Reliance Chevaleresque

Lundi 20 février 2012 1 20 /02 /Fév /2012 21:47

 

Excalibur-merlin-on-bbc-16627896-1024-768.jpgLa vie chrétienne est une vie d'évolution spirituelle mais aussi d'action. Si tout nous est donné à notre baptême, il nous faudra toute une vie pour en réaliser l'extraordinaire potentiel d'accomplissement.

Peu à peu, porté par la Parole et le travail spirituel, le regard que le chrétien porte sur le monde change, il se fait plus perçant, plus aigu jusqu’à ce qu’il se fasse adombrer par l’Esprit. Cette adombrement est aussi un adoubement car l’intellect de celui qui a été touché par l’Esprit est pareil à une épée.  Prompt à discerner, rempli d'une force qui n'est pas de ce monde, il tranche les illusions et les faux semblants, il sait séparer l’erreur de la vérité, il peut combattre l’ennemi, c'est-à-dire l’ombre en lui même qui n’est ombre que parce qu’elle s’est éloignée de la Lumière.  Celui qui a reçu l’épée du Seigneur peut construire le Temple du Christ en étant vigilant et  en se gardant des ignorants et de la barbarie toujours prête à submerger le monde.

 

L’épée est une arme car celui qui marche sur le sentier doit toujours être vigilant afin de repousser les forces du mal extérieures (barbarie, tyrannie, injustice, fanatisme) mais aussi l’ennemi intérieur (vices, pulsion de mort, pulsion d’échec,…). Comme il est dit dans le Livre de Néhémie :

« Ceux qui bâtissaient la muraille et ceux qui portaient et chargeaient les fardeaux travaillaient d'une main et de l'autre tenaient une arme.  Quant à ceux qui bâtissaient, chacun bâtissait, une épée attachée à ses reins. » (Ne 4 ; 11-12)

 

On bâtit le Temple, la truelle dans une main, l’épée dans l’autre.

L’épée est le symbole de l’action, de la protection des plus faibles par les plus forts et de la justice. L’épée est comme la torche, portée haut, elle reflète les rayons du soleil et fait reculer les ténèbres qui ne peuvent résister. L’épée est l’arme du combat intérieur, celle qui sert à terrasser nos démons, à faire rendre gorge à nos peurs, à nos préjugés, à nos aveuglements. 

 

La quête de Dieu est le but de toute vie sur Terre. Quête de la connaissance qui libère, elle se conquiert avec le cœur autant qu’avec la clarté d’esprit.  Quête de la transformation et de la transmutation, elle élève l’individu autant qu’elle le relie à ses semblables.  Quête de la victoire de la Lumière, elle demande la force intérieure : force d’être heureux, force de s’émerveiller, force de donner, force de servir son prochain, force de se dépasser, force de faire éclore les graines plantées en nous et surtout force de repousser les attaques de l’entropie, de la facilité et de la stagnation.

La quête spirituelle demande d’être bien armé.  Hommes de Bonne Volonté, adoubés par le Christ et ouvert à la Grâce, il appartient aux chevaliers de cœur et d'esprit de porter les armes de la Vie et de se battre pour le Royaume des Cieux, c’est-à-dire pour la transformation de la mort en Vie et la sublimation du monde qui nous a été confié.

 

Dès l’âge du bronze, chez les peuples celtiques et germaniques, les épées portent un nom, acquièrent une identité. Qu’on se souvienne de Joyeuse portée par Charlemagne, de Durandal maniée par Roland de Roncevaux ou de la célèbre Excalibur qui, plus encore que le Roi Arthur qui la tenait, fut la véritable source de l’unification de l’Angleterre. Par analogie, on se rend compte que celui qui a trempé et forgé son esprit pour en faire un epeecroixtempliere-copie-1.jpg e lame pareille à celles précitées, a également acquis une identité. Et contrairement à ce que le laisserait croire notre époque gangrenée par un cynisme à tout crin, être un esprit fort individuel et individué est le contraire du rejet de toute morale et de toute spiritualité.(à suivre...)

Par Galahad - Publié dans : Reliance Chevaleresque - Communauté : DES CHRETIENS SUR OVER-BLOG
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Dimanche 12 février 2012 7 12 /02 /Fév /2012 18:57

 

Icon8.jpg Le chevalier médiéval exerce trois fonctions : la recherche de la sainteté par la pratique de la prière et de la vertu, la défense des opprimés et la protection de l'Eglise.

 

Comme le souligne Jean de Salisbury au XIIe siècle : « La fonction de la chevalerie régulière consiste à protéger l'Eglise, combattre la perfidie, révérer le sacerdoce, garantir les faibles des injustices, faire régner la paix dans le pays et comme l'enseigne l'origine du serment, de verser son sang pour ses frères et si besoin est donner sa vie pour eux. »

 

La première fonction est la recherche consciente d'une vie de sainteté. Cette recherche est propre à tous les chrétiens, non par le respect de la loi ou de règles extérieures mais par la rectification de leur moi intérieur qui se débarrasse du vieil homme afin de devenir réceptacle du Christ. Le chrétien accepte la transformation que Dieu lui propose, il accepte de se faire aimer par son Créateur. Cette transmutation est le socle, la force sur lequel le chevalier va construire son action. Car le chevalier est avant tout un être d'action.

