurs de Dieu du monde entier. Cette société n'existerait pas d'un point de
vue visible et administratif mais serait plutôt une sorte de communion d'initiés œuvrant par Dieu et pour Dieu en toute humilité et discrétion. L'une des caractéristiques des membres de cette
société serait d'avoir développé un sens leur permettant de vivre et de ressentir le monde invisible et le Christ comme l'on vit et ressent les stimuli du monde phénoménal.
Ce livre rapidement lu est l’œuvre intemporel d'un ésotériste chrétien sensible et sérieux. On aurait tort de passer à côté car tant dans le dit que dans le non dit
de ce texte se trouvent de nombreux germes de réflexions.
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Par Galahad
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Vendredi 22 avril 2011
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Cette introduction à la théologie byzantine, et par la même à l'orthodoxie, est une merveille. Dans une langue claire, vivante, à
la fois précise, historique et poétique, le Père Meyendorff expose l'histoire de cette pensée qui marqua plus de 1000 ans de christianisme. Dans la première partie, l'auteur aborde la naissance
de la pensée byzantine, héritière directe de celle des Pères de l'Eglise. Quelle furent les difficultés auxquels elle se trouva confrontée, quels furent ses penseurs clés et ses détracteurs. De
la crise des grandes hérésies du Ve siècle, de la confrontation avec l'Islam, de la crise des Iconoclastes sans oublier le terrible schisme entre l'Occident et l'Orient, voici un pan d'histoire
parfois mal connu qui s'éclaire sous la plume limpide et didactique de l'auteur.
Dans la deuxième partie de l'ouvrage, l'auteur décrit en quelques grands chapitres les traits particuliers du christianisme byzantin et orthodoxe : création du
monde et de l'homme, la Chute, la Rédemption et l'envoi du Sauveur, les énergies divines, le devenir eschatologique de l'homme et son devoir sur Terre... Aucun aspect n'est oublié et l'on
découvre cette chrétienté orthodoxe lumineuse, joyeuse, optimiste, mystique, à l'art spirituel prononcé. On ne peut que s'enthousiasmer pour une pensée si riche qui mit les relations entre Dieu,
l'homme et la Nature au centre de ses préoccupations. Relations basées sur l'amour où sont totalement absents les conceptions doloristes, culpabilisatrices et juridiques qui malheureusement
virent parfois le jour en Occident.
Un livre à lire par quiconque se sent attiré par une vision saine du christianisme.
Pour vous procurer l'ouvrage, c'est ICI
Par Galahad
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Mardi 29 mars 2011
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Ce petit ouvrage contient deux discours rédigés par Eusèbe
de Césarée aux alentours de 336. Le premier est un panégyrique à l'occasion des trente ans de règne de Constantin, le second est le fondement théologique du premier discours.
Ce petit livre à de quoi surprendre tant les conceptions de l'auteur sont éloignées de notre vision de la politique. En
effet, pour Eusèbe, le gouvernement du monde est donné par le Père au Christ-Logos médiateur qui lui-même délègue son pouvoir à un représentant terrestre, dans ce cas ci, l'empereur
byzantin.
Marqué par les persécutions de chrétiens auxquels il assista, Eusèbe vante les mérites de cette théocratie chrétienne
capable d'unir les peuples dans l'adoration du vrai Dieu et de mener les barbares vers la civilisation les débarrassant de leurs pratiques mauvaises comme les sacrifices humains et
l’idolâtrie.
Certes, la vision dépeinte par Eusèbe est utopiste et idéale, tout comme le sera la vision des Byzantins au cours du
millénaire que dura leur civilisation. Contrairement à ce qui est parfois véhiculé, l'idéal Byzantin consistera précisément en une Église ne s'occupant pas des affaires de l’État. L'Empereur
étant choisi par Dieu, celui-ci avait en effet à charge de protéger l'ensemble des chrétiens. Cette protection assurée et entre de bonnes mains, les dignitaires pouvaient se concentrer sur la
spiritualité. L'Eglise d'orient, par conséquent, ne s'occupa que très rarement d'émettre une opinion sur la politique ou sur la vie civile et quotidienne.
Pourquoi lire Eusèbe aujourd'hui ? Il y a indéniablement un intérêt historique à lire l'auteur, ne fut-ce que pour
découvrir les circonstances et les opinions qui avaient cours à la fondation de cet empire si peu connu mais qui a su porter si haut les valeurs de la lumière chrétienne. Ensuite, les
considérations théologiques d'Eusèbe sur la fondation du monde, la hiérarchie et le pouvoir structurant du Logos sont loin d'être dénuées d'intérêt pour ceux qui sont soucieux d'approfondir la
spiritualité chrétienne.
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Par Galahad
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