 

On peut imaginer que le chevalier moderne est celui qui, ayant remis sa vie dans les mains de Celui qui est Lumière, soit un exemple de probité, de dévouement, de loyauté, de droiture et de courage. N'ayant jamais peur de s'exposer et de s'ériger contre la perfidie et l'injustice, le chevalier du XXI e siècle agit où il se trouve, où Dieu l'a placé. Il n'est pas un super chrétien mais un chrétien qui vit sa foi. Le chevalier défend également l’Église qui est le corps du Christ sur Terre et par conséquent l'Unité des Chrétiens qui elle seule pourra manifester la bonne santé de ce corps.

 

Pour ce faire, il reçoit son épée sainte, bénie sur l'autel le jour de son adoubement :

 

« Reçois, avec la bénédiction de Dieu, ce glaive qui t'est conféré pour la punition des malfaiteurs et la louange des bons. Que par ce glaive tu sois capable, par la puissance du Saint-Esprit, de résister et de t'opposer à tous tes ennemis et à tous les adversaires de la Sainte Eglise de Dieu, de préserver le royaume qui t'est confié et de protéger le camp de Dieu »(Prière germanique, IXe siècle)

 

Ou

 

« Que, par cette épée, tu manifestes la puissance de la justice, détruises avec force celle de l'iniquité, combattes pour protéger la Sainte Eglise de Dieu et ses fidèles, que tu défendes et aides avec bienveillance les veuves et les orphelins. »(Ordo de Stavelot, 936)

 

Quel beau symbole que la remise de cette épée et de cet étendard bénis sur l'autel de l’Église. Comme si l'officiant remettait au combattant un rayon de soleil propre à faire reculer les ténèbres environnantes.

 

On peut alors se poser les deux questions suivantes : qu'est ce que l'épée du chevalier au XXIe siècle ? Les trois fonctions précitées ont-elles encore un rôle aujourd'hui ?

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Dimanche 5 février 2012 7 05 /02 /Fév /2012 11:54

 

perceval.jpg Au Moyen Age, la chevalerie est souvent ressentie par ceux qui l'idéalise, non comme un privilège mais comme un fardeau. Le chevalier aspire souvent à mener une vie « normale », à être débarrassé du poids de la quête. La part de lui-même non encore convertie geint sous l’exigence vertueuse que demande la vocation : « le chevalier devra être courtois sans vilenie, débonnaire sans méchanceté, compatissant aux malheureux, large et prêt à secourir les indigents, disponible et prêt à confondre les voleurs et les assassins, juge équitable sans haine ni amour. »

Équanimité, courage, savoir vivre, foi, tension vers Dieu et action dans le monde, le chevalier agit en ce monde non en son nom propre mais pour la gloire du nom divin. Ceci demande une force de caractère de la part du chevalier qui doit sans cesse se remettre en question, faire preuve d'un grand discernement et sans cesse cultiver en lui les vertus divines.

 

En réalité, le chevalier est le défenseur de la Vie, de la Lumière et de l'Amour du Christ dans le monde contre les forces de haine et d'enténèbrement. L'Ennemi contre lequel il lutte est celui du genre humain et les légions qu'il affronte portent les noms d'égoïsme, d'injustice, de haine, de cupidité, d'obscurantisme, de coercition et de mensonge. Loin de n'être qu'un ordre institué, la chevalerie est un état d'être, une disposition de l'âme de ceux qui ne craignent pas de s'exposer pour la défense de Celui qui est Vie.

 

Avec l'apparition des armes à feu et la sécularisation de la société, l'esprit chevaleresque fut relégué à un titre vide de sens.

Aujourd'hui, la chevalerie peut-être le fait d'hommes et de femmes ayant à cœur de s'engager pour la Vérité et de vivre les paroles de Saint Paul :

 

« Revêtez l'armure de Dieu pour être en état de tenir face aux manœuvres du diable. Ce n'est pas à l'homme que nous sommes affrontés, mais aux Autorités, aux Pouvoirs, aux Dominateurs de ce monde de ténèbres, aux esprits du mal qui sont dans les cieux. Saisissez donc l'armure de Dieu, afin qu'au jour mauvais, vous puissiez résister et demeurer debout, ayant tout mis en œuvre. Debout donc ! A la taille, la vérité pour ceinturon, avec la justice pour cuirasse et, comme chaussures aux pieds, l'élan pour annoncer l'Evangile de la paix. Prenez surtout le bouclier de la foi, il vous permettra d'éteindre tous les projectiles enflammés du Malin. Recevez enfin le casque du salut et le glaive de l'Esprit, c'est-à-dire la parole de Dieu. » (Ep 6:10-18)

 

Mais ces paroles de Saint Paul ne s'adressait pas aux chevaliers qui n'existaient pas à son époque. Ces paroles s'adressaient à tous les chrétiens, invités au combat intérieur contre l'Ennemi qui tente à chaque instant de faire obstacle à la déification de l'être c'est à dire à empêcher l'avènement de la véritable humanité. Car tout l'enjeu est là, le dépassement de la vie instinctive, égoïste et individuelle pour atteindre la vie personnelle, sainte et ecclésiale. Et à cela, tous les chrétiens sont appelés. Tous les chrétiens sont amenés à repousser Satan, à transcender la vie affectivo-instinctive et à se laisser engendrer d'En Haut.

Et si la victoire est déjà acquise par la mort et la résurrection du Christ, cela n'empêche l'Adversaire de déployer tous ses moyens pour retarder l'accomplissement. Aussi, tout chrétien est-il un soldat, un chevalier de Lumière repoussant les forces du mal.

Dans le baptême orthodoxes, trois exorcismes s'adressent à Satan directement : « Va-t-en, retire-toi du soldat nouvellement choisi, enrôlé par le Christ notre Dieu... esprit impur et pervers, néfaste et répugnant ». Et le célébrant de demander instamment au Seigneur Sabaoth, au Dieu d'Israël : « Menace les esprits impurs et chasse-les, purifie l'ouvrage de tes mains [c'est-à-dire le catéchumène] et, dans l'efficacité de ton pouvoir, hâte-toi d'écraser Satan sous ses pieds »... Puis, demandant au catéchumène de se tourner vers l'occident, vers le lieu où le soleil est sensé se coucher et qui nous parle donc symboliquement de ténèbres, le célébrant invite le catéchumène à « renoncer à Satan, à toutes ses œuvres, à tous ses anges, à tout son culte et à toutes ses pompes ».

 

Le rituel d'adoubement du chevalier médiéval était un rappel du baptême. Ainsi le décrit l'Ordene de chevalerie, poème en langue d'oïl rédigé au milieu du XIIIe siècle et cité par Jean Flori dans son admirable livre « Chevaliers et chevaleries au Moyen Age » :

 

« Le bain, comme le baptême d'un enfant, rappelle au chevalier qu'il doit sortir de l'eau purifié et se garder de toute vilenie ; on le couche en un lit, symbole de sa place au paradis, on le vêt de fin lin blanc, symbole de la pureté qu'il doit préserver, puis d'une robe vermeille, signe de son sang qu'il doit être prêt à répandre pour Dieu et pour défendre Sa loi ; ses chausses noires évoquent la terre dont il vient et où il retournera, le gardant ainsi de l'orgueil ; sa ceinture blanche devra le préserver de la luxure. Ses éperons, le rendre ardent au service de Dieu ; l'épée à deux tranc adoubement-lancelot.jpg hants signifie droiture et loyauté car il doit protéger le pauvre et soutenir le faible, afin que les riches ne puisse le honnir. »

 

Le chevalier est donc un chrétien qui tente de raviver perpétuellement la flamme de son baptême, qui vit dans le monde, cultive la vertu et met sa force au servicede Dieu et du Bien, donc du pauvre, des opprimés et de l'Eglise. On peut se poser la question, la chevalerie est-elle chrétienne ou le chrétien est-il un chevalier en puissance ?

 

Les devoirs du chevalier sont ceux de tout le peuple chrétien mais sans doute les accomplit-il de manière plus consciente, plus systématique et plus professionnelle

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Mardi 31 janvier 2012 2 31 /01 /Jan /2012 08:39

chevalerie-30.jpg Je suis un incorrigible romantique et l'image, l'archétype du chevalier reste pour moi l'une des accomplissements majeurs de la pensée chrétienne. 

De plus en plus de personnes dans le monde chrétien semblent s'intéresser à nouveau à l'esprit chevaleresque. Qu'on se passionne pour la littérature de chevalerie, qu'on étudie les ordres disparus comme les templiers, qu'on fasse de la reconstitution médiévale ou qu'on s'implique dans les activités d'ordres vénérables subsistant depuis le Moyen Age comme l'Ordre de Malte et l'Ordre du Saint Sépulcre, la chevalerie semble fleurir de toute part dans notre monde moderne.

Certes, on pourra dire que le chevalier historique fut la plupart du temps un soudard, un pillard ou le bras armé d'une institution ecclésiale plus soucieuse de protéger ses avoirs que de guider les âmes vers le Royaume.  Déjà le grand théoricien de la chevalerie Raymond Lulle se plaint au XIIIe siècle des mœurs des chevaliers de son temps qui sont, dit-il, « injuste, belliqueux, aimant le mal et les troubles. ».    Certes.  Néanmoins, l'image et l'idéal demeure.

Et plus que jamais, le monde a besoin de personnes puisant leur force à la Source Suprême de l'Esprit Saint afin de se dresser contre les démons du monde et défendre la veuve et l'orphelin.  Plus que jamais la Lumière a besoin de champions.

Dans ce monde désenchanté, on voit que la figure du chevalier connait d'ailleurs un succès croissant dans l'imaginaire et l'inconscient populaire.  Il suffit de voir le succès mérité du Seigneur des Anneaux, des Chroniques de Narnia, du Trône de Fer et autres romans de fantasy qui exaltent la figure du défenseur des faibles au nom des principes les plus haut.  Dans un autre style, les héros de comics américains tiennent beaucoup de cet esprit chevaleresque.  Le succès de ces romans, parfois dignes successeurs des romans arthuriens, montre le désir d'une large frange de la population de retrouver les repères archétypaux sans lesquels nous ne sommes que des plumes ballotées par le vent du relativisme.

Mais y a-t-il une place dans notre monde pour une vraie et active chevalerie ?  Loin d'être anecdotique, loin d'être enfantin, le chevalier est l'une des expressions majeures de la Lumière chrétienne.  Il fut un temps où l'Eglise considérait l'adoubement comme le huitième sacrement. 

Au départ corps d'élite des armées séculières, le chevalier va être sanctifié par l'Eglise.  De soudard, le chevalier va se convertir et devenir le défenseur de la foi et de la Vérité, de la Justice et du Bien. 

Soldat au service du Christ, le chevalier possède la foi et le courage pour s'ériger contre toutes les injustices, pour se mettre au service des autres, pour combattre pour le Bien et non pour des privilèges, prêt à miser sa réputation ou à donner sa vie s'il le faut. 

Pour Chrétien de Troye, la chevalerie est un Haut et Saint Ordre créé par Dieu au même titre que l'Ordre des Prêtres.  Car n'oublions pas que tout homme est par so chevalier.gif n baptême roi, prêtre et prophète.  La chevalerie ressort donc de la fonction royale inhérente à la nature humaine.  Dans le roman « Lancelot du Lac » (1230), on voit d'ailleurs la Dame du Lac enseigner à Lancelot qu'il n'y a dans la chevalerie aucune distinction de rang ni de noblesse mais une élection de ceux qui ont la force du Saint Esprit afin qu'ils utilisent cette force intérieure pour défendre les faibles, le Bien et la Vérité. (à suivre...)

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Lundi 16 janvier 2012 1 16 /01 /Jan /2012 08:54

frigide-barjot_129710037322455700.jpg

Le 18 décembre 2011, l'humoriste Frigide Barjot était l'invitée de l'émission « Le Jour du Seigneur ».
L'actrice est une chrétienne catholique engagée.  A l'heure où les chrétiens répondant à leur vocation de témoignage se fait rare, l'action de Frigide est d'un rafraîchissement salvateur.  Profitant de sa notoriété, elle prend la défense d'une Eglise contre laquelle les médias ne cessent de se déchaîner.  Médias qui ressemblent de plus en plus à une meute de poitevins jetés sur un cerf et contre laquelle il ne fait pas bon se dresser.  Comme une véritable chrétienne animée de l'esprit chevaleresque, Frigide chevauche à contre courant et prend la parole ici et là, tantôt avec humour, tantôt avec gravité pour défendre la Vérité et la Vie.   
Je laisse à chacun d'apprécier cette courte interview.  Néanmoins, personnellement, je suis assez surpris du ton de la journaliste...

 

 

 

Copyright photo : © JeanduSartel 

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Mercredi 28 septembre 2011 3 28 /09 /Sep /2011 15:18

 

456px-Saint_george_raphael.jpg « Evangélisation » Voilà un mot qui a mauvaise presse. Pourtant que signifie-t-il sinon annoncer et défendre la « Bonne Nouvelle » et la Vérité. Quelle « Bonne Nouvelle » ? Quelle Vérité ? Dira-t-on dans ce monde relativiste. La Bonne Nouvelle que Dieu existe, qu'Il est venu dans le monde pour nous sortir de la loi d'entropie et vaincre la mort, la Bonne Nouvelle que chacun peut se transformer et mûrir sous Sa protection et avec Son aide et ainsi atteindre un niveau de conscience et d'existence divin. La Vérité de la Lumière qui triomphe toujours des ténèbres, Vérité de l'Amour et de la Vie, Vérité du Dieu Trine bâtissant en permanence des ponts vers notre dimension terrestre, Vérité des vertus forgées comme les lames des épées pourfendant l'ombre, Vérité des vérités...

Evangéliser est avant tout incarner et défendre cette Bonne Nouvelle et cette Vérité. Dans cet ordre d'idée, l'évangélisation est certainement la vocation de la chevalerie spirituelle qui n'a pas peur des « qu'en dira-t-on » ou des coups portés par l'Ennemi car se battant pour la plus noble des causes, sa devise reste « Non nobis domine, non nobis sed nomine tuo da gloriam » (Pas pour nous Seigneur, pas pour nous mais pour la gloire de Ton nom).

Peut-être que le monde n'a-t-il jamais eu autant besoin de véritables porteurs du Feu divin afin de propager la Lumière en ses confins ?



Voici un article partant d'une réflexion du cardinal Stanislaw Rylko, chacun y trouvera matière à réflexion :

L’évangélisation est loin d’être une affaire privée : elle concerne tous les chrétiens qui sont appelés à prendre leurs responsabilités dans la vie et la mission de l’Eglise et à annoncer le Christ.

C’est ce qu’affirme le cardinal Stanislaw Rylko, président du Conseil pontifical pour les laïcs, dans un article publié dans L’Osservatore Romano. Il reprend ici des lignes directrices indiquées sur ce thème en l’an 2000 par le cardinal Ratzinger.

« L’invitation de Jésus : ‘Allez vous aussi à la vigne’ » (Mt, 20, 3-4) doit être entendue par un nombre toujours plus important de fidèles laïcs – hommes et femmes – comme un rappel clair à assumer sa propre part de responsabilité dans la vie et dans la mission de l’Eglise, c’est-à-dire dans la vie et dans la mission de toutes les communautés chrétiennes : diocèses et paroisses, associations et mouvements ecclésiaux », affirme le cardinal Rylko.

Il déplore l’existence, parmi les chrétiens aussi, d’« une mentalité relativiste » qui s’enracine, se diffuse et « génère une grande confusion concernant la mission ». Il donne notamment en exemple « la propension à remplacer la mission par un dialogue dans lequel toutes les positions se valent ; la tendance à réduire l’évangélisation à une simple œuvre de promotion humaine ; un concept du respect de la liberté de l’autre qui fait renoncer à tout rappel à la nécessité de conversion ».

« Mandat explicite du Seigneur, l’évangélisation n’est pas une activité accessoire, mais plutôt la raison d’être de l’Eglise, sacrement du salut », indique-t-il avec force. « Celui qui connaît le Christ a le devoir de l’annoncer et celui qui ne le connaît pas a le devoir de recevoir cette annonce ».

Le cardinal Joseph Ratzinger, dans une conférence prononcée le 10 décembre 2000 à l’occasion du congrès des catéchistes et des professeurs de religion organisé par la Congrégation pour le clergé, a laissé à ce sujet « des indications très précieuses qui nous invitent à revenir à l’essentiel », explique-t-il.

« Le vrai problème de notre époque, c’est la ‘crise de Dieu’, l’absence de Dieu camouflée par une religiosité vide (…), c’est pourquoi l’évangélisation doit avant tout parler de Dieu, annoncer l’unique vrai Dieu ».

A partir de là, le cardinal Ratzinger a formulé trois lois : « La première est celle qu’il appelle ‘loi d’expropriation’. Nous chrétiens, nous ne sommes pas patrons, mais humbles serviteurs de la grande cause de Dieu dans le monde ». Le cardinal Ratzinger soulignait avec force : « évangéliser n’est pas simplement une manière de parler, mais une manière de vivre : vivre dans l’écoute et se faire la voix du Père ».

« L’évangélisation n’est donc jamais une affaire privée parce que derrière il y a toujours Dieu et toujours l’Eglise », insiste le cardinal Rylko.

Il cite encore le cardinal Ratzinger : « Ce n’est pas nous qui pouvons gagner les hommes. Nous devons les obtenir de Dieu pour Dieu. Toutes les méthodes sont vides sans le fondement de la prière. La parole de l’annonce doit toujours s’insérer dans une intense vie de prière ».

La seconde loi de l’évangélisation est celle qui ressortde la parabole du grain de sénevé : « La plus petite de toutes les graines qui sont sur la terre mais une 295px-Pietro_Perugino_-_Archangel_Michael_-_WGA17307.jpg fois semé, il monte et devient la plus grande de toutes les plantes potagères » (Mc, 4, 31-32). « Les grandes réalités commencent en humilité », soulignait le cardinal Ratzinger. Cette parabole nous dit que « celui qui annonce l’Evangile doit être humble, ne doit pa s prétendre obtenir des résultats immédiats – ni qualitatifs, ni quantitatifs. Parce que la loi des grands nombres n’est pas la loi de l’Eglise ».

La troisième loi est enfin celle du grain de blé qui meurt pour porter du fruit (cfr. Jn, 12, 24). « Dans l’évangélisation, la logique de la croix est toujours présente ». « La portée des devoirs que l’Eglise doit affronter au début du troisième millénaire de l’ère ch rétienne nous fait souvent nous sentir impuissants. La grande cause de Dieu et de l’Evangile dans le monde est constamment entravée et contestée par des forces hostiles  », déplore le cardinal Rylko.

Mais « l’espérance ne doit jamais nous abandonner. Le successeur de Pierre nous assure que Dieu aujourd’hui aussi trouvera de nouveaux chemins pour appeler les hommes et veut nous avoir avec lui comme messagers et serviteurs ». 

 

SOURCE : ZENITH

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Dimanche 20 mars 2011 7 20 /03 /Mars /2011 14:05

 

charge-des-templiers.jpg Le véritable chrétien, le véritable chevalier pratique perpétuellement cette prise de conscience, sans repos il mène la croisade contre les démons nés des graines qu'il a lui-même plantés ou que la tempête de la vie a porté jusque dans son jardin intérieur. La période de carême est l'occasion de pousser les troupes de la vertu plus avant, de mener une percée décisive contre l'Adversaire.

 

On est loin de l'apitoiement sur soi et de l'auto-dénigrement, loin de la macération masochiste, loin de la simple observance morale, on est dans une optique de transformation radicale de l'être, de marche vers un niveau plus avancé de conscience.

L'ascèse du carême propose de rejeter le manteau du vieil homme afin de se vêtir du blanc manteau de l'Homme nouveau qui participera aux énergies divines et deviendra un champion de la Lumière et du Christ.

Cette lutte contre nos passions ne sera pas facile, elle n'est pas un passe-temps ou une vague idée abstraite, elle est un travail de fond incessant sur notre être.

 

Dans ce combat, nous devrons nous assurer l'aide d'alliés de taille, les armées angéliques et les saints sont prêts à nous porter secours, à conditions toutefois que nous les laissions agir en nous et dans notre existence. Une fois encore, il faut préciser qu'il ne s'agit pas ici d'une image. La prière vers les saints et la demande sincère de l'aide des anges permettent réellement à ceux-ci de se manifester dans notre vie et de nous mener vers la victoire. Rêves, inspirations, événements opportuns, leur mode d'action n'a pas de limite. Il se peut aussi que de nouvelles épreuves et difficultés surgissent, toujours celles-ci seront l'occasion de nous dépasser, de nous révéler un travers que nous n'avions pas encore identifié. Une épreuve de vie est un ennemi qui sort du bois, embusqué qu'il était dans notre forêt intérieure. Soudain le voilà qui surgit, fait pleuvoir ses traits enflammés, fait charger ses palefrois de la nuit. Qu'à cela ne tienne, nous sommes prêt aux combats et les épreuves ne sont qu'occasions de nous renforcer dans notre foi.

 

Car, si nous le voulons, nous sommes en permanence sous la protection du Créateur du Monde qui par son Incarnation, a tout assumé afin que tout soit guéri. Il nous donna les armes et la possibilité de vaincre, afin que « la nature humaine qui était autrefois vaincue par le moyen des épreuves, vainquit à son tour celui qui autrefois l'avait vaincu. »(Saint Jean Damascène)

 

Le carême est donc l'occasion de fourbir nos armes, d'aiguiser notre épée, de rajuster notre armure et de reprendre l'entraînement. Concrètement, de renouer avec une discipline spirituelle adaptée à notre être. Les exercices spirituels sont à l'âme ce que les entraînements à l'équitation et au maniement de l'épée sont au corps du chevalier. Et tout comme pour le combat physique, il faudra choisir un programme adapté à sa personnalité et à sa structure mentale : prière, lecture du Livre Saint, visualisation, oraison, ouverture du cœur... autant d'armes mises à notre disposition afin d'affûter notre âme, afin de s'ouvrir à la epeecroixtempliere.jpg Présence et de permettre au Christ de nous revêtir de l'armure. Car si les exercices spirituels sont essentiels, il ne faut pas oublier qu'ils ne sont qu'un moyen de s'ouvrir à la Grâce et non une fin qui sauve.

Par l'entraînement régulier, notre âme se met au diapason de Celui qui sauve , peu à peu notre volonté ne fait plus qu'un avec la Sienne, nous pouvons alors vaincre nos iniquités. Ces victoires de notre âme retentissent dans l'Univers à mesure que la victoire finale sur les forces du mal se fait plus proche.

Car le travail du chevalier spirituel est entrepris non pour lui même, no n pour son salut individuel mais pour l'évolution de toute l'humanité afin que jaillisse la gloire de la Trinité. Le chevalier spirituel peut alors faire sienne l'ancienne devise templière : Non nobis, Domine, non nobis, sed nomine tuo da gloriam ! (Par pour nous Seigneur, pas pour nous mais pour la gloire de Ton nom) 

Par Galahad - Publié dans : Reliance Chevaleresque - Communauté : Chrétiens - et fiers de l'être
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Lundi 14 mars 2011 1 14 /03 /Mars /2011 14:27

 

templier_ordres.jpg De plus en plus de gens dans le monde chrétien semblent s'intéresser à nouveau à l'esprit chevaleresque. Qu'on se passionne pour la littérature de chevalerie, qu'on étudie les ordres disparus comme les templiers, qu'on se passionne pour les activités d'ordres vénérables subsistant depuis le Moyen Age comme l'Ordre de Malte et l'Ordre du Saint Sépulcre ou que l'on soit initié dans un ordre chevaleresque ésotérique comme la maçonnerie rectifiée, la chevalerie semble fleurir de toute part dans notre monde moderne.

 

Je me propose également sur ce blog, de réfléchir sur cet esprit chevaleresque, j'inaugure donc pour l'occasion une nouvelle rubrique. Je le ferai de la manière qui m'est coutumière, en proposant certaines réflexions personnelles appuyées sur la Tradition.

 

Et précisément, cette période de carême est une bonne occasion d'ouvrir ce travail. Un théologien disait l'autre jour à la radio que le carême était l'occasion de se priver de quelque chose qu'on aime par solidarité avec les pauvres. Oui, soit. Néanmoins, pour quelqu'un qui aspire à la chevalerie spirituelle, ce n'est pas suffisant. Car le carême est l'occasion d'installer certaines pratiques ascétiques dans notre vie. « Ascétisme », voilà un mot qui va en faire frémir plus d'un. Et pour cause, à peine l'a-t-on entendu ou prononcé que des images désagréables viennent à l'esprit : corps malingres, amoindris, mortifiés, yeux ensanglantés, affamés, conscience dérivant sur les eaux âcres de la folie, emportée par le courant de la privation...

 

Et pourtant, comme souvent, en cédant aux images toutes faites, on est loin de la vérité. Pour la trouver, il faut retourner à l'origine du mot. Ascétisme vient du grec askêsis, signifiant exercices et s'appliquant avant tout au monde de l'athlétisme et à la vie militaire. L'ascète est donc quelqu'un qui va pratiquer certains exercices et se soumettre à une certaine discipline volontaire en vue de fortifier son corps et son esprit.

Dans cette période de carême, cette discipline est proposée à l'ensemble des chrétiens mais devrait attirer particulièrement l'attention de ceux qui se réclament d'une certaine chevalerie spirituelle. Car le chevalier est avant tout un combattant et s'il lui faut parfois tirer l'épée contre l'injustice régnant dans ce monde, il lui faut surtout, comme le moine, vaincre ses propres démons.

 

Carême est l'occasion de conscientiser et renforcer ce combat. Mais de quoi s'agit-il au juste ? De se gratter au sang afin d'exhumer nos défauts et nos manquements ? D'ensuite battre sa coulpe avant de refouler aux tréfonds de notre inconscient ces faiblesses, le tout dans une atmosphère de culpabilité délétère ? Non. Trois fois non.

 

Le combat chevaleresque se doit d'être digne, aussi fort et tranchant que la lame d'une épée. L'ascèse consiste à ne rien se cacher, à se voir en vérité, à affronter nos démons en les regardant droit dans les yeux. Qui sont-ils ces démons ? Ils sont légions : addictions, peurs, angoisses, colères, égocentrisme, hypocrisie, pulsion de mort, ...

L'ascèse du chevalier consiste à leur faire rendre gorge avec force, à s'en purger afin d'ouvrir les portes de la transfiguration.

Car le péché n'est pas ontologiquement présent en l'Homme, pour reprendre les mots de Saint Jean Damascène, il est « la semence du diable recueillie volontairement en nous ». C'est donc par notre manque de volonté, notre absence de discernement, par nos choix erronés ou faibles que nous cultivons des attitudes porteuses de mort plutôt que porteuses de Vie. Le choix est nôtre.

 

Terrible responsabilité que celle là qui nous fait seul responsable de nos manquements envers 545px-Blason_de_l-ordre_hospitalier_du_Saint-Esprit.svg.png la Lumière et la Vie. Mais aussi fantastique pouvoir que celui qui nous permet de nous réorienter. Par une ferme décision, par un rajustement de la volonté, par le courage de la prise de conscience et de l'acceptation de la Vérité, nous pouvons à nouveau tourner les yeux vers le Soleil d'Amour Indicible et prendre la main de Celui qui nous la tend et ne désire qu'une chose : nous investir de Sa force et nous hisser au-dessus de notre mesquinerie quotidienne. (à suivre)

Par Galahad - Publié dans : Reliance Chevaleresque - Communauté : Chrétiens - et fiers de l'être
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Samedi 24 octobre 2009 6 24 /10 /Oct /2009 17:35

Il n’y a pas plusieurs christianisme, il n’y a qu’un christianisme.  Catholicisme, Orthodoxie, Protestantisme et les formes exotiques et métissée du christianisme dans les îles ou en Amérique Latine forment en réalité une seule et même religion.

C’est C.S.Lewis qui disait que toutes ces formes de christianisme étaient en réalité comme différentes pièces dans une même maison, on ne peut que penser à la phrase du Christ « Dans la maison de mon Père, il y a beaucoup de demeures » (Jean 14 ;2)

 

Les discussions pour savoir qui détient la Vérité plénière sont aussi vaines qu’inutiles, seul Dieu possède la Vérité plénière et celle-ci nous échappera à tout jamais.  Nous pouvons juste l’embrasser du regard, sans la cerner complètement, au travers du Christ qui se révèle à nous. 

 

Pourtant, il est une vérité que le Seigneur nous a rendu capable d’appréhender ou du moins de pressentir, c’est celle du devenir de l’homme : « Dieu s’est fait homme pour que l’homme se fasse Dieu », voilà ce qui devrait retenir l’attention de tout chrétien en dehors des petites disputes mesquines de chapelle. 

« Lève-toi, et deviens lumière, car elle arrive, ta lumière, et la gloire du Seigneur sur toi s’est levée. » disait le prophète Esaïe et Malachie de poursuivre « le soleil de justice se lèvera, portant la guérison dans ses rayons ». 

Comme l’homme attend, chaque jour, le lever du soleil physique, image du Logos divin, il appartient à l’homme de prier pour le lever du soleil dans sa conscience.  Mieux encore, la reconversion profonde ou le retour de la conscience à Dieu (et chaque mystique sait que la reconversion est permanente) éveille la force de Lumière sommeillant en chacun.  Se faisant, l’homme éveillé va dire « oui » à la Grâce et tendre la main à Dieu (qui lui tend en permanence) et par la même entraîner tout l’Univers avec lui vers la Rédemption finale et intégrale car «… toute chair verra le salut de Dieu. » (Luc 3 :6)

Voilà donc la clé du christianisme : la régénération du corps et de l’Esprit, voilà le but de la vie chrétienne : la seconde naissance, voilà qui devrait être la seule préoccupation des Eglises : accompagner leurs fidèles sur le chemin de cette seconde naissance.

Rappelons le célèbre échange entre Nicodème et le Maître : « Mais il y avait parmi les Pharisiens un chef des Juifs, nommé Nicodème ; il vint de nuit auprès de Jésus et lui dit : Rabbi, nous savons que tu es un docteur venu de la part de Dieu ; car personne ne peut faire ces miracles que tu fais, si Dieu n'est avec lui. Jésus lui répondit : En vérité, en vérité je te le dis, si un homme ne naît de nouveau il ne peut voir le royaume de Dieu. Nicodème lui dit : Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il une seconde fois entrer dans le sein de sa mère et naître ? Jésus lui répondit : En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d'eau et d'Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. » (Jean 3 ; 1-5)

 

Le but de la vie chrétienne est de se transfigurer, de mourir à soi-même. Il faut abandonner le vieil homme, de se transformer pour devenir semblable au Christ.  Paracelse le dit très bien : « Notre mission chevaleresque sur cette terre consiste à lutter pour obtenir cette nouvelle naissance qui nous ouvre la voie de la vie éternelle. »

Par Galahad - Publié dans : Reliance Chevaleresque - Communauté : Quête d'un monde meilleur
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Samedi 21 février 2009 6 21 /02 /Fév /2009 10:10

L’une des éternelles questions qui hantera l’humanité est celle-ci :  Quel est le but à atteindre ? En d’autres termes le fameux : Où allons-nous ?

Les hommes, selon les lieux et l’époque, ont donné bien des réponses à cette question.  Pourtant, il est une constante : l’homme est ici dans un but de perfection.  Qu’on croit à un monde créé par Dieu ou qu’on croit en un monde éternel, qu’on croit en la réincarnation ou qu’on n’y croit pas, la constante reste cette idée d’un perfectionnement de l’être humain jusqu’à atteindre un éveil spirituel ou une illumination qui nous fasse transcender le monde matériel et réveiller l’étincelle numineuse endormie en nous.

 

Cet éveil spirituel entraîne forcément une gnose, c’est-à-dire une connaissance intuitive des choses, une appréhension suprarationelle du réel.  Il est difficile d’imaginer cet état d’homme réalisé, véritable sens de l’expression Rose-Croix. 

Un état d’être et d’ouverture spirituelle où le moindre questionnement intérieur trouve immédiatement sa réponse car tout dualisme est transcendé et notre renaissance au divin nous fait vivre pleinement l’harmonie entre l’homme et l’univers, entre le microcosme et le macrocosme, nous transformant en « citoyen du ciel et du monde ».

 

Rappelons ces versets de la Genèse : «Dieu créa l'homme à son image, à l’image de Dieu il le créa ; mâle et femelle, il le créa. » (Genèse 1 ; 27).  L’homme est donc l’image même de Dieu dans le monde, un microcosme dans le macrocosme, un reflet imparfait de son Créateur.

Car l’humanité, symbolisée par Adam possède en elle, l’étincelle divine comme un feu divin et cosmique qui dort en son sein et qu’il s’agit de réveiller.  Déjà le Zohar attirait l’attention sur l’opposition entre la tunique de peau d’après la chute et la tunique de Lumière d’avant la chute.

C’est donc notre gloire passée qu’il s’agit de retrouver, en d’autres termes, il faut nous relier à notre véritable nature, retrouver notre terre d’origine, notre corps de chair n’étant qu’un véhicule temporaire et impermanent : « C’est de lumière et de vie qu’est constitué le Père de toutes choses, de qui naquit l’Homme. » (Corpus Hermeticum, traité I, §21).  Il s’agit donc de faire de nous des hommes régénérés par notre travail et la grâce du divin. 

 

Ce travail menant à l’illumination spirituelle est une gnose, c'est-à-dire une connaissance.  Connaissance du monde, connaissance des Lois éternelles de l’Univers, connaissance de Dieu, « …ainsi, nous ne serons plus des enfants ballottés, menés à la dérive, à tout vent de doctrine, joués par les hommes et leur astuce à nous fourvoyer dans l’erreur.  Mais confessant la vérité dans l’amour, nous grandirons à tous égards vers celui qui est la tête, Christ. » (Ephésiens 4, 14-15)

Se rapprocher de la Lumière se fait en conscience grâce au travail spirituel et à la nourriture saine de l’âme.  Autrement dit, rien ne se fait tout seul et s’il est vrai que l’homme n’arrive pas très loin sans Dieu, encore faut-il s’ouvrir volontairement à la Grâce et aux énergies divines.

La gnose ou compréhension des choses divines n’est pas un travail purement intellectuel, quoique nourrir son intelligence de concepts élevés et de beauté esthétique ait certainement un effet bénéfique sur le développement et la maturation de l’âme.  La gnose est en réalité un état d’ouverture de conscience où la connaissance coule d’elle-même en nous comme un pur don de Dieu. 

Dans le Civis Christianus, Valentin Andrea explique comment la régénération par le Christ procure une connaissance infiniment supérieure à toutes les bibliothèques du monde. Une fois régénéré, on peut observer les choses sans entraves, ni préjugés, placé qu’on est en dehors des illusions de ce monde.  Plus tard, Jacob Boehme confiera qu’en un quart d’heure d’illumination, il apprit plus de choses que s’il eut passé des années à l’Université.

Cette gnose permet à l’homme de dépasser sa nature adamique imparfaite et de parvenir à la stature d’homme parfait, d’homme total, en parfaite harmonie avec l’ensemble de l’Univers et participant à la régénération du cosmos endommagé par la Chute.  Cet homme régénéré, appréhendant la connaissance absolue, connaissant intimement Dieu, cet homme est appelé Bouddha en Orient, Rose + Croix ou Chevalier de la Pierre d’Or en Occident.

Par Galahad - Publié dans : Reliance Chevaleresque
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